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 INTERLUDE.

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MessageSujet: INTERLUDE.   Mer 7 Mai - 16:14

dans le fond de ton sac traîne des morceaux de feuilles quadrillées couverte de mots volés aux autres. des mots volés dans des livres, des mots volés dans des chansons, des mots volés dans des conversations. tu collectes les citations pour te faire la poésie dans ta vie.
dans ta main, quatorze mots.

avoir le regard noir et les nuits blanches
et être en voie d'autodestruction.


tu serres les dents, silencieuse. il fait nuit plus trop noir. c'est calme, au bout de cette plage, un peu à l'écart des tentes, des autres. l'air frais du matin te fais frissonner. bientôt, le soleil réchauffera ta peau nue. t'es en sous-vêtements, tu frottes ton corps sale, ton corps poussière, tes cheveux sueur, ta vie globe-trotteur. t'as le regard noir de cernes, les nuits blanches d'insomnies.
t'es en autodestruction ?
tu sais pas.
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MessageSujet: Re: INTERLUDE.   Mer 7 Mai - 16:41

La nuit te mange les pieds, et les bras aussi. Les extrémités qui se perdent dans la demi-pénombre, dévorées par le clair-obscur de l'entre-deux. Cet espèce de moment incongru, inopiné, quand c'est pas encore l'aube et déjà plus vraiment la nuit. Mais toi t'es là quand même. Les mains dans les poches, les pieds au fond du gouffre, et les pensées au fond de tout. Au fond du trou, ouais. Le loup erre la nuit, le loup n'connait que la nuit, c'est bien connu. T'as perdu ton petit chaperon, Mae ? Plus personne à traquer. À part les démons. Mais j'crois que pour eux, c'est l'inverse : ce sont eux les chasseurs de peau. C'est là que tu la vois, au loin. Tu crois rêver, un peu. Beaucoup, même, parce qu'elle est irréelle. Y a sa peau translucide, elle est presque transparente. Puis ses cheveux qui volent au vent, portés par la légèreté du sel. Et puis ses pas, qui te foncent dessus, dans une trajectoire mortelle. Mais vous êtes si lents, mes enfants. Pas encore prêts à vous rentrer dedans. Toi aussi, tu vis la nuit. Comme les fantômes, les esprits, les loups. Comme toi, Mae. Mais c'est dans une toute autre intimité, cette fois, que tu marches vers elle. Y a juste la bouche de la lune qui vous souffle un vent glacé dessus, et les yeux des étoiles, qui te poussent, dans le dos.
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MessageSujet: Re: INTERLUDE.   Mar 20 Mai - 1:05

tu frissonnes, l'eau glacée qui perle sur tes bras chauds, qui refroidit ta peau en feu, ta peau fatiguée d'être recouverte de poussière, de crasse et de fumée, de tout. quand on a pas de quoi se payer un hôtel, un motel ou n'importe quoi, on se lave dans les étendues d'eau trop pure pour être réelle. banff, ça a l'air trop parfait, trop carte postale.
pas toi.
toi t'es industrielle, t'es dure, t'es fauve.
tu fais contraste parmi ce décor aux airs photoshoppés, aux airs papier glacé et pages de magazines. frotte, frotte, la jolie peau au teint halé. tu te tues un peu à la tâche, t'écorches le bout de tes doigts, mais t'as besoin d'enlever ce poids sale de sur ton corps, de sur ton âme.
puis, tu le vois, pas trop loin de toi. comme un mirage, comme un spectre qui détone dans la nuit.
- tu dors pas ?
pas d'poésie dans tes mots. juste des trucs directes.
t'es pas douce comme la lune, non.

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MessageSujet: Re: INTERLUDE.   Mar 20 Mai - 5:31

Elle s'est approchée si vite. Tu n'vois pas sa peau sale, toi, tu vois juste l'océan au fond de ses yeux. Et les marées d'abandon, et les écumes de tristesse et de solitude, qui viennent s'échouer sur les récifs pâles des anciens jours heureux. S'ils ont seulement existé. Tes yeux, noirs d'encre, se fondent dans les siens. L'ébène qui rencontre l'azur. Si tu dors ? Bien évidemment. De jour, de nuit, à l'intérieur surtout. Tu dors debout. Ton coeur endormi, ton âme qui a sommeil de vraies nuits. Mais à l'extérieur, tu ne dors pas. Tu sais plus comment on fait pour réussir. Pour fermer les yeux, et ne pas voir, ne pas entendre. « dormir, c'est mourir un peu. » C'est mourir tout court pour toi. C'est un couteau qui s'enfonce, c'est ouvrir grand la porte aux démons. Alors non, tu ne dors pas. Tu finis toujours par t'écrouler quelque part. « tu n'as pas froid ? » Tu sais pas trop pourquoi est-ce que tu t'occupes de ça. Tu ne la connais même pas. Mais c'est la première chose qui te traverse l'esprit, là sur la plage, face à une parfaite inconnue baignée dans la lumière nocturne.
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MessageSujet: Re: INTERLUDE.   Sam 31 Mai - 14:00

tes yeux qui croisent les siens, ton âme dans la sienne.
la communion des regards sous un ciel lunaire.
ça te fait étrange, whisky, de rencontrer un être éveillé à cette heure.
dormir, c'est mourir un peu.
ça fait écho à une phrase que t'avais déjà entendu.
ici, partir, c'est mourir un peu.
alors lui et toi, vous êtes un peu mort, à votre façon.
- t'as sûrement raison...
t'enfiles un t-shirt propre alors que tes vêtements trempés, tu les accrocheras à une branche d'arbre pour les faire sécher.
la nomade, c'est toi.
et t'as pas froid, whisky ?
- si, mais on s'y habitue.
toujours aussi franche. tu passes les bretelles de ton gros sac à dos sur tes épaules.
- ça fait combien de temps, que t'es à banff ?
tu veux savoir, tu veux découvrir les autres explorateurs du monde.
ouais, t'es curieuse, des fois.
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