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 Nocturn bird

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MessageSujet: Nocturn bird   Dim 11 Mai - 15:36

T'es là au bord du précipice, au bord de la falaise. A contre-bas y'a les arbres, t'as l'impression qu'ils te tendent les bras, qu'ils t'appellent. Leurs branches tendues vers toi c'est comme des bras qui vont te rattraper au moment où tu sauteras, mais est-ce que t'as envie qu'on te rattrape finalement ? Tu t'avances un petit peu plus et tu sens le vent contre tes joues qui te siffle fort, fort, dans les oreilles, tes cheveux te giflent. Et puis, est-ce que t'as envie de sauter ? Ça pourrait être pas mal, de sauter. L'espace d'un instant l'impression de voler. La lune est toute creuse, creuse comme toi, elle te fait un clin d’œil, vas-y putain, ce sera notre secret, aller, t'attends quoi ?. Et tu sais pas ce que t'attends, tu tendrais bien le pied mais t'y arrives pas, tu sais ce que t'attends, que s'envole ta lâcheté mais tu peux pas, tu peux pas sauter, t'as trop peur, trop peur du noir, trop peur du vide, trop peur de la mort, trop peur de toi. Alors tu restes plantée là, et puis t’espères, que quelqu'un arrive et te pousse. Ce sera fait.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Dim 11 Mai - 15:48

T’es à l’aise quand il fait noir. Quand les ombres nocturnes dansent avec la tienne. Tu le vois se dessiner devant toi, sur le sol, ce ballet macabre. Tu marches à travers ces formes sombres et effrayantes, elles sont ton prolongement. Ce soir, tu trimballes ta gueule d'arrogant dans les montagnes, parce que t’as envie de tout voir d’en haut, d’observer cette ville qui vient de t’adopter, de la regarder droit dans les yeux. Tu pensais être seul, mais tu la vois,  un oiseau prêt à prendre son envol. Tu t’approches doucement, de peur de l’effrayer et de provoquer sa chute. Ptete ce qu’elle attend de toi, finalement. Mais tu vas pas lui faire ce plaisir. Le vent est glacial, tu frissonnes. A moins que ça soit te retrouver là, confronter à cette situation. « A quoi tu joues ? » Ouais, pour toi, tout est un jeu. L’amour, le sexe, la mort, tout se joue, et très souvent tu perds. Et elle, cette inconnue sous tes yeux, elle risque de perdre bien plus qu’une manche si elle ose aller jusqu’au bout.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Dim 11 Mai - 16:55

Et si c'était plus beau, vu des airs ? Tu prendrais bien ton envol, juste quelques secondes qui dureraient des minutes et des heures, peut-être que tu regretteras, tu voudras arrêter le temps, retourner en arrière, mais là ce sera trop tard et pas moyen de te débiner, t'assumeras tes actes, tu te prendras les conséquences en pleine face. T'ira jusqu'au bout, pour une fois. Pas moyen de fuir. Pas moyen de reprendre à zéro. Ce serait seulement le vide. Le vide, le gouffre, le noir, et toi. Mais pourquoi tu trembles ? Pourquoi tu ne le fais pas ? Tu pourrais pas arrêter d'être lâche, avoir un élan de bravoure ? T'inquiètes pas ce serait le dernier, pas moyen de faire preuve de courage après ça, c'est fini, y'aurait plus rien d'autre à attendre de toi que tu fasses un joli cadavre dans un joli cercueil, puis toute façon personne te connaît ici, et si on ne te retrouve jamais y'aura même pas besoin d'un enterrement. Alors quoi ? « A quoi tu joues ? ». Tu l'entends à peine. Est-ce qu'il y a vraiment quelqu'un qui a parlé, d'ailleurs ? C'est peut-être seulement le vent, peut-être seulement la nuit, peut-être que c'est toi. T'oses pas regarder, tu veux pas détourner les yeux, parce qu'en bas on t'appelles et t'es comme hypnotisée. Et tu sais que si tu arrêtes de fixer ton gouffre, tu sauteras jamais. « Et si je saute ? ». Et si je saute, est-ce que l’atterrissage sera douloureux ? Est-ce que je réussirai à m'envoler et à partir loin, loin de tout et puis loin de toi, loin des autres, loin du reste ? Et est-ce qu'il y aura quelqu'un, après ? On parle de Dieu, moi j'y crois pas mais je sais pas, peut-être ? Et puis ce sera sans doute mieux, non ? Parce que ce serait dégueulasse que la mort soit pire que la vie quand-même, après tout ce qu'on aura subi.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Lun 12 Mai - 15:33

T’es énervé, ton sang est en train de bouillir dans tes veines. Pourquoi des gens cherchent à crever ? Parce que la vie c’est de la merde ? Parce qu’on s’est fait plaqué par son grand amour ? Parce que Poncho le poisson rouge repose en paix au fond de la cuvette ? Pour toi, aucune raison n’est assez valable pour se foutre en l’air. Pas quand d’autres meurent alors qu’ils ne demandaient qu’à vivre. T’aimerais qu’un système d’échange se mette en place, là haut, au paradis, où peut importe le nom qu’on lui donne si un tel endroit existe vraiment. Un échange où les suicidaires prendraient la place de ceux qui n’ont pas demander à mourir. Comme ça, tout le monde serait content, et surtout toi. Cette faiblesse, ça te fait gerber. Tu vois qu’elle est en détresse, et ptete qu’une part de toi a envie de l’aider, mais tant qu’elle a les ailes déployés, t’en es pas capable. T’aurais presque envie de la pousser, et de lui hurler juste avant le moment de l’impacte fatidique ‘t’as vu, elle était complètement conne ton idée’ ! « Si tu sautes ta cervelle va repeindre le sol, rien de plus. » Elle se sentira pas mieux, pas plus libérée. Elle n’existera juste plus. Tu te mords la lèvre inférieure, agacé. Tu finis par lui attraper vivement et avec fermeté le poignet, avant de la tirer vers toi. T’es brutal, mais ça t’est égal. « Tu vas pas te foutre en l’air devant moi, il en est hors de question. » Ton regard est aussi glacial que le vent qui vous fouette. Tu pensais pas qu’elle le voulait vraiment. Tu pensais que c’était juste un moyen de se sentir plus vivante.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Lun 12 Mai - 17:52

« Si tu sautes ta cervelle va repeindre le sol, rien de plus. » Peut-être bien. Peut-être qu'une fois par terre il n'y aura plus rien, plus rien sinon ton putain de cadavre un peu démembré, toujours moins désarticulé que ton esprit si tu veux savoir. Peut-être que ce sera juste une connerie de plus, une connerie de trop, et puis une fois que tu ne seras plus rien tu te sentiras bien stupide tiens, si tant est qu'une fois l'arme passée à gauche on te laisse encore le pouvoir de penser. Puis ce serait con qu'il n'y ai rien de plus, sans doute pas pour toi mais pour les autres, ceux qui se seront acharnés à croire qu'un jour quelqu'un serait là pour leur tendre la main, ceux qui auront fait leur prière chaque matin, sans jamais trop oser cracher sur la vie puisque leur après serait de toute façon meilleur. T'as envie d'essayer, pour voir, tu reviendrais ensuite et tu pourrais leur dire. Putain les gars. On s'est bien foutu de votre gueule.. C'est rien qu'un pas, rien qu'un petit geste, tu peux bien faire ça non ? Y'a tant de gens qui l'ont fait avant toi, il ne s'agit même pas d'innover. Ultime mouvement, tout au plus. T'as la gorgée nouée, tes poings sont serrés à t'en blanchir les jointures et tu trembles de tous tes membres, même pas fichue de faire preuve d'un semblant de dignité. Tu fermes les yeux et expire doucement. Tu peux pas sauter. Tu peux pas. Et dans ta lâcheté tu te prends à espérer qu'il te pousse parce que comme ça t'auras pas besoin de le faire toi-même. D'ailleurs pendant une fraction de seconde tu crois que c'est ce qu'il fait quand il t'attrape le bras puis la seconde d'après tu ne vois plus le gouffre, tu ne vois plus ton gouffre et tu oscilles entre le soulagement et le dépit. Pas maintenant, pas ce soir. Sans doute pas du tout. Il te fait mal, un peu, mais tu sais c'est toujours moins douloureux que ton retour à la réalité. « Tu vas pas te foutre en l’air devant moi, il en est hors de question. ». Tu poses enfin ton regard fou sur lui, sans réellement le voir pourtant, trop obnubilée par ton échec. Encore. Tu finis par porter ton attention ailleurs pourtant. « T'aurais pu te contenter de fermer les yeux. ». T'as le souffle court comme si tu revenais de loin alors que tu lui balance ça de but en blanc.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Mer 14 Mai - 17:38

T’es con de passer tes nerfs sur elle. Elle a besoin de ton aide. Mais t’es même pas foutu de protéger ceux que tu aimes, alors comment le faire avec des étrangers ? T’as jamais su trouver les bons mots, ceux qui soignent les ecchymoses.  Pourtant, tu les comprends toutes ces choses, ces douleurs. Tu sais ce que c’est que de n’avoir qu’un énorme trou au creux de la poitrine, d’être anesthésié, et de partir à la recherche de la moindre secousse qui te fera te ressentir en vie. C’est ça ton Graal, trouver ce qui pourra te faire avancer sans morphine. Son désespoir est palpable, tu peux le lire sur son visage. Son regard te fuit, t’as l’impression que c’est sa ligne de conduite. Fuir, plutôt que de faire face. Tu la connais pas cette fille, mais tu sais déjà que des gens comme elle y en a plein à Banff. T’en as même déjà rencontré quelques uns. Toi qui voulais te reconstruire, tu te retrouves au milieu d’un purgatoire peuplé de gens abîmés. Elle aurait aimé que tu fermes les yeux. C’est ce que t’as fait trop longtemps, maintenant il est temps de te réveiller, de te libérer des chaines de ton passé. Tes mains se posent sur ses joues, avec plus de douceur. Tu veux l’obliger à te regarder. T’es pas doué pour parler, alors souvent tu remplaces les mots par des gestes. T’as toujours trouvé ça plus éloquent. Les mots ça veut rien dire, surtout pour toi. Tu les as trop usé dans des propos malhonnête, vide de sens, uniquement destinés à te donner ce que tu recherchais. « Est-ce que j’ai l’air d’un monstre ? » Tu veux qu'elle porte son attention sur toi. Peut être va t-elle réussir à lire la face sombre qui se cache derrière tes prunelles. Mais tu prends le risque, parce que ce soir, il est pas question de toi, mais d’elle. « C’est quoi ton nom ? »
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Ven 16 Mai - 17:42

Tes lèvres sont jointes alors que tu voudrais seulement les entrouvrir pour laisser passer un cri qui reste coincé dans ta gorge, t'as l'impression qu'il est bloqué depuis longtemps déjà celui-là, depuis des jours des mois, peut être bien des années. Tu vis avec, tu te lèves avec, tu te couches avec et c'est chaque jour qui font ensemble les semaines qui te pèsent, aussi lourds que les mots qui sont là et qui pourtant ne peuvent pas sortir. C'est un poids et c'est un vide, c'est un gouffre dans ton cœur, un trou qui te bouffe, une putain de tumeur. Et toi tu peux pas faire avec ça, tu peux plus, t'en as jamais été capable d'ailleurs, mais t'es pas capable non plus de mourir alors tu restes là, avec ton mal, tes envies de meurtres qui t'enragent contre tous et surtout contre toi-même. Il y a les jours où tu oublies, où tu te caches, ceux durant lesquels tu cries plus fort que tes maux, tu te bandes les yeux, tu te voiles la face. Et il y a les jours comme celui-là, où tout te revient en pleine gueule mais toi tu ne peux pas faire front, t'as pas été habituée au courage, t'as l'impression que tu fuis depuis que t'es née et t'as peut-être pas tort, c'est vrai. Et c'est encore plus flagrant maintenant que t'as les deux pieds loin du vides et que tu réalises que, de toute façon, jamais t'aurais eu le cran de sauter avec tes démons. Tu lui reproches de ne pas avoir fermé les yeux, peut-être bien que c'est ce que t'aurais fait toi, t'excelles dans l'art de disparaître si l'on a besoin de toi. D'ailleurs tu les baisses, tes yeux, tu peux pas le regarder, tu ne peux regarder personne en face de toute façon et surtout pas ton propre reflet. Et tu sens maintenant ses mains sur tes joues, ça te brûle mais ça t'éclaire, ça te fait du bien et ça te tue. Pourquoi t'es là ? Il t'amènes à le regarder droit dans les yeux et tu souffres de ce contact. Pourquoi tu restes ? « Est-ce que j’ai l’air d’un monstre ? ». Tu te perds dans ses iris sombres, sombres comme si c'était la nuit elle-même qui te sondait. Ta gorge est sèche et c'est ton cœur qui s'émiette, il va rejoindre tes sentiments qui sont depuis bien longtemps poussière. Tu voudrais fuir mais tu ne peux pas, cette fois. Tu n'en as pas la force et tu restes là, tu veux le deviner derrière le regard d'ombre qu'il t'offre et pourtant tu ne vois que ton reflet dans ses yeux d'onyx. « Quand bien même tu en serais un, tu ne pourrais être pire monstre que celui que tu viens d'empêcher de sauter. ». Tu souffles dans un murmure qui va se perdre dans les ténèbres. Un triste sourire s'étire sur tes lèvres bleuies alors que les étoiles les plus ternes du ciel demeurent dans ton regard. « C’est quoi ton nom ? ». Tu ne sais plus comment tu t'appelles, t'as l'impression d'être vidée. Ton âme s'est perdue, elle a sauté, elle est en bas, écrasée sur le sol, morte, enterrée, sans doute déjà se décompose-elle. « Quelle importance ? ». Tu le fuis par tes mots à défaut de pouvoir te libérer de son regard. Si tu me lâches, je m'écroule
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Dim 18 Mai - 16:16

C’est sombre dans son regard, tu ne parviens qu’à y lire du désespoir. Et tu dois te l’avouer, ça te fait un peu peur. Des frissons te parcourent l’échine, tu sens que la nuit va faire des siennes ce soir, des dégâts sans échappatoire. Avec elle, c’est quitte ou double. Elle peut être magnifique, réconfortante, mais également effrayante et déstabilisante.  Elle est un peu comme ta partenaire, mais parfois, t’as la sensation qu’elle t’échappe, qu’elle peut te faire autant de bien que de mal. La nuit, tout est possible, et ce côté incertain tu l’affectionnes et tu le détestes à la fois. L’inconnue veut te faire croire qu’elle est le monstre qui se cache dans l’ombre. T’y crois pas. Elle a rien d’un monstre. Tu prends le temps de l’observer l’instant de quelques secondes, elle est jolie. Ouais, certes, ça veut rien dire la beauté, y a des personnes sans âme qui se cachent derrière des visages d’ange. Mais elle, tu parviens pas à la considérer comme un danger. Un véritable monstre ne se considère pas comme tel, il ne voit pas le mal qui le gangrène. « Je vois aucun monstre ici. » Et à moins qu’un loup garou sorte de la lisière de la forêt, t’en verras pas ce soir. Elle refuse de te communiquer son nom, t’es irrité. Dépêche-toi Côme, t’es en train de perdre le contrôle. Et t’aimes pas ça, quand tu sens que tout autour de toi s’émancipe de tes décisions. Alors tu retires tes mains, et toi qui étais encore doux il y a quelques minutes, tu lui fous maintenant une baffe en plein visage. Pas bien fort, pas bien violent, mais peut être assez pour la faire réagir. « Parle-moi. » T’es là maintenant, prêt à faire ton possible pour lui venir en aide. Tu t’y prends surement mal, t’es maladroit, mais t’es sincère dans tes intentions. Parce que toi aussi, de temps en temps, t’aimerais que quelqu’un te tende la main. « Je vais pas partir. Alors te fatigues pas à essayer de me faire fuir. » Si tu dois attendre toute la nuit ici qu’elle se décide à parler, tu le feras.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Lun 19 Mai - 10:59

Tu trembles, tu sais plus si c'est de froid, de peur, peut être bien des deux à la fois. T'en as pas vraiment conscience, actuellement tu n'as conscience de rien sinon de sa présence, de celle des étoiles qui vous observent, de celle de la nuit qui semble demander et maintenant ? Et t'as envie de leur hurler à tous de te laisser tranquille, de te laisser crever en paix, si t'as pas été foutue de réussir ta vie tu peux bien faire l'effort de mourir décemment non ? Le problème c'est que tu n'oses pas mourir, ça te fait peur, peut-être bien que périr ça te fait plus peur que vivre et du coup tu traînes la moitié de cadavre qui te sert de corps un peu partout en attendant que quelqu'un t'achève. Ça aurait pu être lui, s'il l'avait voulu. Alors qu'est-ce qu'il fait là à te tenir du bout des doigts comme on retiens une marionnette du bout d'un fil ? C'était pas assez évident que tu préférais tout couper, arrêter là la représentation, baisser les paupières qui te servent de rideaux et pouvoir partir sans applaudissement, c'est fini, rentre chez toi. Il est encore là, lui, le spectateur fantôme, il ne quitte pas son siège. T'as envie de hurler, de le secouer. Tu comprends pas, putain ? La pièce de théâtre est finie, c'est terminé, laisse-moi m'en aller, de toute façon cette pièce était nulle, y'avait aucun scénario, la moitié des acteurs sont décédés, la salle s'est vidée avant la fin alors pourquoi tu restes ? C'était mauvais, c'est vrai, mais j'te connais pas, j'te dois aucun remboursement, c'est pas de ma faute si j'ai raté ma vie. Alors va-t-en. Va-t-en. Mais rien ne sort. « Je vois aucun monstre ici. ». Tu serres les poings, tes ongles te rentrent dans la paume jusqu'à ce que le sang perle sur le bout de tes griffes mais tu ne sens rien. Rien sinon le souffle du vent sur ton visage. « Alors regarde mieux. ». Mais c'est vrai qu'il n'a pas moyen de savoir, lui, il n'est arrivé qu'en fin de pièce, un peu trop tard, juste par curiosité de voir la fin. Tu lui refuses ton prénom, de toute façon à quoi est-ce que ça l'avancerait de le connaître, t'es personne ici, t'es personne pour lui, t'es personne nulle part. Et elle arrive soudainement. La gifle. Une vraie, cette fois, pas celle des mots, pas celle du vent sur ta joue, une faite de paume et de doigts. Tu portes ta main à ta joue, stupide réflexe, tu t'étales un peu du liquide vermeil sur la pommette et c'est seulement là que tu te rends compte que tes paumes sont aussi meurtries que ton cœur. « Parle-moi. ». Tu ne prends même plus la peine de le regarder. T'es qu'un putain de spectateur, merde ! T'as pas le droit d'intervenir dans la pièce, surtout pas la fin, c'est important une fin, c'est le dénouement de tout. Retournes à ton siège, regardes simplement. Regardes ce que c'est que de se détruire plus que de se construire au cours d'une vie, regarde où ça mène et qu'elle genre d'individu immonde cela donne. « Je vais pas partir. Alors te fatigues pas à essayer de me faire fuir. ». T'es en colère contre tout et contre tous, contre la providence qui l'a mis sur ton chemin, en plein travers de ta route, contre lui d'être quelqu'un qui ne se contente pas de cracher sur la vie des autres comme toi tu le fais si bien, contre toi-même enfin, de rester plantée là, incapable de bouger. Alors tu prends sur toi, tu fais quelques pas sur le côté, tu t'éloignes parce que t'es infoutue de comprendre qu'il veut t'aider, d'ailleurs est-ce que c'est bien toi qu'il veut aider ou n'est-ce-pas plutôt pour s'aider lui-même ?


Dernière édition par Lua le Mer 21 Mai - 10:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Mer 21 Mai - 3:47

Dans quoi tu t’es engagé, Côme ? La seule chose dont a su t’occuper, c’est un chaton quand t’étais gosse. Bandit il s’appelait. Une de tes idées. Il portait bien son nom, et il te ressemblait un peu aussi. Toujours présent pour les conneries. Ptete pour ça que tu l’aimais autant, et que t’es parvenu à t’en occuper sans merder. Tu te souviens encore quand il venait ronronner contre toi. Et puis tu t’es émancipé de tout ça, c’est les femmes que tu voulait sentir dans tes bras. Bandit est parti, et toi t’as continué ta vie. Un chat, c’était facile. Fallait le nourrir, jouer avec, le caresser. Mais là, t’es face à une personne faite de chair et d’os, et t’es tout sauf un héros.  Putain, ça te vexe ces dommages collatéraux. C’est égoïste, mais tu te sens blessé dans ton égo. Tu cherches à l’aider, mais elle ne pense qu’à s’échapper. Tu sais pas comment réagir, tu sais pas comment t’y prendre, et pourtant tu voudrais. Ouais, tu voudrais. Pour une fois, sentir que quelqu’un a besoin de toi, que tu pourrais te sentir utile,  et pas aussi futile qu’à l’accoutumer. Elle te tourne le dos. Tes sourcils se froncent, ton visage change, la colère fulmine. Va falloir que tu la passes à tabac, pour qu’elle réalise qu’elle a encore envie de tout ça ? De sentir le vent contre sa peau, de voir les lumières de la ville d’en haut, et de se dire que quelque part là bas, y a surement quelqu’un qui se sent comme toi. Ces petites choses qui font aussi parties de la vie, et qui parfois peuvent vous faire sortir du puits. Toi, c’est ce que tu te dis. Que t’es pas seul. Que même si tu souffres, même si t’as horriblement mal, tu sais que t’es pas le seul. Ptete que tu la connais pas cette autre personne,  mais tu t’en fous, tu sais qu’elle est là, quelque part, qu’elle existe, et que même l’instant d’une courte nuit, vous partagez les mêmes soucis.  Elle s’éloigne, tu la rattrapes, et tu te places face à elle. Ne voit-elle pas tous les efforts que tu fais ? « Moi, je m’appelle Côme. » T’aimerais pouvoir lui dire que toi aussi t’as traversé beaucoup de saloperies. Que la vie est une chienne qui fait toujours des siennes. Mais tu veux pas partir dans un concours de Caliméro. Et surtout, t’es pas prêt à te confier. Pas à elle. « Pardon pour la gifle, mais vraiment, tu commences à me taper sur le système. » Tu restes poli. Sa faute à elle. Toi t’as essayé la manière douce. Mais elle en a fait qu’à sa tête. « Et si tu veux savoir, je trouve que t’es qu’une putain de lâche. Une sale égoïste de merde. » T’as le ton qui monte, tu t’emballes au fur et à mesure que les mots franchissent la barrière de tes lèvres. Mais c’est vrai, qu’elle te fait chier. C’est ptete pas les mots qu’elle aimerait entendre, mais c’est ceux que tu penses. « Tout le monde a des soucis, tout le monde a souffert ou fait souffrir. Mais c’est pas une raison pour te foutre en l’air. Alors maintenant, je vais être très clair, soit tu m’expliques un peu ce qui tourne pas rond dans ta tête, soit je me barre, et tu te démmerde ave tes problèmes. Sautes, je m’en fous. » Dernier coup de bluff.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Mer 21 Mai - 10:09

T'étouffes sous son attention, tu suffoques, c'est vrai que t'as jamais été là pour personne mais personne n'a jamais été là pour toi non plus, et alors quoi ? C'est maintenant que la vie se réveille, qu'elle décide de t'envoyer quelqu'un, histoire de te garder auprès d'elle encore un peu, sous son emprise, piégée peut-être bien. C'est qu'une sale égoïste, elle n'a pas eu un regard pour toi depuis le début et maintenant elle ne veut pas passer le relai à la mort ; peut-être qu'elle s'occuperait mieux de toi, elle, pourtant. Puis y'a plus de gens qui t'attendent chez elle que de personnes qui sont prêtes à te soutenir lorsque tu t'écrouleras ici. Tu le sais tout ça, Lua. Alors putain, pourquoi tu sautes pas ? Et tu n'as aucune réponse à t'offrir, rien à donner histoire d’apaiser un peu ta conscience d'enfant-vieillard déjà lassé de l'existence. T'as l'impression d'avoir pris la vie à l'envers, de n'avoir jamais rien fait dans le bon sens, d'avoir fait les mauvais choix et pris les mauvaises décisions depuis que t'as l'âge de penser par toi-même. Et c'est sans doute vrai, c'est peut-être bien le cas encore une fois. Tu t'éloignes de lui, tu ne sais pas s'il veut réellement t'aider, s'il en a quelque chose à foutre, tu verrais mal pourquoi de toute façon, tu n'es rien pour lui tout comme il n'est personne pour toi. Alors pourquoi est-il là de nouveau, devant toi ? Pourquoi est-ce qu'il ne comprend pas ? tu ferais mieux de rentrer chez toi, vraiment. « Moi, je m’appelle Côme. ». Ton visage reste fermé, t'as les yeux vides alors que tu l'observes sans le voir. Côme. Côme. Et tu ne sais pas pourquoi son prénom se met à tourner en boucle dans ta tête. Il a le visage de la colère, Côme. Le tien c'est celui de la détresse. Triste duo. « Pardon pour la gifle, mais vraiment, tu commences à me taper sur le système. ». Tu ne dis rien, t'aimerais lui répondre que c'est réciproque et que le plus chiant de vous deux c'est sans doute lui, mais tu ne sais pas si tu le penses vraiment. « Et si tu veux savoir, je trouve que t’es qu’une putain de lâche. Une sale égoïste de merde. ». Tu reçois ses mots comme on reçoit les coups qui pleuvent. Il a raison, tu sais qu'il a raison, mais qui est-il pour te juger, il ne te connaît pas lui, il ne sait pas, il ne sait rien du tout. « Tout le monde a des soucis, tout le monde a souffert ou fait souffrir. Mais c’est pas une raison pour te foutre en l’air. Alors maintenant, je vais être très clair, soit tu m’expliques un peu ce qui tourne pas rond dans ta tête, soit je me barre, et tu te démmerde ave tes problèmes. Sautes, je m’en fous. ». Et c'est comme un déclic, tu te réveilles enfin, ta tête qui tourne mal décide de s'allumer et la machine s'emballe alors que tu ressens la colère qui hurle à tes oreilles. Enfin. « Oui, je suis une putain d'égoïste. Mais je ne suis pas que ça, tu vois, c'est tellement pire que tout ce que tu peux penser, que ce que tu te dis maintenant, c'est pire qu'une gifle, pire que tes mots, c'est dégueulasse. Mais t'es qui pour me balancer ça à la figure, toi ? J'suis la seule à même de juger si je mérite de crever, tu ne me connais pas. Il n'y a rien qui tourne rond, mais j'ai pas besoin de ton aide, j'men sors très bien tu vois pas ? ». Tu reprends ton souffle, ta gorge est sèche alors que les mots hurlés qui en sortent tremblent avant d'aller s'éteindre dans la nuit. « J'ai jamais eu besoin de personne. ». C'est pas que t'as jamais eu besoin de personne, Lua. C'est seulement qu'ils n'en avaient rien à foutre du fait que tu avais besoin d'eux. Et t'es tellement seule, seule. « Alors va-t-en, c'est ce que t'aurais dû faire dès le départ, Côme, j'ai pas besoin de toi. Tu m'connais pas. Et si c'était le cas, tu m'aurais poussée, crois-moi. ». Tu répètes ça comme un psaume, plus pour te convaincre toi-même que pour le convaincre lui. Et tu dégages, tu vas t'assoir au pied d'un arbre qui subit la scène sans pouvoir s'enfuir, lui, et t'enfouis ta tête entre tes mains tremblantes. C'est vrai que t'es une minable, il a raison, Côme. Tu fuis même devant les vérités.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Jeu 22 Mai - 16:13

Tu titilles, tu dégoupilles une grenade et tu la jettes à ses pieds. Tu veux la voir exploser. Tu sais qu’il y en a une autre qui se cache à l’intérieur, et tu cherches avec tes mots acérés à l’obliger à se révéler. La colère, ce ressenti prédominant dans ta galerie de sentiments.  Tu sais comment elle fonctionne, tu sais qu’il n’y a qu’elle qui parfois peut te sortir de ta léthargie. C’est ce que tu cherches à provoquer chez elle. Tu veux qu’elle hurle, qu’elle pleure, qu’elle te frappe si il faut. Tu veux qu’elle allonge ses tripes, qu’elle crache ses poumons avec des jurons. Tu peux être son punching ball, tu sais bien encaisser. T’as envie de lui crier de continuer, de la pousser à bout, de sentir qu’elle bout. Ton regard pénétrant la fixe sans sourciller, et tu bois ses propos avec avidité. C’est ce que tu recherchais, t’es satisfait. Elle a raison sur beaucoup de points. Tu la connais pas, t’es pas familier avec son passé. Mais t’es pas là pour la juger. D’ailleurs ça serait un peu l’hôpital qui se fout de la charité. Toi aussi t’es pas un ange, toi aussi tu déranges.  Sa détresse te lacère, comme des couteaux tranchants. Pourtant, t’as jamais porté beaucoup d’importance  aux soucis des gens. T’es plus égoïste qu’altruiste. T’es plus comme elle. Solitaire, persuadé de tout pouvoir régler toi même. Mais depuis que t’es là, tu vois les choses autrement. T’as presque envie de t’ouvrir, d’être différent. Non pas presque, en fait, c’est ce que tu veux être. Depuis que tu l’as rencontré, elle, tout prend un autre tournant. Tu veux devenir un mec bien. Parce que dans le fond t’en as conscience, les gars comme toi c’est bien pour une nuit, pas pour toute la vie.  Tu la regardes se poser au pied d’un arbre. Au moins, elle ne songe plus à sauter. T’as l’impression d’avoir un peu avancé. Mais pas que tu te reposes sur tes lauriers, ce n’est que le début d’une longue épopée. C’est pas des conneries, quand tu dis que tu peux rester là toute la nuit. Tes pas foulent le sol, parmi toutes ces feuilles tombées de leur nid. Tu te mets assis à ses côtés, les genoux repliés. T’as envie de lui prendre la main, mais tu te dis que c’est ptete mieux qu’avant son chagrin prenne fin. Tu sais plus quoi dire pour la rassurer, pour panser un peu sa plaie abîmée. « T’as raison, jte connais pas. Mais ça tient qu’à toi de changer ça. J’aimerais beaucoup connaître ton prénom. » T’as retrouvé ton calme. Tu sais pas trop pour combien de temps, parce qu’elle a le don d’accentuer ton côté lunatique. « Et quand tu seras prête, ptete que tu me diras pourquoi t’as voulu sauter. » Tu fais pas semblant, t’aimerais vraiment en connaître la raison.  Pas par curiosité, par compassion.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Ven 23 Mai - 14:51

La colère pulse dans tes veines comme un venin violent, violent comme toi, elle te fait perdre le contrôle et maintenant qu'elle est là, sortie des profondeurs obscurs de ton esprit malade, t'as envie de briser n'importe quoi, de fracasser n'importe qui. Tu voudrais balancer des mots qui font mal, des mots qui déchireraient le voile calme dont s'est parée la nuit mais tes poings sont fragiles, ton corps trop malhabile et toi t'as pas le courage de te laisser emporter par elle comme avant parce qu'elle t'a longtemps mené, la colère, elle t'a longtemps dicté les paroles qui font mal, les endroits qu'il fallait frapper pour blesser, puis elle t'a abandonnée un jour, comme ça, la vicieuse, et depuis t'es seule avec ton désespoir contre lequel elle t'aidait à lutter et tu sais que quand elle revient elle n'est que de passage, qu'elle ne fait que s’assurer qu'elle a encore emprise sur ton âme décharnée pour mieux te laisser retomber dans le trou que t'as creusé toi-même au fil des années. Tu ne lui prends pas la main, cette fois. T'as pas la force de tendre le bras. « T’as raison, jte connais pas. Mais ça tient qu’à toi de changer ça. J’aimerais beaucoup connaître ton prénom. ». Tu la sens s'éloigner de toi alors que tu respires longuement, vidant tes poumons à coups de souffles qui s'apparentent à des sanglots, priant pour que le calme revienne et que s'arrête la tempête qu'il a déchaîné dans ton esprit. « Et quand tu seras prête, ptete que tu me diras pourquoi t’as voulu sauter. ». T'écoutes le vent qui siffle à tes oreilles, les hurlements des arbres malmenés par le blizzard, le chant des étoiles qui vous observent de là-haut, avides de savoir comment ça va se finir, est-ce qu'il va te guérir ou t'abîmer davantage, est-ce que peut-être c'est lui ta putain de bouée de sauvetage où est-ce qu'il va se lasser, partir, te laisser crever avec toi-même à petit feu. Les minutes s'écoulent sans bruit, compte à rebours indéfini et peut-être bien qu'à terme viendra l'explosion. Bouquet final. Tu redresses lentement la tête. Nul sillon de larme sur tes joues, cœur trop sec pour pleurer. « Lua. ». Tu le lui livres, enfin, sans le regarder, sans le voir, tes yeux vides fixés sur la lune ronde. « C'était pas de la lâcheté, c'était du courage. Mais je n'en ai pas, du courage, tu sais. Regardes, la preuve, je suis là. ». Tu ne sais pas si il te suit, s'il comprend, mais tu t'en fous, tu parles plus pour toi que pour lui, parce qu'il faut que ça sorte si tu ne veux pas crever étouffée sous le poids des mots. « J'aurais dû choisir un autre moment, un autre endroit, une autre façon peut-être bien, tu vois, pour ne pas pouvoir reculer, pour m'obliger à ne pas être lâche, pour une fois. Et à la place j'suis là, encore, j'te dérange, j'me dérange alors que tout aurait été plus simple, une fois en bas. ». T'es possédée, emballée par tes propres mots qui sortent comme les notes d'une vieille boîte à musique qui ne voudrait plus s'arrêter une fois ouverte puis tu te bloques, brusquement.« Tellement plus simple ». Mécanique rouillée.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Sam 24 Mai - 19:05

La lune est belle ce soir. Mais elle illumine vos brûlures, vos plaies qui ont besoin d’être suturées. C’est moche à voir, parfois t’oses même pas y poser ton regard. Sur cette blessure à cœur couvert.  Ptete que la sienne est un peu plus infectée, tu sens presque la chair abîmée, brûlée par le poids des années. T’es pas ambulancier, mais t’as quand même envie d’appuyer tes mains sur son écorchure, de stopper l’hémorragie qui paralyse sa vie.  Sentir le sang couler entre tes doigts c’est déroutant, mais tu peux pas la laisser tomber. Parce que dans le fond, t’es pas si mauvais. Et tu sais déjà que c’est pareil pour elle. T’as un ptit sourire malvenu quand elle te confie son prénom. T’as un peu l’impression d’apprivoiser un fauve plein d’ecchymoses.  Un animal blessé, dont tu peux peut être un peu apaiser les névroses. « Lua, c’est pas ça le courage. Le courage c’est continuer à se battre, même quand tout nous pousse à abandonner. » T’as pas envie d’user de mots clichés, mais ce que tu dis est vrai.  Combien de fois t’as songé à poussé tes limites jusqu’à leur extrémité ? A tout lâcher, à t’abandonner à tes excès.  C’est pas toujours facile de résister à la facilité, à ce mal qui nous tourne autour sans vouloir nous lâcher.  Comme les crocs d’un serpent, dont le venin fulmine dans nos veines. Parfois tout nous échappe, comme le cerf volant quand on était enfant. Mais y a toujours un moyen de rattraper la ficelle, et de remonter dans la nacelle. « Je pense qu’il y a toujours la possibilité de s’en sortir. Même quand tu penses être au fond. Tu peux grimper par toi même, ou tu peux accepter la main qui t’est tendue. » Et cette main tendue, c’est la tienne. Tu lui dis pas clairement, parce que t’assumes pas forcement ce sentiment compatissant. C’est plus facile pour toi de tromper que d’entraider.  Et pour appuyer tes propos, tu lèves ta main vers elle.  Elle est là, elle a juste à la saisir. Tu tournes ton visage à moitié caché par l’obscurité, et t’attends. T’attends qu’elle saisisse sa chance. Elle a un canon sur la tempe, mais rien ne l’oblige à tirer.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Dim 25 Mai - 18:15

Ta colère s'éteint finalement au même moment que la lueur d'une étoile disparaît. Elles sont tout aussi mortelles que toi, les étoiles. Dans le fond, astres, fauves, humains-bêtes, qu'importe, la finalité est la même. Et peu importe quelle aura été votre place dans ce monde, ce que vous aurez pu provoquer, quels changements auront pu opérer sur terre par votre faute, le résultat sera que vous vous retrouverez six pieds sous terres, ensemble, connards et anges déchus confondus et vos cendres seront répandus dans le même air qui sera respiré par d'autres futurs cadavres. Alors qu'importe ? Qu'importe la manière dont tu mourras puisque la finalité sera celle de toutes les morts imaginables. Quitte à crever, tu préfères encore choisir. Histoire d'être maître de ton destin une fois, de pouvoir la faire à l'envers à la vie, cette cruelle, histoire d'avoir le dernier mot. « Lua, c’est pas ça le courage. Le courage c’est continuer à se battre, même quand tout nous pousse à abandonner. » Tes lèvres s'étirent faiblement et ce sourire est pourtant plus triste que des larmes. « Se battre pour quoi ? Pour qui ? J'en ai marre de me battre sans but, Côme. De me débattre dans le vide. ». C'est ton amie mélancolie qui parle, dans le fond elle ne t'a jamais quitté celle-là, c'était elle qui voulait plonger tout à l'heure, elle qui fixe le ciel onyx en se demandant quelle sensation ça fait, d'être une étoile, et est-ce que quand on décède on s'écrase ou on s'envole vers le ciel. C'est elle qui te possède parce que t'es pas foutue de résister, t'en a pas la force, plus l'envie. « Je pense qu’il y a toujours la possibilité de s’en sortir. Même quand tu penses être au fond. Tu peux grimper par toi même, ou tu peux accepter la main qui t’est tendue. ». Sortir du gouffre. De cette tombe que tu t'es toi-même creusée parce que tu n'as jamais été bonne qu'à ça. A préparer ta future chute, à accélérer sa venue peut-être, à l'attendre. Pourtant t'as déjà essayé de remonter la pente, c'est vrai. De t'accrocher à ce à quoi tu pouvais te retenir. Attrapé des cordes qui n'étaient pas attachées, des bouées de sauvetages crevées qui n'étaient reliées à aucun bateau. T'aimerais le lui dire, ça, mais tu n'es pas capable de t'exprimer. Alors tu tournes la tête vers lui et tu le regardes, pour une fois, tu figes sur lui tes prunelles d'ombre. Et lorsque tu vois sa main tendue vers toi, tu te glaces. Un moment s'écoule, t'as l'impression que la tension est montée d'un cran, tu pourrais presque la palper. Tu soupires finalement. « J'ai rien à t'apporter, tu sais. ». Et ils sont toujours là, ces doigts qui t'appellent. Tes yeux ne croisent jamais son regard, tu les en empêches, t'as trop peur qu'ils lui révèlent tout, qu'ils lui balancent ta vie sur un coup de tête. Un putain de livre ouvert dont il lui suffirait de tourner lentement les pages.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Jeu 29 Mai - 8:31

Tu le comprends quand elle te dit qu’elle n’a personne pour qui se battre. Toi aussi t’as tout perdu. Mais t’as pas eu la chance de l’avoir cette main tendue.  On t’as blâmé plutôt que secouru, alors tu t’es enfoncé dans le fossé, avec pour seul soutien ta pelle pour creuser, et cette petite voix qui te murmurait : c’est bien Côme, continu, bientôt t’arriveras au bout.  Mais malgré ce que t’as traversé, malgré toutes les embuches qui t’ont  fait trébucher, t’es toujours debout.  Faut qu’elle comprenne que rien n’est jamais perdu, qu’il y a toujours une lumière pour nous guider, même quand on ne voit que l’obscurité, et que ça serait foutrement bête de se sentir déjà vaincu. Cette lumière, souvent c’est un autre être. Un être qui sait comment apaiser les lésions.  Un premier pas vers la guérison. « Te battre pour la vie. Parce que même si parfois elle joue avec nous, tout n’est pas toujours ainsi. Un jour elle recommence à te sourire. Et tout ce qui t’as blessé par le passé, tu te dis que finalement ça valait le coup, si c’était pour mener à ce petit instant de bonheur. » Est-ce que tout ça a un sens ? Est-ce que tu le penses ? Il y a encore quelques jours, t’aurais dit non. T’aurais crié à l’imposture. Mais aujourd’hui t’es plus vraiment sûr. Parce que tu viens de la rencontrer, ta lumière, celle qui éclaire ton tunnel. T’as goûté au jardin d’Eden avec elle,  tu te sens comme le roi Arthur, devenu roi avec Excalibure. Tu sais qu’il y a toujours de l’espoir.  Tu savais qu’elle allait pas glisser ses doigts dans les tiens facilement. Mais c’est un peu comme une page qu’elle vient de déchirer. T’es pas blessé, juste un peu vexé. Parce qu’elle mesure mal ce qui est en train de se passer. Toi, le vaurien, en train d’aider ton prochain, de te la jouer bon samaritain. T’en as tellement pas l’habitude que t’as peur d’être en train de tricher, d’arborer un masque pour mieux accéder à autre chose après. Tu sais plus vraiment qui tu es. « Et j’ai jamais rien apporté à personne. » Ce qui lui donne une longueur d’avance sur cette course à la bienveillance. T’attends, entêté, prêt à choper une crampe. « Je vaux pas mieux que toi. Je sais même plus si je fais ça pour t’aider ou pour pouvoir avoir une chance de me glisser entre tes jambes. » C’est ce que t’aurais fait il y a quelques années. Mais beaucoup de choses ont changé. Tu vacilles entre deux aspects de ta personnalité, et t’es fatigué par cette valse désincarnée.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Jeu 29 Mai - 14:48

Tu te demandes qui il est, qu'est-ce qui a bien pu le mettre sur ta route ce soir, est-ce que c'est le hasard où bien c'est parce que tout était écrit, de votre naissance à cette nuit, peut-être bien que quand vous êtes arrivés dans ce monde un peu trop terne, un peu trop amoché, le bon seigneur Dieu savait déjà qu'un beau jour il faudrait que vous vous entrechoquiez, histoire qu'il vienne un peu bouleverser le plan morbides que tu pourrais avoir, faut dire qu'il s'était fait plaisir niveaux galères quand il a écrit l'intrigue raté en quoi consisterait ta vie. Alors fallait bien rajouter un petit élément perturbateur, un grain de sable dans la mécanique et pourquoi pas lui donner les yeux noirs tiens, noir-cauchemar, noir-espoir. « Te battre pour la vie. Parce que même si parfois elle joue avec nous, tout n’est pas toujours ainsi. Un jour elle recommence à te sourire. Et tout ce qui t’as blessé par le passé, tu te dis que finalement ça valait le coup, si c’était pour mener à ce petit instant de bonheur. ». Tu l'connais pas mais t'as le sentiment qu'il est un peu comme toi, un peu cassé, un peu brisé, qu'il a comme toi brûlé la paire d'ailes qu'on lui avait donné et alors de la même manière que toi il s'est écrasé au sol, incapable de reprendre son envol, condamné à vivre dans un monde qui ne voulait pas de vous, qui ne pouvait rien pour vous. Mais il s'est relevé, lui. Et peu importe pourquoi il est debout aujourd'hui. « J'veux pas d'une putain de douleur pour qu'on me lâche enfin un petit bout de bonheur, j'ai pas la patience d'attendre encore et encore qu'elle fasse preuve de cette bonté. C'est pas comme ça que ça devrait se passer.. ».
T'aimerais faire comme lui, redresser la tête et pouvoir la regarder en face, l'ouvrir grande et lui cracher à la figure tu vois connasse, j'suis là. Encore, encore, mal grès tout, mal grès toi. Mais t'es là, à terre, finie, demi-enterrée. Et lui qui s'acharne à ressusciter un cadavre. « Et j’ai jamais rien apporté à personne. ». Peut-être bien qu'il dit vrai. Qu'est-ce que ça change, dans le fond ? « L'important c'est de savoir si t'as jamais rien retiré à personne. » Tu souffles à mi-mots avec la moitié de cœur fonctionnelle qui te reste qui se serre dans ta poitrine. T'aimerais l'arracher à main nue ce cœur puis le piétiner, et tous les sentiments qui te font vivre avec, ce serait ta vengeance contre eux, leur ultime défaite. « Je vaux pas mieux que toi. Je sais même plus si je fais ça pour t’aider ou pour pouvoir avoir une chance de me glisser entre tes jambes. ». Il a ces mots qui te tirent de ta torpeur d'un coup, qui t'arrachent à tes songes funestes. Même la nuit se tait pour vous écouter. Ton visage se fige, tu sais pas trop quoi penser et de l'intérieur tu ris pourtant. Si tu savais. Un sourire demi-lune s’immisce sur tes lèvres, imperceptible.« Dans les deux cas, c'est que t'as du temps à gâcher. Ou que t'aimes les causes perdues. ». Et tu plonges ton regard dans le sien cette fois, tu prends le risque de te laisser happer par ses yeux noirs, reflets du cœur. Enfin ta main répond à la sienne et tu glisses tes doigts entre les siens, faiblards et tremblants à l'idée de se faire abandonner maintenant qu'ils ont osé répondre à cet appel maladroit, providence ou destin. Pars pas, s'il-te-plaît. Je te prêtes un bout de confiance, évites de l'emporter avec toi.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Lun 9 Juin - 15:44

Dans la vie c’est donnant-donnant. Rien n’est gratuit, rien n’est offert. Quoi qu’il arrive, y a toujours un boulet enchainé à nos pieds, des fers qui nous enserrent les chevilles, et qui nous rappellent qu’on est jamais vraiment libre. Pour un moment de bonheur y a un moment de douleur. Ce triste équilibre, cette balance qui penche d’un côté ou de l’autre à l’infini, indécise. Même quand tu te sens le plus heureux des hommes, y a toujours un serpent qui se faufile à tes côtés, prêt à t’attraper et à ne plus lâcher prise. A t’étouffer, jusqu’à ce que tu te souviennes que le monde est teinté de gris, que le manichéisme de nos vies n’est qu’un mythe. Mais parfois, c’est l’inverse. Parfois on sent mal, au bout de ce qu’on a entreprit. Et un jour, tout nous sourit. La clé, c’est de savoir l’accepter. Ton cœur palpite, crépite. Il s’affole, tambourine dans ta poitrine. Si, t’as déjà ôté quelque chose à quelqu’un, et c’était la pire chose qu’on puisse ôter à un être humain : la vie elle même. Mais tu refuses de laisser les souvenirs s’emparer de toi, tu les repousses, tu fermes la porte et tu te caches sous la couette pour pas qu’ils te retrouvent. Espoir enfantin et vain. Tes pensées vagabondent, elle danse, comme des flammes dans la nuit, et souvent tu t’y brûles. « Un peu des deux. » Tu parviens à t’extirper de ces chimères, non sans y laisser quelques plumes. Pour toi le sexe est un sujet banale, t’en parles facilement, parce que ça met toujours un peu de piment. Tu souris, parce que t’aimes ça, sentir sa main. La douceur de sa peau qui vient caresser la tienne. Cette chaleur qui vient chasser le froid de minuit. Tu serres ses doigts, assez pour qu’elle ne les retire plus. Maintenant que tu l’as, tu la lâches plus ta belle de nuit. Ton faucon blessé, que t’as envie de revoir voler. Tu sais qu’elle a besoin que d’une petite poussée. Mais pas dans le vide. Juste pour lui rappeler qu’elle a des ailes, et qu’elle peut toujours s’en servir. « Mais t’es en train de dire que j’ai aucune chance là ? Pourtant je suis sûr que ça nous réchaufferait. » Tu taquines, tu provoques, parce que tout le monde n’est pas aussi à l’aise que toi. Et puis votre rencontre est beaucoup trop dramatique, t’aimerais bien y ajouter une petite pointe de légèreté.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Jeu 12 Juin - 10:06

T'oscilles entre le réel et l'irréel, funambule, debout sur le fil avec lequel t'as bien envie de te pendre. T'es perdue, complètement, pourtant si sûre de ce que tu voulais avant, finir. Fin d'un tout et fin d'un rien, chez toi ça revenait au même. Ton esprit n'est que chaos parce que t'es incapable de faire le tri entre les sentiments qui t'envahissent et qui viennent danser dans le désordre dans ta tête. C'est de sa faute, à lui. T'étais prête à faire le pas de trop, le pas qu'il faut et le voilà qui débarque d'un coup, comme ça, comme s'il en avait le droit. Le droit de tout bouleverser, d'être le gosse qui met un coup de pied dans le château de carte déjà bien trop instable. Et tu lui en veux, putain. Tu lui en veux, tu le remercies. Heureusement que t'as été là, mais pourquoi t'es venu merde, t'es un putain de gentil connard. C'est la mécanique qui s'emballe et t'as le cœur et la tête à l'envers parce qu'il te donne envie de pleurer et de rire, ça fait mal. « Un peu des deux. ». Tu l'quittes plus des yeux, ton oiseau de nuit, parce que t'as peur qu'il s'envole, d'un coup, qu'il te laisse avec tes démons et peut-être bien que ce soir tu serais d'humeur à te laisser bouffer. Il ne te doit rien, lui, il peux se lever, partir loin, loin de toi, toi tu penses que c'est ce qu'il aurait dû faire mais maintenant t'oses plus lui dire de peur que lui vienne l'envie de suivre tes conseils. Et t'es soulagée de sentir ses doigts autour des tiens parce que c'est comme si vous étiez prisonniers l'un de l'autre. Personne n'a le droit de s'enfuir. « Mais t’es en train de dire que j’ai aucune chance là ? Pourtant je suis sûr que ça nous réchaufferait. » T'as ce sourire qui vient barrer ton visage, c'est pas comme si t'avais le cœur à ça pourtant mais il le trace au couteau avec ses mots un peu doux un peu sauvages. Tu le lui donnes à contre cœur ce sourire, il te l'arrache et il y arrive sans que tu saches trop comment. C'est pas si douloureux, pourtant. « Réchauffer les corps à défaut de se réchauffer le cœur ? ». Tu lui lances, moqueuse, ironique et pourtant pas seulement. Tes yeux s'accrochent aux siens comme un rescapé à sa bouée. Aide-moi à oublier, t'entends ? Oublier qui je suis, qui t'es, où on est et pourquoi on est là. C'est pas important tout ça, on aura tout le temps d'avoir mal demain. « J'sais plus où j'en suis putain.. ». Tu lui lâches ça dans un soupir comme s'il allait pouvoir te donner la réponse. Alors que vous savez pertinemment tous deux qu'il n'y en a pas. Et c'est peut-être bien ça, le plus douloureux. Chercher des réponses là où il n'y en aura jamais.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Jeu 12 Juin - 17:48

Sa remarque, elle te frappe comme un boxeur tape dans un punching ball. Réchauffer le corps à défaut de réchauffer le cœur. T’as l’impression qu’elle vient de lire en toi comme dans un livre ouvert. C’est tout toi ça, Côme. T’es pas du genre à sortir à découvert, tu endosses toujours ta grosse carapace, tu te caches derrière tes airs de séducteur, tu enfouies tes angoisses. Tu les enterres, le meurtrier de tes propres états d’âme. Et là,  pourtant, elle a soulevé un point important, t’as l’impression que ça été aussi simple pour elle que de planter dans du beurre une lame. Tu mêles ton corps, tu l’unis pour ne faire qu’un avec un autre être humain, mais ça ne va jamais plus loin. Ton cœur, il est cryogénisé, tu sais qu’il est là, mais uniquement parce que tu tiens toujours debout. Et à moins d’être victime d’un sort de marabou, ça signifie que malgré tout, t’es encore vivant. Même si parfois tu en doutes. Même si parfois t’es qu’un corps décharné ambulant, tu erres comme un mort-vivant, à la recherche de chaleur humaine parce que c’est tout ce qui t’empêche  de plonger dans le néant. Le sexe, c’est ton médicament. Du moins, c’est ce que tu pensais jusqu’à présent. Maintenant, tu l’as elle, et elle te donne des ailes, tu te sens différent. « C’est mieux que rien. » C’est vrai. Quand ta peau fusionne avec celle d’une femme, c’est comme si tes problèmes s’envolaient au vent. Il n’existent plus, jusqu’au moment fatidique du firmament. Et c’est mieux que rien. Tu prends tout ce qui te permet d’oublier un instant. « Même si c’est que du sexe, c’est réconfortant. » Et le réconfort, c’est un luxe. T’as eu peur qu’elle prenne de travers tes propos, mais au contraire, elle te sort son sourire le plus beau. Alors tu la regardes, sans dire un mot. T’es presque fier de toi, pour une fois, pour être parvenu à ce résultat. « T’as un beau sourire, tu devrais me le montrer plus souvent. » Tu grimaces un peu, parce que tu réalises que tu viens lui sortir une phrase toute faite, ne remarque qui sort de la bouche de tous les Don Juan. Sa détresse est toujours aussi palpable, mais tu commences à parvenir à mettre un doigt dessus. Avant, y avait comme une glace en plexiglass entre vous, tu la voyais, tu l’entendais, mais t’arrivais pas à l’atteindre.  « Tu veux jouer à action-vérité avec moi ? » Tu lâches ça comme un gamin le ferait. Ou un ado en manque d’amusement. Tu sais pas si c’est une bonne idée, mais t’es trop renfermé pour apprendre à la connaître directement. T’as besoin d’une alternative, d’un jeu derrière lequel te cacher, parce que t’es même pas foutu de te renseigner sur qui elle est. C’est pas que tu veux pas, c’est que tu sais pas quels mots prononcer.
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MessageSujet: Re: Nocturn bird   Ven 13 Juin - 10:57

Il a ces mots un peu maladroit qui te murmurent ce que tu connais mais que tu ne comprends pas. Il faut vivre. A quoi bon ? Dans cette pièce de théâtre ininterrompue qu'est la vie chacun a son rôle et il faut croire que celui qui les distribuait s'est trompé en te donnant celui de '' vivant ''. Parce que vivant ce n'est pas toi, toi t'as pas l'audace de vivre, les épaules pour supporter le poids de l’existence. Alors tu subis, chaque jour. Toujours un peu plus spectatrice qu'actrice, et tu laisses les vents te malmener, attendant de t'échouer dans un dernier sursaut de conscience qui tarde à venir. T'as le cœur gelé, de ceux qui jouent les gros durs mais qui se laissent peu à peu partir en miettes, emportés par des fantômes. T'es toujours en vie, pour le moment, tu le sais parce que t'as ses doigts entre les tiens, entremêlés, prisonniers et c'est sa seule chaleur et ses yeux d'ombres qui parviennent à te tirer de tes songeries macabres qui remuent les couteaux dans les plaies et réveillent des souvenirs morbides. « C’est mieux que rien. » T'hausses les épaules sans rien ajouter. C'est un moyen de se sentir en vie. Ça vous donne l'impression d'exister. Mais qu'est-ce qu'il vous reste, une fois la passion terminée ? « Même si c’est que du sexe, c’est réconfortant. » Est-ce qu'il cherche à te convaincre toi ou est-ce pour se justifier à lui même ses rencontres d'une nuit ? Ça t'es égal. Tu le comprends. « Le problème c'est que le réconfort, c'est jamais de longue durée. ». T'es un peu acerbe, c'est vrai. Tu sais bien toi, que le réconfort est traître parce que dès qu'il s'en va, le vide qu'il était venu combler se creuse encore un peu plus. Déchirure permanente. C'est comme lui. Il est là, pour le moment. De quelle taille sera le creux qu'il va laisser ? « T’as un beau sourire, tu devrais me le montrer plus souvent. ». Tu sens un frisson parcourir ton échine. Tu sais pas pourquoi cette phrase un peu désuète, un peu maladroite te met mal-à-l'aise, peut-être parce que t'as l'impression que subitement il a réussi à te détourner de tes obsessions malsaines, qu'il a fait ce que toi t'es pas capable de faire. Une sorte de pouvoir un peu étrange qui t'effraie et qui te rassure en même temps. « Donne m'en l'occasion ». Ton sourire s'est un peu effacé mais il est toujours là et c'est pas autant une plaisanterie qu'une supplique dans ta voix. Tu sais, j'ai dit que j'avais pas besoin de réconfort mais c'est faux. Tu veux bien jouer le rôle du pansement ? Rien qu'un instant. Donne moi l'impression d'exister. D'être autre chose qu'un passé foireux et qu'un avenir qui se fout en l'air. « Tu veux jouer à action-vérité avec moi ? ». Tes yeux délavés scrutent les siens. « J'aurai pensé que tu préfèrerais jouer au docteur et à l'infirmière ». Tu te caches derrière un humour douteux parce que t'as peur, c'est vrai. Jeux d'enfants. Pour ce soir tu veux bien être une gosse, le problème c'est bien que t'en a plus l'innocence et que les vérités n'ont jamais été tes grandes alliés. « Action. ». Tu ne lâches pas ses yeux. Peur du risque, peur du vide. Tôt ou tard les masques tomberont. Pas maintenant. Ce n'est que le début.
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