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 Insomnie

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MessageSujet: Insomnie   Mer 14 Mai - 16:48

Trop, trop de gens. Trop de gens qui inspirent, expirent, éprouvent la banalité de leurs draps en les froissant sans arrêts, qui gémissent, chuchotent, grommellent, ronflent à s'en arracher la gorge. Une éternité qu'elle garde les paupières closes avec acharnement en priant le sommeil de bien vouloir la cueillir au beau milieu de ce trou à rat. Un énième bruit parasite emplit son cerveau, sature son esprit dérangé, elle en peut plus, elle va péter câble.

Entre ses tympans et ce carnage sonore, elle a mis en place depuis bien longtemps le stratagème de l'oreiller sur la gueule, mais rien à faire, elle perçoit encore chaque frôlement, chaque son dans son intégralité, et celui-ci résonne dans sa caboche une infinité de fois et d'une façon toujours plus irritable et rageante que la précédente.

Le lit du dessus craque, les lattes menacent de céder sous le poids du gosse obèse de la couche supérieure. Il manquerait plus que ça, elle songe en serrant les dents, en se retenant pour ne pas ouvrir les yeux. Elle y croit encore, elle veut pas tout lâcher et avoir par la même occasion la confirmation de ce qu'elle redoute: qu'elle crèche plus au même petit endroit sûr et bien rangé qu'hier, qu'autour d'elle une dizaine de parfaits inconnus sont en train de la rendre chèvre, et qu'elle n'a aucune idée de ce à quoi vont ressembler les lendemains.

Stress. Inquiétude. Mépris. Calixte a envie de hurler, d'aller secouer uns à uns tous ces imbéciles comme des pruniers, qui se permettent de pioncer avec quiétude alors qu'elle s'arrache les cheveux dans son coin, le ventre vide parce qu'elle n'a pas eu foie de le remplir. Encore un râle, c'en est trop; elle est à bout. Elle craque.

« VOS GUEULES, par pitié ! », rugit-elle d'une force décuplée par l'épuisement.

Silence. En une seconde, tout s'arrête. Ce répit en dure encore quelques autres, chargées de tension, la mioche se fait toute petite. Elle sent sur elle le poids des regards incrédules, les points d’interrogations qui dansent dans les yeux bouffis de sommeil et les idées qui se mettent en place dans leurs cervelles arrachées au repos. Elle regrette déjà.


Dernière édition par Calixte le Ven 16 Mai - 15:31, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Insomnie   Mer 14 Mai - 17:40

Il est là depuis son arrivée. Son arrivée qui date de plusieurs semaines maintenant. Il ne sait pas trop pourquoi il n'est pas encore parti pour se trouver un endroit plus confortable pour la nuit. Peut-être pour se convaincre qu'il est toujours prêt à partir à l'aventure, à aller encore plus de chez lui. Mais il sait bien, au fond, qu'il s'est déjà installé à moitié dans cette ville. Qu'il a fait de Banff son nouveau chez-soi. Et cet endroit fait partie de son nouveau monde. C'est surtout le meilleur moyen de ne pas être seul. De ne jamais se sentir isolé. Quoique, ici vous êtes peut-être entourés, mais c'est au milieu de cette foule que vous vous sentez le plus seul. Les visages sont presque tous étrangers, les gens ne restent pas longtemps ici. Une nuit ou deux, peut-être plus. Mais lui, après tant de semaines, il a vu les visages défilés et ne jamais se ressembler.
Et pourtant il reste. Seule figure familière. Il fait bientôt partie des meubles, sans doute. Il a les yeux grands ouverts, cette nuit. Il profite de toutes ces respirations pour caler la sienne, pour se relaxer. Un exercice qui fonctionne plutôt bien. Il fait le vide. Il a l'impression d'être à une séance de yoga, ça l'amuse. Mais soudain le faux calme s'effondre face à un cri dévastateur. Il sursaute, manque de tomber de son lit en hauteur. La voix vient de sa droite, bien qu'il ne sache pas trop, trop forte elle a résonné dans toute la salle. Les dormeurs se réveillent un à un, un peu ahuris. Certains ont compris qui était le coupable et fusillent la jeune fille du regard. Il ne bouge pas. Il ne comprend pas trop.
Mais un homme semble vouloir intervenir. Un homme avec un visage peu avenant. Le genre de type qu'il ne faut pas réveiller. Alors Axel se prend pour un superhéro. Il descend rapidement de son perchoir, et se cale dans le lit de la jeune fille. Quasiment sous le drap. Il la prend dans ses bras, et invente un subterfuge. " Désolé, elle a des frayeurs nocturnes, mais ça va aller, vous pouvez vous recoucher. Je n'aurai pas du la laisser seule. " Il offre un sourire embarrassé à la cantonade.
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MessageSujet: Re: Insomnie   Ven 16 Mai - 16:18

Stupidité, quand tu nous tiens. Elle voudrait hurler tellement elle se trouve conne, mais la honte étouffe sa rage. Y'a cette colère froide qui lui tord les entrailles et ces regards qui la transpercent de part en part comme des lames plus tranchantes les unes que les autres. Elle sent les reproches ruisseler sur sa peau, ils sont poisseux comme une pluie sale, lui collent à l'épiderme, s'accrochent à chaque lambeau de sa personne et forment une flaque au sol, quelque part à côté de sa dignité.

Elle sent tout, les draps trop fins sur ses jambes de porcelaine, les ressorts du matelas qui lui rentrent dans les côtes, l'oreiller qui enfouit trop peu son visage à son goût. Elle ose même plus respirer, les yeux agrandis par l'attente, chaque bouffée la rapetisse, la tasse dans la masse informe de sa couche à tel point qu'elle donnerait n'importe quoi pour se fondre tout à fait dedans et qu'on l'oublie.

Fallait pas s'attendre à ce que les gens de Banff soient plus conciliants que les autres. La populace peut habiter où elle veut, elle tombe toujours d'accord sur un seul et unique point: elle aime pas qu'on la fasse chier. Ironie du sort, c'était ce que la demoiselle faisait souvent, plus ou moins volontairement selon la situation. C'était p'tête pour ça qu'elle avait encore aucun pote ici, ni même au moins une personne qui se soucie un tant soit peu de son existence. C'était triste à dire mais elle n'était qu'une ombre parmi les ombres qui venait de trouver une bien mauvaise manière de s'attirer le feu des projecteurs, et qui s'en mordait les joues jusqu'au sang comme ci ça pourrait empêcher les secondes de s'étirer aussi longtemps.

Une nuit à l'échelle d'une vie, quand on y pense, ça vaut pas grand chose. Mais celle-là, elle était spéciale, elle aurait pas dû la rater, ça lui avait même pas parut concevable de manquer un passage aussi con. C'était sa première dans le coin, son premier tour de cadran au Canada. Mais putain, même pioncer fallait qu'elle le foire.

Des traits durs, comme taillés au couteau, envahissent vivement son champ de vision. Soudain y'a plus que lui, lui et ses yeux noirs qui aspirent toute l'obscurité, semblables à deux trous de vers dans l'espace. Elle a même pas le temps de calculer ce qu'il va lui arriver, une brimade, un poing dans la tronche; plus ? Elle sait pas, elle veut pas savoir. Elle veut juste remonter le temps, qu'on l'oublie. Elle est prête à endurer toute une autre nuit de torture sonore s'il le faut, tout plutôt que de recevoir à nouveau toute cette haine pure d'un seul coup.

Calixte pèse plus rien, y'a des épines dans son ventre qui la déchirent de l'intérieur à chaque fois qu'elle tressaille. Sans y penser elle tâte ses canines du bout de la langue, au cas ou elle ait besoin de les planter quelque part, même si elle sait qu'elle arrivera à rien, comme d'hab.

Des bras chauds l'encerclent comme un fétu de paille, elle chancelle, s'avachit, sa surprise meurt sur ses lèvres. Une voix douce résonne, calme, apaisante; elle tranquillise les esprits échaudés. Muette de stupeur, elle a fermé les paupières et les serre tellement fort qu'elle a l'impression que ses yeux vont éclater. Elle les rouvre une fois la présence menaçante tenue à une distance respectable. Les plaintes se taisent doucement autour d'eux, s'éloignent en sens inverse du petit mètre carré de sommier comme une balle qui ricoche. Là, tout contre elle, une autre âme vient de s'épancher gentiment sur sa belle connerie.

« Pardon, j'sais pas ce qui m'a pris. Enfin si, je sais. J'en pouvais plus, j'ai trop les nerfs j'crois. », elle bafouille tout bas, incapable de se justifier.

Silence. Non, elle peut pas rien dire, c'est impossible. Elle plaque un petit sourire rieur sur sa trogne qu'elle remonte jusque dans la naissance des pommettes. Elle regarde son Moïse du coin de l’œil, elle ne distingue pas ses traits, mais de toute façon elle n'en a pas vraiment besoin. Elle chuchote:  

« Je déteste ce que je m'apprête à dire mais je ne m'en serais sûrement pas sortie sans ton aide, ou du moins pas avec tous mes os à leurs juste place. Je t'avertis tout de suite, si t'as fais ça pour l'argent j'ai pas un rond. En revanche, si c'était par pur altruisme, j'ai un demi muffin au caramel quelque part dans mes affaires. »
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MessageSujet: Re: Insomnie   Sam 17 Mai - 17:24

Un peu ahuri, il ne peut que constater que son excuse stupide fonctionne à merveille. Il ne s'y attendait pas, il se voyait déjà argumenter pendant des heures. A croire que les gens préfèrent le sommeil à la cohérence. Ou alors que personne n'a le cerveau en bonne marche au milieu de la nuit, c'est plutôt ça. Il affiche encore une moue contrite aux dormeurs jusqu'à ce que le dernier se replonge dans ses draps bien chauds et trop vite quittés. Et lui est là, dans ce lit qui n'est pas le sien, en contact avec un corps qu'il ne connait pas. Le moment est venu de mesurer les conséquences de ses actes.
Il tourne la tête vers celle qu'il vient de "sauver". Elle est jolie, cela ne fait aucun doute, même si avec la lumière il distingue mal ses traits. Et, en effet, il ne l'a jamais croisé pour l'instant dans Banff, donc c'est bien une parfaite inconnue. Il essaye de ne pas trop y penser, de ne pas se sentir nerveux. Après tout, il l'a sauvée. Il relâche un peu sa prise sur ce corps, mais l'étroitesse du lit les oblige à garder cette position collé-serré. Il n'a même pas besoin de tendre l'oreille pour l'entendre alors qu'elle chuchote. Elle a l'air embarrassé, presque autant que lui. Parce que ce n'est pas tout de jouer le superman, ensuite il faut mener le rôle jusqu'au bout, et ça, ma foi, il s'en serait bien passé.
Il hausse des épaules, comme pour lui dire que ça lui est égal. C'est pas un curieux, le Axel, il laisse les gens faire leur vie, s'ils ont envie d'hurler au beau milieu de la nuit, ils ont le droit. Lui il veut bien aider, après, dans la mesure de ses moyens. Il répond à son sourire, un truc mi amusé, mi rassurant.
Quand elle continue son petit discours, il ne peut pas s'empêcher de rire. Un rire qu'il étouffe bien vite en plaquant sa main sur sa bouche. Elle a l'air cool, la demoiselle, en fin de compte. Un peu folle, peut-être. Mais sympathique. " Ca va peut-être t'étonner, mais généralement je fais ça gratuitement. " Oui, parce qu'en plus Axel offre ses services régulièrement. Pathétique. Son semi héroïsme lui fait lui-même pitié. " Bon, après, on peut considérer que dormir avec une belle jeune fille c'est sacrément une bonne récompense. " Il grimace, il aurait pu être un peu plus subtile. Mais à cette heure-ci, son cerveau marche au ralenti, faut lui pardonner. Il sera plus gentleman plus tard, demain par exemple.
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MessageSujet: Re: Insomnie   Mar 20 Mai - 13:07

Elle ricane comme une muette, pas besoin de tapage pour manifester son amusement. Y'avait comme des souffles entre eux, comme une brise qui s’infiltrait entre ces deux corps tièdes sans jamais les toucher. Des silences qui coupent les syllabes, chargés d'hésitations, de doutes, de pudeur. C'était une sorte de trouble qui floutait les visages, lissait les sensations, rendait son petit monde opaque. Tout était confus, mélangé. Les sons, les couleurs, le goût des mots sur la langue; tout ça n'était plus qu'un fatras livré en pâture à l'épuisement, comme un volcan qui s'éteint sous un nuage de cendres.

Et puis y'avait cet étranger, ce visage sans nom avec des yeux qui lui transperçaient la nuque, cette ombre pleine de chaleur qui débarquait de nul part pour la sortir des emmerdes en pleine nuit et faisait passer toutes ses conneries pour des remarques éclairées. Elle sait qu'elle devrait tiquer quand il lui sort cette plaisanterie déguisée en avance, ou l'inverse. Parce que c'est un homme, parce que c'est une femme, parce que la société rabâche ses mêmes dictâtes partout en semant autant de connards que de morale sur son passage. Mais elle le fait pas, parce qu'elle est en confiance, parce qu'elle voudrait que les choses soient simples pour une fois. Parce qu'elle a encore de l'espoir pour le genre humain malgré tout.

Avec mille précautions pour ne pas réveiller de nouveaux dormeurs ronchons, elle se dégage de l'illustre inconnu, se glisse sous la couette et écarte sa tignasse encombrante de l'oreiller afin de ménager un semblant d'espace. Elle agite ensuite un index autoritaire devant son interlocuteur et annonce à voix basse:  

« Que les choses soient claires, j'étais là avant, j'ai donc tous les droits sur la couette. Si tu es prêt à ce sacrifice, tu es le bienvenu. Ah, et si tu as la fonction réveil matin intégré, ne te prives pas de me le faire savoir, j'ai la vie active qui m'attend.»
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MessageSujet: Re: Insomnie   Dim 25 Mai - 16:49

Il essaye d'observer les traits de la jeune fille, mais il n'y voit vraiment rien dans l'obscurité, il ne peut donc pas juger de l'effet de sa mauvaise plaisanterie. Il la laisse s'échapper de l'étreinte de ses bras, un peu anxieux, prêt à être jeté du lit comme le malpropre qu'il est. Mais rien ne vient, pas un cri, pas une claque, pas même un pied vengeur. Alors il se détend, encore de l'expectative. La jeune femme donne alors ses conditions, et il en rit doucement pour ne réveiller personne. Il la remercie d'un mouvement de tête quand elle dégage ses cheveux d'une partie de l'oreiller. " Pas de problème pour la couette. Par contre, pour le réveil, je ne promets rien. Je suis pire qu'un ours en hibernation, très souvent. "
Après ces quelques paroles, il pose enfin sa tête sur l'oreiller. Il a un petit soupir satisfait. Il se rappelle de son petit exercice de relaxation que la jeune femme a brisé en criant. Il recommence, calant sans s'en rendre compte sa respiration sur celle de sa toute nouvelle colloc' de lit. Il garde à nouveau les yeux ouverts, mais avec cette présence, il se sent bizarrement un peu plus calme, et il sent ses yeux s'alourdir. Le lit est bien trop petit pour deux personnes, si bien que leurs épaules se touchent et que leurs jambes se frôlent parfois, à travers la couette. Il essaye de bouger le moins possible. " Je ne te dérange pas, au moins ? " Il chuchote, par politesse. Lui, ça ne le dérange pas, mais il y a peu de choses qui le dérangent, au fond. Et sûrement pas de profiter d'un peu de compagnie.
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MessageSujet: Re: Insomnie   Sam 31 Mai - 9:24

Un souffle à ses côtés, un cœur qui bat, un corps qui remue. Elle est réduite à une simple boule de terminaisons nerveuses un amas de chaire et de sang livré au poids du sommeil. Doucement, comme la lumière qui s'enfonce dans le ciel taché de nuit, elle sent cette appréhension se décharger de ses épaules, couler sur son ensemble fou et dériver sur les couvertures. Elle en soupire d'aise, à peine consciente du gars un peu étrange qui partage sa couche, comme si c'était sa juste place et qu'il n'y avait pas d'autre équation possible que ces deux étrangers enfouis dans le même lit miteux.

Il lui demande s'il ne la gêne pas. Une ou deux secondes passent avant qu'elle ne comprenne, le moment était si parfait qu'elle en a quasiment oublié toute notion de parole, les mots lui paraissant amplement surfaits. Entre deux battements de cils alourdis par l'épuisement, elle pivote, se retrouvant nez à nez avec lui, lui souffle en esquissant un sourire en coin: « T'es plutôt envahissant dans ton genre, mais ça ira pour cette nuit».

Ce pauvre effort l'a liquidé, elle est claquée. Finit la douce torpeur qui engourdit, ses paupières se ferment simultanément dans un léger cliquetis. Le sommeil la cueille violemment comme une mauvaise herbe qu'on arrache.

Elle oublie tout.

Dix heures. La première chose qui l'interpelle, c'est le dortoir quasi-désert dans lequel elle se trouve et qui, inondé de lumière, n'a plus rien à voir avec le cadre sombre et décrépi qu'il lui avait inspiré de prime abord. A cette heure-ci, les ex-dormeurs ont déjà largement entamé leur service, que ce soit dans la restauration, l'aide aux personnes ou dans les bureaux. Tandis que certains triment pour mériter leurs maigres salaires, d'autres glandent pour emmerder l'administration ou voguent à leurs occupations quelconques. Et elle, elle est en train de fixer le plafond, de remarquer des détails, de profiter du tout et du rien.

Sous l'éclairage vacillant du soleil à travers les stores, elle trouvait les fissures qui lézardaient les murs jaunâtres presque belles, les moutons de poussières qui courraient sur le carrelage en damier scolaire presque poétiques; réalisant qu'il n'y avait pas autant de différence entre le moche et le beau qu'elle ne le pensait. Entre le bien et le mal, aussi.

Culpabilité.

Elle se tourne et se retourne encore, s'étire bruyamment, gigote comme une enfant qui se tortille en dépit de toute bienséance. Ce n'est que lorsque son pied au verni écaillé s'enfonce dans un membre inconnu qu'elle se rappelle de tout. L'agacement, la colère, l'explosion, la peur, le secours, l'étroitesse, le vide qui la fascine et l'attire.

La tête lourde de souvenirs, elle se lève le plus précautionneusement possible en espérant ne pas l'avoir réveillé et s'échappe histoire d'éviter la situation gênante que lui promettent les minutes à venir. Elle tombe directement dans la cuisine stérile et dépouillée de l'auberge de jeunesse. Accroupie près des supports maculés, elle cherche quelque chose à faire. Et puis elle trouve.

La jeune femme dégote un vieux plateaux élimé dans un placard, lance une rasade de café et enfonce deux tartines effritées dans un grille-pain aux allures ancestrales. Elle badigeonne le tout d'une fine couche de beurre et le recouvre d'une tranche de bacon chétive trouvée par hasard entre deux condiments suspects. Ce n'était pas vraiment de la gastronomie, mais c'était déjà ça.  

Elle retourne dans le dortoir sur la pointe des pieds, le plateau tendu au bout de son bras gauche, et de l'autre s'empare de son sac-à-dos dans lequel elle farfouille pour trouver le demi muffin au caramel promis. Ensuite, elle s'avance tout près et le temps reste suspendu l'espace d'un instant, un brèche qu'elle emploi à détailler ce nouveau visage dont les traits lui semblaient naturels, parfaitement légitimes.  

« Petit déjeuner !», elle entonne en posant plus vigoureusement qu'elle ne l'aurait voulu l'objet sur les genoux de son sauveur nocturne. Et elle attend les fruits de sa bonne action, comme un gosse pleine d'espoir.

Spoiler:
 
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