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 END.

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MessageSujet: END.   Lun 9 Juin - 0:49

sur le dernier quai du port, la poupée ancre ses prunelles vertes sur le large, les joues humides de larmes. oubliée en cour de route, le pouce levé pour terminer ici. coeur lourd. il fait nuit, les réverbères trouent la pénombre d'une légère lumière jaunâtre.
elle termine toute seule, la gamine.
comme toujours.
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MessageSujet: Re: END.   Lun 9 Juin - 1:10

Tu tires une dernière fois sur ta clope avant de la jeter, guettant le crépitement de la fraise incandescente heurtant l'eau salé. Machinalement, tu lèves la main et tu dégages tes cheveux de devant ton visage et d'un coup de rein, tu te redresses pour avancer. Il y a une silhouette, pas loin, gracile, fantomatique presque, une ballerine abîmée qui pourrait danser sur l'écume, si seulement on la voyait, cette putain de dentelle blanche oscillant sur la grève. Tes rangers font du bruit alors que t'avances, alors tu tousses pour te manifester correctement, qu'elle ne sorte une bombe lacrymo en pensant que tu veux l'agresser. Tu veux juste un bout de jetée, un bout de quai et elle monopolise le seul endroit du port qui ne sent pas trop la mauvaise marée. Non, tu veux pas la faire chier mais tu jettes un regard sur le côté, dans sa direction, en te disant que tu vas quand même finir par la déranger. T'es un aimant à malheur et cette silhouette a l'air de porter le deuil du monde sur ses épaules trop fines.

T'avais du confondre les lumières
d'une étoile et d'un réverbère.


Dernière édition par Aspen le Sam 14 Juin - 19:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: END.   Lun 9 Juin - 1:21

elle n'avait voulu qu'aller avec les autres à cannon beach. qu'un simple souhait d'enfant au compte en banque bientôt vide et aux amis disparus un à un. le rêve a prit fin quand ils ont oubliés sa présence. elle est seule dans une ville inconnue, la velour, et elle pleure une vie un peu terne, un peu triste, un peu effacée. c'est encore vide, là, dans son coeur, et puis dans le creux de son ventre. mais ça lui fait mal, ça lui donne envie de vomir.
des pas lourds qui s'avancent vers elle. un raclement de gorge.
sa tête qui se redresse rapidement, les joues rouges, les joues noir mascara, les joues salées comme l'eau marine.
s'essuyer les yeux du revers de sa fragile main, baisser à nouveau la tête d'un air piteux et lui laisser une place sur le bout de ce quai, sur le bout de ce monde.
pardon.
elle sait pas pourquoi, mais elle le dit. pardon d'être un gâchis, inconnu aux cheveux nuit, pardon.
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MessageSujet: Re: END.   Lun 9 Juin - 8:05

T'avais vu juste. Tu le vois dans ses gestes, dans les esquisses d'existence qui émanent de son corps gracile. Un revers de main pour gommer les larmes fugaces, un regard fuyant pour ne pas affronter celui d'un étranger... Tu forces un sourire et tu souffles « J'peux partir si tu veux » parce que tu sais que certaines n'aiment pas qu'on les voit pleurer, même un peu, quand bien même t'as lu quelque part qu'il n'y a aucun mal qui ne puisse être soigné par de l'eau salé, que ce soit l'océan, des larmes ou de la sueur. C'est pour ça, que t'as cherché le quai, de toute façon ? Pour jeter à la mer tes mégots calcinés en espérant faire disparaître tes soucis avec. Pour tenter de noyer tes démons, sans grand succès clairement... Tu secoues la tête, imperceptiblement, pour penser à autre chose et malgré toi, tu te retrouves à la fixer alors que tu avais juré de lui foutre la paix. Tu te racles la gorge à nouveau, cette fois plus par embarras qu'autre chose, forçant à nouveau un demi-sourire un peu tordu, de ceux qui te donnent l'air insolent « Quoi que, faudra m'jurer de ne pas sauter, si je m'en vais... » - Humour déplacé, parler suicide avec une inconnue qui semble encore moins vaillante que toi, bravo. Génial. Machinalement, tu pousses le tas de bracelets, en cuir, en perle de bois, en argent, en fil, en plastique, tous sombres, qui recouvrent ton poignet gauche. T'es un peu un hypocrite, au fond.


Dernière édition par Aspen le Sam 14 Juin - 18:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: END.   Ven 13 Juin - 16:57

mais elle veut pas, non. reste, garçon, juste pour fumer, si tu préfères, juste pour ne rien dire, comme tu voudras. velvet, elle n'a pas franchement envie d'être seule. elle n'a pas franchement envie de savoir que l'eau sombre sous elle pourrait l'avaler si elle décidait de se laisser lourdement tomber vers l'avant, vers les vagues calmes. elle secoue doucement la tête comme une enfant et elle essuie encore quelques larmes sur ses joues.
non, ça va. tu peux rester.
elle essaie de sourire, vraiment, mais il y a un goût amer, un peu faux, dans sa délicate bouche. elle reste un moment silencieuse, écoutant le doux murmure de l'eau mouvante et puis sa lèvre tremblote quand il lui parle de sauter. de lui promettre. mais il part pas, non. elle ne veut pas qu'il s'en aille. alors elle hausse timidement les épaules et elle renifle.
je ne sauterais pas. j'aime bien la vie.
elle lui en fait part comme ça, parce que c'est vrai, parce qu'elle l'aime bien, cette vie un peu difficile, des fois. son regard vert se pose instinctivement sur lui qui est près d'elle, qui joue légèrement avec ses nombreux bracelets.
ils sont jolis.
la velours pointe les bijoux à son poignet. elle ne trouve rien à dire, elle complimente, puisqu'elle semble toujours donner même dans les situations où l'inverse serait plus plausible, plus souhaitable, plus acceptable.
ça t'as prit beaucoup de temps, à tous les avoir, à tous les trouver ?
elle aussi, elle aimerait en avoir des dizaines, de bracelets. mais peut-être que ses frêles poignets se briseraient sous le poids d'une charge trop lourde.
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MessageSujet: Re: END.   Dim 15 Juin - 7:22

Elle regarde tes poignets et tu paniques un peu. Elle dit qu'elle aime la vie et toi tu sais que sous tes bracelets, y'a un florilège de traces qui prouvent qu'au fond, tu ne pourrais pas vraiment répondre la pareille sans avoir l'impression de mentir. Ton ventre se serre, tu secoues légèrement la tête comme pour chasser les mauvais souvenirs. C'est loin, quelque part, mais certaines cicatrices sont encore rouges. La plupart, elles n'étaient pas là pour être létales, ce n'était pas leurs desseins, tu voulais juste te sentir exister, t'avais juste besoin d'endorphine, d'adrénaline.. sauf qu'il y en a deux, verticales, une de chaque côté, profondes et viles, acide comme de la bile, comme le contenu d'une batterie de voiture, comme la peur qui est venue emplir ta bouche lorsque tu les as tracé. Tu inspires profondément, tu tentes d'oublier les légères encoches qui bardent ces cicatrices, les points de sutures que tu déguises avec des bracelets colorés, des pass' de festivals, des trucs trouvés, donnés, échangés, volés. T'étais jeune, t'étais con et au final, t'étais lâche. Te lever et trouver une raison de sourire tous les jours, c'est bien plus un challenge qui demande du courage que d'en finir.

Tu déglutis, tu ravales tes angoisses à la con, tu passes une main dans tes cheveux pour les éloigner de ton visage, parce que le vent joue avec et tu regardes la demoiselle. Elle ne mate pas tes cicatrices, elle regarde la couleur que t'as choisi de foutre dessus. C'est ça, ce que les gens voient. Pas ta détresse vieille de trois ou quatre ans, pas tes tentatives de fuite, juste l'approche nouvelle. Tu souris plus fort et tu souffles : « Suffit de savoir où chercher » avant de te redresser un peu, allant en décrocher un, que tu lui tends. Un peu grand pour ses poignets frêles, peut-être, mais au final t'es guère plus épais donc ça tiendra surement, cet enfilage de perles en bois, certaines en formes de lune et d'étoiles de toutes les couleurs, d'autres simples petits cubes plus sombre. Tu distribues un bout de ton masque, de ton armure, tu ne sais pas pourquoi... peut-être parce qu'elle te fait réaliser que les gens ne te regardent pas avec pitié, ils voient juste les tâches colorées : « Mais tu vas voir, ils sont comme aimanté, en avoir un, ça en attire d'autres »
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MessageSujet: Re: END.   Lun 16 Juin - 0:22

ça n'a rien de fouineur; pareille à une enfant, la curiosité la gagne chaque fois qu'elle voit de jolies couleurs. ça l'émerveille, ça lui montre qu'une touche de vert, de bleu, de jaune, d'orange, ça peut illuminer un peu une vie, un regard, des étincelles, des étoiles. alors elle sourit tristement, le regard posé sur les milles-et-uns bijoux au poignet de l'homme, pensive, captive d'une rêverie à la fois amère et douce. elle ne sait pas pourquoi il a autant de bracelets. peut-être que c'est à cause de bruit rassurant que ces cercles de métal, de cordes et de bois font en se heurtent les uns contre les autres. peut-être que c'est à cause du poids de ces objets sur ses avants-bras. peut-être que ce n'est pas ça. peut-être que ce n'est rien. alors, c'est quoi ? qu'elle aimerait demander. mais elle tait les mots, elle les étouffe au fond de sa gorge nouée par les tremblements de son corps à la suite d'une tristesse trop profonde.

le garçon replace ses longs cheveux ébène et velours fait de même. le vent souffle fort et ça décoiffe. est-ce que ça emporte des chagrins aussi, l'hurle-vent qui souffle trop ? elle aimerait beaucoup. ses petites épaules ne s'en porteraient que mieux. et puis, elle entend la réponse du garçon. il suffit de savoir où chercher. tu voudrais m'apprendre ? elle se mordille doucement l'ongle du pouce de la main droite. à chercher, je veux dire. est-ce que ça s'apprend seulement ? dis-le moi, je t'en pris. elle l'observe quelques secondes, une certaine détresse dans ses pupilles vertes, un certain espoir , aussi. puis, comme une étoile qu'on décroche, il enlève un de ces bracelets pour lui tendre; des perles en bois, des astres en bois, des couleurs diverses, la lumière au bout du tunnel. elle hésite un moment, elle questionne du regard. un cadeau ? elle compte les secondes dans sa tête avant de passer le bijou à son poignet. un peu grand, mais on s'en fiche. il restera là, elle ne voudrait pas le perdre. jamais. merci. énormément. elle soupire, elle sourit, elle pleure encore un peu. toutes ces couleurs, ça te fait sourire ? velvet, elle est heureuse, quand il y a les couleurs d'un arc-en-ciel dans la vie des autres.
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