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 you're white skin, swirling fireflies.

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MessageSujet: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyLun 28 Avr - 11:38

Quand t'es sorti de chez toi, t'as remarqué qu'il pleuvait. T'avais pas vu, avant. Trop occupé pour regarder par la fenêtre. Puis c'est dans ta tête, aussi, qu'il faisait un peu trop soleil. T'avais rendez-vous. Des années que ça ne t'est plus vraiment arrivé. Surtout, des années que ça t'a plus travaillé comme ça de l'intérieur. Les cinq heures à tuer ont été longues, terriblement longues. C'est là que t'as compris que c'était important, ce rendez-vous. Brume. Ça va te faire drôle de la revoir maintenant. De jour, dans un lieu public, dans une tenue décente. Pourtant, tu regrettes pas ce qu'il s'est passé l'autre fois. La nuit, et au petit matin aussi. Assis à la table, t'es en avance. Si certains arrivent toujours en retard, toi t'as toujours été là en avance. T'as les mains un peu moites. Alors, on se sent comme un enfant, monsieur l'agent ? Pour patienter avant qu'elle n'arrive, tu poses tes yeux sur l'horloge. Tu surveilles les aiguilles.
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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyLun 28 Avr - 12:59

tu ne sais plus combien de temps il t'a fallu pour te préparer. des heures, ça t'a semblé. des heures aussi sont passées où tu as trépigné. de le voir. de l'embrasser, lui et sa peau d'ivoire. mais t'es nerveuse parce que tu sais pas comment te comporter. tu sors ton portable. t'es en retard. non seulement t'as envie d'être parfaite, mais tes jambes te font des misères. tu dois t'arrêter plusieurs fois en cours de route, pour les dérouiller, pour les malmener et les supplier de te porter vers lui. ton coeur, il bat la chamade. on dirait une adolescente... mais en fin de compte, c'est presque ce que tu es, avec la vingtaine à peine dépassée. quand tu arrives devant l'enseigne, un sourire naît sur tes lippes. et un feu d'artifice éclate dans tes prunelles. dans tes veines. quand tu le vois, ton estomac fait des noeuds. nu, il est magnifique. indécent. incandescent. presque divin. mais habillé... tu tuerais pour balader tes mains sur ses muscles, pour le dévêtir. t'es perdue ; pendue à ses lèvres. « désolée pour le retard. » tu fais la moue. t'as pas envie d'expliquer ton fardeau ; ta condamnation. tu devrais, peut-être. mais pas déjà. la réalité, tu n'en veux pas. pas avec Maevan. pas maintenant. tu t'assois face à lui et la pulpe de tes doigts viennent frôler sa main. « j'espère que tu ne m'as pas attendue trop longtemps. » banalité échangée pour tenter de faire passer ta nervosité. « t'as déjà commandé quelque chose ? » t'as envie d'une clope et tu fais un effort colossal pour ne pas lorgner sur les quelques parcelles de peau qui sont offertes. pour ne pas laisser tes souvenirs de la nuit passée te voiler les yeux et prendre le pas sur la réalité. dans ta petite jupe, avec ton chemisier blanc ouvert, tu fais très working girl. et face à lui, face à ce qu'il dégage, tu te fustiges. tu te flagelles, parce que t'es pas si belle. « les vêtements ne te vont pas si mal. » tu chuchotes avec un sourire espiègle.

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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyLun 28 Avr - 13:26

Elle arrive. En retard, mais peu importe. Les filles sont toujours en retard, parce que les garçons les attendent toujours trop, n'est-ce pas ? Tu la vois de suite. Le chaperon, avec son capucheron roux sur la tête. Elle s'assoit, s'excuse. T'as toujours pas dit un mot, t'es trop occupé à la dévorer des yeux, même si t'essaies d'être discret. C'est trop dur d'être discret, là. Mae, elle est trop belle pour toi. Tu l'avais jamais vue habillée. La dernière fois, t'es parti le premier. C'est le contact de sa peau sur la tienne – une brûlure – qui te ramène sur Terre. Me lâche pas. « ce n'est rien. et je viens d'arriver. » mens-tu avec un léger sourire. Ça passe si bien entre tes lèvres, hein Mae ? Comme tout le reste. Tu mens comme tu respires, mais c'est ça ou mourir. Tu secoues la tête doucement. Elle semble si apprêtée, et toi, tu n'sais même plus si tu t'es coiffé. Tu dois avoir les cheveux en pagaille, sens dessus-dessous. Comme ton cerveau, comme ton coeur. « non, je t'attendais. » Tu appelles la serveuse d'un geste de la main. Elle te lance un sourire appuyé. Mais tu n'as même pas un regard pour elle. « un cappuccino pour moi s'il vous plait. » avant de relever le menton, interrogateur, vers Brume. Tiens, faudra que tu lui demandes pourquoi elle s'appelle comme ça. En fait, tu te rends compte que tu ne sais rien d'elle. Strictement rien. Juste l'odeur de sa peau et le goût de ses lèvres. Et la chaleur de son corps, putain, pense pas à ça, il fait déjà assez chaud comme ça. Son sourire espiègle, ses paroles déjà indécentes, elle va te tuer. Elle aura ta perte, tu le sais ! Tu la fixes, d'un air apparent calme. « toi non plus, mais j'ai le droit d'avouer que je te préfère sans ? » Vous n'pourrez jamais vivre ensemble, n'est-ce pas ? Tu clignes des yeux lentement, avant de passer une main dans tes cheveux noirs. « bon alors, parlons affaire. j'te cache pas que j'ai pas des moyens fanfaronneux. » Putain, tu n'sais même pas ce qu'elle fait dans la vie. Ni son âge. Rien. Et pourtant, déjà, tu la veux.
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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyLun 28 Avr - 16:20

tu l'observes un peu. en fait, t'as peur d'avoir dit une bêtise, quelque chose qu'il ne fallait pas. parce que t'as essayé de détendre l'atmosphère un peu lourde. parce que t'as envie de lui et que ça se voit ; parce que vous êtes un peu gênés, tous les deux, de vous retrouver pour parler appartement avec tout ce que vous avez déjà partagé. votre salive, et bien d'autres choses. tu frissonnes : t'as l'impression de le sentir encore, un peu partout, sur toi. t'es persuadée qu'il te raconte des conneries et qu'il t'a attendue, mais tu relèves pas. ça ne se fait pas. et tu trouves ça franchement mignon qu'il ne veuille pas attiser ta culpabilité. tu te penches au dessus de la table pour replacer une mèche rebelle dans la tignasse désordonnée de Maevan. et rien que de le frôler du bout des doigts, ça te réchauffe toute entière. tu te dépêches de te rasseoir, une main toujours posée sur celle du beau brun. quand la serveuse arrive, tu vois bien la manière dont elle lui sourit. et malgré toi, tu lui lances un regard noir. « deux. » tu murmures presque, sans prêter plus d'attention à la demoiselle, tes prunelles scrutant déjà les moindres traits de ton amant. tu ris en entendant sa réponse et hoches la tête. « on est deux, dans ce cas. » tu te mordilles la lèvre inférieure. la colocation est sans doute une mauvaise idée, vu la tension sexuelle qui règne. mais t'en as tellement envie, brume, de le revoir. souvent. « oh, tout doux. » tu souris. « on a commencé dans le mauvais ordre : peut-être qu'on devrait recommencer à zéro avant de parler appart' ? » tu demandes. mais t'as pas vraiment envie d'aborder le sujet : ça veut dire parler de ta tare. parler de ta vie, un minimum. réouvrir les cicatrices encore fraîches. mais tu commences. « déjà, je m'appelle brume. je suis française... et j'ai vingt-et-un ans. et je n'ai pas beaucoup de moyens non plus, juste quelques économies. je dois me trouver un emploi dans le coin. » t'avoues. tu te mets à nue, et ça te met mal à l'aise. tu préfères être nue, réellement, devant lui plutôt que de lui raconter tes déboires. t'as envie de boire. mais pas du café, du coup. finalement, t'aimerais ravaler tes paroles et juste parler affaires.
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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyLun 28 Avr - 18:23

Toi, tu n'as d'yeux que pour elle. Pour ses yeux en amandes, et ses cheveux enflammés. Pour la porcelaine de sa peau. Alors que la serveuse, elle aille voir ailleurs. Donc elle aussi. Elle te préfère nu. La température grimpe un peu. Putain Mae, ressaisis-toi, elle est là depuis moins d'une minute trente quoi. Avant de parler appart' ? Pourtant, vous êtes là pour ça, non ? Curieux, tu restes silencieux, attendant de voir ce qu'elle appelle « recommencer à zéro » ? Sûrement pas repartir comme la nuit précédente. Mais sa main est toujours sur la tienne, et le contact de sa peau te rappelle de souvenirs acidulés. Elle est française. C'était donc ça l'accent. C'était donc ça l'intonation quand elle murmure son prénom. Elle est française. T'entends, Mae ? Elle est française. Putain. Tu te souviens la première fois qu'elle a dit ton prénom ? Moi, c'est Raphaëlle. Maevan, c'est original. Ouais, c'est original, ça l'était aussi entre ses lèvres. Elle est française. Tu la dévisages lentement. Tu ne montres rien extérieurement, mais elle vient en vérité de lâcher une bombe dans ton coeur. Vingt-et-un ans. Ça fait quand même beaucoup de différence. Et tu repenses, amèrement, à ton alliance. Cachée au fond de ton portefeuille. En fait, y en a deux, dedans. Tu fermes les yeux, brièvement. Reviens doucement. Tu l'écoutes, tu bois ses paroles, essaies de retenir. Vingt-et-un ans. Elle est française, t'entends ? Tu te racles la gorge. Après ce que tu vas dire toi, elle n'voudra plus, n'est-ce pas ? « et moi c'est maevan. je viens de los angeles, j'ai vingt-huit ans, et je suis flic dans la criminelle. » Bam. Sept ans de plus. Un flic. Un loup, qui n'vit que la nuit. Tu détournes le regard. T'es pas aussi bien qu'elle, hein ? Raphaëlle aussi, elle était plus jeune. Tu laisses un drôle de silence s'imposer entre vous. Et puis soudain, tes lèvres se fendent d'un sourire. T'essaies juste de panser la plaie qu'elle a rouverte, sans le vouloir. Son accent, ses origines. Elle est française. Merde. « ah et j'espère que tu n'as rien contre les animaux, parce que j'ai un chien. » Une chienne, plutôt, mais ça faisait un peu vulgaire. Kira. Sans vraiment t'en apercevoir, tu caresses doucement le dos de sa main, en cherchant son regard. Dis, me laisse pas, Brume. Me laisse pas tout seul. N'me dis pas que tu n'veux plus. Que j'suis trop vieux, ou trop aigri. Que j'suis trop ou surtout que j'suis pas assez.
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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyMar 29 Avr - 7:54

t'as l'impression de l'avoir troublé avec les quelques maigres informations te concernant. bien sûr, t'as déjà remarqué qu'il n'était pas très expressif ; ou du moins qu'il n'aimait pas montrer ses troubles, tout ce qui le perturbe. mais là, il y a quelque chose qui passe dans ses yeux et tu le sens que t'aurais dû fermer ta jolie petite bouche. idiote, tu penses pour toi-même. vous êtes là pour parler appartement, et toi, tu t'emballes à vouloir en apprendre davantage sur lui. mais n'est-ce pas mieux avant de vivre ensemble... ? tu ne sais pas. tu ne sais plus. il te chamboule. il fait battre ton coeur. t'es nerveuse. et là, ça tombe. comme une guillotine sur un cou gracile. vingt-huit ans. sept ans d'écart. il ne les fait pas. et au final, tu t'en fiches un peu. « flic dans la criminelle, huh ? alors si je fume autre chose que du tabac, je risque les menottes ? » tu le taquines, en passant la pointe de ta langue sur tes lèvres. tu sais qu'être flic ce n'est pas forcément être sexy, mais sur maevan, ça ne fait qu'ajouter du charme. tu l'imagines en uniforme, tu l'imagines te dominer comme il l'a déjà fait, te mettre des menottes aux poignets. ton corps se réchauffe indéniablement. « les animaux ? non, bien sûr que non. par contre, j'ai deux chats... deux chatons. j'espère qu'ils parviendront à s'entendre. » tu murmures en te mordillant la lèvre inférieure. ce serait dommage que les animaux soient un frein à votre possible colocation. vous n'avez pas échangé beaucoup sur votre vie, mais en apprendre davantage sur lui te plaît. briser un peu ce marbre qui le recouvre de la tête aux pieds. mais vingt-huit ans. t'as peur de pas être à la hauteur. ta nervosité monte crescendo, prête à exploser. « je... j'ai besoin d'une cigarette. tu fumes ? » tu te sens idiote à en faire une tonne juste à cause de la différence d'âge. mais tu peux pas t'empêcher de te demander s'il a trouvé ça bien, la dernière fois. s'il a connu mieux. forcément, qu'il a connu mieux. t'as que vingt-et-un ans. t'es pas du genre à te prendre trop la tête, mais tu paniques un peu : et s'il t'avait trouvé carrément nulle ? s'il n'avait pas apprécié, ton loup... ? tu plonges tes prunelles ambrées dans les siennes, et les battements de ton coeur ralentissent un peu. il est beau. tu pourrais l'admirer pendant des heures.
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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyMar 29 Avr - 9:12

Vingt-huit ans. Ressenti, un siècle. T'as l'impression d'avoir vécu une éternité déjà. D'avoir souffert une éternité, plutôt. Pourtant souviens-toi. De vos bons moments. De celui que t'étais - le jeune homme souriant, qui prenait la vie à contre courant, qui la prenait toujours du bon côté. C'est comme ça que Raphaëlle t'a connu. Comme ça qu'elle t'a aimé. T'es persuadé qu'elle n'aurait pas apprécié rencontrer celui que t'es devenu. « les menottes, ou pire encore. » fais-tu d'un ton confident en te penchant légèrement en avant, le regard aguicheur et sensuel. « mais je suis en vacances, ici, plus ou moins, alors je ne tiendrai compte de rien. » De toute façon, t'es pas flic depuis hier. T'as toujours eu des amis, et ça ne t'a jamais empêché de faire la fête toi aussi. De toute façon, t'es pas un de ceux qui mettent les pv et compagnie. Toi, t'enquêtes. Tu cherches les tueurs en série, pour les arrêter, les décimer, avant qu'ils ne bousillent des vies, comme celui qui a bousillé toute la tienne. Deux chatons ? T'as un sourire amusé et rêveur qui étire tes lèvres. « ils s'entendront. kira est un amour, une petite brute, mais c'est une chienne adorable. » Pourtant tu l'aimes pas, tu t'plais à dire parfois que tu la détestes. Juste parce qu'elle était à Raphaëlle, qu'elle est tout ce qu'elle t'a laissée. Elle semble décontenancée. Vingt-huit ans, c'est à cause de ça, n'est-ce pas ? C'est encore une enfant, tout juste après vingt ans. Elle apprend la vie, elle apprend l'amour. Toi, t'as été déjà marié deux fois. Rien qu'à cette pensée, y a les alliances qui brûlent ta poche arrière, cachées dans ton portefeuille. L'ancienne, et l'actuelle. T'as le coeur qui se transforme en noeud, mais sa question t'aide à y voir plus clair. « oui, sortons un moment. » Quand tu passes près d'elle, tu laisses ta main trainer dans son dos. C'est pas grand chose, mais pour toi c'est comme pour lui dire : tu sais Brume, j'suis pas si vieux. Tu sais Brume, j'suis pas si abîmé, tu sais on peut encore me rattraper, enfin je crois. Tu sais Brume, on peut encore me soigner du cancer qui me ronge de l'intérieur. Dehors, l'air frais agresse ton visage, mais lorsque tes yeux retrouvent ceux de la belle rouquine, tu sens de nouveau cette étrange chaleur t'habiter. Tu sors une clope, lui proposes ton paquet directement. Par politesse ou générosité, on n'saura pas, mais tu le fais. Tu tires dessus une longue fois, avant que tes yeux ne se mettent à fouiller la foule, dehors dans les ruelles. Les rires d'enfants sonnent comme des malédictions à tes oreilles. Thalie aurait eu trois ans. Tu ne remarques pas vraiment son émoi, son manque de confiance en elle. Pour toi, elle n'a pas à angoisser comme ça. D'un point de vue purement sexuel, elle a été le meilleur coup que tu aies pu faire depuis ton arrivée ici, et même depuis ton dernier mariage. Et d'un point de vue humain, elle est bien l'une des seules dont tu te soucis à présent. Dont les mots peuvent te faire chavirer, sans que tu ne comprennes vraiment pourquoi. Tu l'croyais en panne, ton coeur. Achevé. « j'ai toujours aimé paris. » que tu lâches soudain, dans un nuage de fumée, en tournant la tête vers elle. Y a un sourire qui baigne dans la nostalgie sur tes lèvres, mais dont le haut des vagues trempe de magie. « c'est là que tu vivais ? » T'as envie de tout savoir d'elle, et à la fois, cette part de mystère t'attise encore plus.
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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyMar 29 Avr - 16:47

toi t'as pas toute cette expérience. c'est pas que t'as pas confiance... non, c'est surtout que t'as peur de pas être à la hauteur. de le décevoir, qu'en peinture il ne puisse plus te voir. qu'il soit déçu et qu'il ne t'aime plus. bien sûr, pour cela faudrait-il encore qu'il ressente quelque chose pour toi, qui n'a même pas sur la tête un toit. t'es qu'une oie. blanche colombe qui n'a encore jamais déployé ses frêles ailes, tu arrives directement sur le terrain pour expérimenter tes propres chagrins. quand il s'approche de toi pour te mettre dans la confidence, tu déposes un baiser sur ses lèvres, comme un ballet, comme une danse. tu le remercies à ta manière peu dégourdie. tu te doutes qu'il n'est pas de ce genre là, comme beaucoup d'autres de sa trempe, à râler pour de petites infractions comme celles que tu as pu commettre. « je n'en doute pas. je suis certaine qu'ils devraient parvenir à s'entendre. » tu dis avec un sourire énigmatique. ils sont comme toi et lui : tout les oppose, mais avec un peu d'aide, ils sauront se compléter. prendre soin l'un de l'autre. mais vous sortez de cet endroit qui t'oppresse, de cet endroit qui semble continuer de te murmurer « vingt-huit ans. ». qu'est-ce qu'on peut faire en vingt-huit ans et que l'on a pas pu faire avant ? beaucoup de choses. toi t'es encore un bébé : t'as même pas réellement connu l'amour. en sentant sa main trainasser dans ton dos, un frisson te parcourt l'échine. vous évoluez l'un à côté de l'autre, et tu poses ta tête contre son épaule pour lui répondre. je suis pas si nulle. pas si expérimentée. moi aussi je peux t'aimer. laisses moi une chance, je te jure que tu le regretteras pas. c'est ce que veut dire son geste. sa tendresse. je panserai tes blessures. j'avalerai toutes tes brûlures. toutes tes peines. t'acceptes le paquet qu'il te tend et en retire une cigarette. tu le vois, son regard qui se voile en regardant la foule. alors t'essaies de détendre l'atmosphère en demandant, d'une voix aguicheuse : « tu m'allumes ? ». tu devrais peut-être pas dire ça ; mais t'as juste pas envie de le voir, ce chagrin qui a élu domicile au fond de ses prunelles d'ébène. tu rapproches ton visage de lui, la clope au bec. et tu manques de la laisser tomber sous la surprise de ce qu'il balance. il est américain, il t'a dit. mais il a déjà été à Paris ? ça t'étonne. t'as envie de le bombarder de questions, de lui demander ce qu'il y a fait, ce qu'il a aimé là-bas, qui il a aimé. tu tournes la tête de droite à gauche en replaçant le tube de nicotine entre tes lippes. « pas exactement. dans la banlieue, autour. mais j'y ai fait - commencé, en fait - mes études. » tu réponds simplement. ta langue est en feu, tant elle meurt d'envie de poser les questions interdites. mais tu tiens plus. « je suppose que t'y es déjà allé alors... ? » tu l'interroges, autant de par ta voix que de par ton regard. tu l'imagines facilement habillé à la mode parisienne. tu l'imagines bien au bras d'une française, d'une belle blonde aux yeux bleus. avec des enfants. tu sais pas pourquoi, et ça te chamboule. alors tu préfères changer de sujet : « j'espère que la serveuse ne va pas penser qu'on s'est barrés. » tu souris, mais il ne se réverbère par dans tes prunelles. restes avec moi. entoures-moi de tes bras. ne m'abandonnes pas. je ferais tout pour toi.
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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyVen 2 Mai - 12:14

Elle ne sait pas. Qu'elle n'pourrait pas te décevoir, parce que t'as encore jamais rencontré quelqu'un comme elle. Elle ne sait pas, non. Et toi, tu n'vas pas lui dire. Tu t'approches, la mets en confiance, en confidence. Elle, elle te met en providence. Elle vient, t'embrasse, se penche. T'es tellement surpris que tu gardes les yeux grands ouverts. Ça ne te déplait pas. Tu t'y attendais juste pas. En guise de réaction, tu baisses doucement les yeux, souriant un peu, comme un enfant timide. Dehors, ça t'aère le cerveau. Tu tires sur ta clope comme si ça allait faire quitter la fumée à ton esprit. T'as soudainement envie de la prendre dans tes bras. Elle est belle, vous savez ? Sa question t'arrache un léger rire. Tes yeux, soudain brillant de malice, cherchent les siens comme un navire cherche son port. « c'est déjà fait, non ? » C'est pas par prétention que tu dis ça. Au contraire, en fait. Un bon moment de voir si c'est vrai ou pas, de voir si tu peux être rassuré. C'est le manque de confiance en toi qui te fait agir ainsi, toujours. Les gens prennent trop souvent ça pour ce que ça n'est pas. Ah, Paris. Rien à voir avec Los Angeles. Mais t'avais des étoiles à la place des iris, ce séjour-là. Le premier. Parce qu'y en a eu d'autres, vous savez. Mais le premier week-end, tu t'en souviens comme jamais. Tu sortais d'un taxi, quand tu l'as percutée. Elle t'a dit de faire attention, tu l'as traitée de salope – une des seules insultes que tu connaissais en français – et ça lui a suffit pour te demander de t'expliquer, là, en pleine rue. Elle a croisé les bras, a remis une mèche de cheveux derrière son oreille, et ses yeux bleus t'ont foudroyé comme un orage des cieux en colère. C'est à ce moment-là que t'es tombé amoureux d'elle. Tombé, à ses pieds, à son coeur. Tombé, toujours plus bas. « oui, quelques fois. » Après, tu l'avais convaincu. Retourne avec moi dans la cité des anges, on y aura une belle vie. Je t'aime, tu sais, je veux un enfant. T'as du mal à t'extirper de tes souvenirs, mais tu regardes toujours Brume. « pourquoi as-tu arrêté tes études ? » que tu lui demandes doucement, pour changer de sujet, même si tu sais qu'elle y reviendra. T'es resté évasif. C'est là-bas que t'as rencontré ta femme – enfin, la première, mais pour toi, la seule. Elle semble plus fragile soudain. Tu lui donnerai presque dix-sept ans, avec son air inquiet au fond des lunes, comme deux satellites en pesanteur autour de toi. Le poids de l'âge de tombe dessus comme une enclume. T'as l'impression d'être à la retraite. À la retraite des sentiments, ton coeur est déjà en fauteuil roulant depuis longtemps. « c'est pas important. au pire, on recommandera. tant qu'on reste ensemble. » Tu l'as vraiment dit ? T'affiches une bouche en rond, des yeux un peu surpris eux-mêmes. Elle te fait dire les choses que tu n'sais plus dire. Elle t'apprend, de nouveau. Comment est-ce qu'on vit. Tu finis ta clope doucement, l'écrases du talon, comme t'écrases tous les jours tes démons. Mais eux, ils sont plus tenaces. Comme l'odeur de clope qui ne quitte pas un vêtement, ils s'agrippent, ne quittent plus ta peau. Tu lui tends la main. Cherches son regard. « tu viens ? » J'te laisserai pas.
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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyMer 7 Mai - 7:06

t'as l'impression que de parler de la vie privée, ça change tout. maevan perd cette aura de mystère qui l'entoure, alors même que t'as à peine commencé à y glisser les doigts de ta curiosité. t'as l'impression que y'a plus rien qui sera comme avant. et tu sais pas si c'est bien. t'as envie de le connaître, parce qu'il te fait chavirer. parce qu'il te fait oublier. tes défauts, tes démons, tes tares. tes larmes. ton passé. il te fait tout oublier pour devenir le centre de ton univers, le centre de ton attention. mais tu ne le connais pas ; à peine. comment pourrait-il avoir une telle importance ? tu t'attaches vite brume. trop vite sans doute. t'as peur de te donner, plus que t'as déjà donné la nuit où vous vous êtes liés et le matin aussi. parce que t'as déjà souffert d'une non-réciprocité, toi, le brouillard, l'insaisissable. tu t'es déjà laissée attrapée, et des goûtelettes rougeâtres se sont mêlées à la grisaille. t'as plus envie de vivre ça. mais c'est pas en aimant qu'on est le plus heureux ? n'est-ce pas en souffrant que l'on se sait vivant ? peut-être. mais toi t'aimerais arrêter de souffrir. t'es hideuse : tu sais garder personne autour de toi. et ça te noue la gorge ; ça te noue l'estomac. t'as envie de gueuler : maevan, restes avec moi. maevan, m'abandonnes pas. je ferai tout ce que tu voudras pour n'obtenir qu'un seul regard de ta part. j'ai besoin de toi. à mes côtés, dans ma vie. je suis qu'une gamine, qu'une idiote. j'ai rien vécu encore. mais je veux vivre avec toi. sauf que ta bouche reste close. vous avez échangés que quelques mots : ce serait étrange de balancer toutes tes pensées. c'est sa question qui te fait revenir à la réalité. un sourire incroyablement triste - le plus triste qu'il ait dû voir de ta part - vient habiller tes lèvres carmins. « à cause de mes jambes. j'aurais pu continuer... mais je ne supportais plus leur regard sur moi. leur pitié. à tous. » tu lâches avant de détourner le regard. t'oublies pas le sujet de paris et de maevan, non. mais t'as le sentiment qu'il y a un temps pour tout, et ton temps pour le questionner à ce sujet est révolu. essoufflé. tu inspires un grand coup pour oublier la pierre de désolation qui vient peser sur ton organe vital. t'as pas le droit, brume, d'être triste avec lui. avec tout le monde... mais pas maevan. pas cet être à la fois si doux et si sauvage. pas cet être qui t'a embrassé avec tant de douceur. qui t'a embrassé avec tant de ferveur. tu fronces les sourcils et te retourne vers ton rencard en entendant ses mots. t'es pas contrariée, non. simplement surprise. ça fait exploser quelque chose dans ton coeur ; comme une boule de joie. une boule de bonheur. lui aussi, il veut rester à tes côtés. tu l'imagines pas dire des choses comme ça, alors ça te touche encore plus. tes doigts viennent frôler les siens pour s'y mêler finalement. c'est qu'un petit geste, mais s'il ne l'esquive pas, ça signifiera beaucoup. entre outre que votre colocation ne se cantonnera pas qu'à échanger quelques banalités le matin et le soir. tu vois dans ses yeux les promesses implicites qu'il formule, alors t'hoches la tête et t'avances pour retourner dans le café. tu te rassois à la première table qui vient, et jette un regard à l'envolée à la serveuse. mais tu la hais déjà, cette table qu'il y a entre vous : elle prend trop de place. t'as juste envie de te serrer contre lui, de respirer l'odeur qu'il dégage. son odeur à lui, mêlée au parfum. « on devrait peut-être commencer à parler appart' ? » tu demandes avec un petit sourire. mais dans tes yeux, rien d'autre ne brûle et ne se consume que ton envie de lui, de sa présence partout où t'iras. t'as juste envie d'envoyer balader ton passé et de recommencer une nouvelle vie à banff, avec lui. avec ce policier qui a, semble-t-il, menotté ton coeur à sa vie, à sa destinée.

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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyMer 7 Mai - 19:47

Tu ne sais pas vraiment ce qu'il se passe. Mais ça fait bien longtemps que ton coeur n'a plus couru aussi vite. Un vrai marathon, vous l'entendrez ! Il te fait tout oublier, à galoper comme un dératé. Même les bruits, autour. Et ceux qu'y a dans ta tête, qui passent en boucle. Les je t'aime Maevan et les coups de feu. Les éclairs blancs sous tes paupières de crépuscule. Tout. T'entends plus rien. Juste ton coeur, et le sien. Mais soudain, un sourire aussi triste que la plus malheureuse aventure vient orner ses lèvres. C'est même pas un sourire, on dirait une catastrophe en direct. Tes traits s'affaissent : qu'est-ce que t'as encore fait ? Ou dit ? Tu ne sais pas. Tu restes bête, incapable de réagir, incapable de réparer. Ses mots te laissent perplexe, pour ne pas dire complètement muet. T'as envie de la questionner. Sur ses jambes, sur tout ça, sur ce qu'ils disaient, d'lui dire que tu vas aller leur faire la tête au carré, comme à la cour de récré. Mais tu dis rien. Son désarroi a causé le tien, et ta langue est dure comme du ciment. Alors, tu laisses un drôle de silence s'installer entre vous, le voyeur. C'est pas encore le moment de lui demander tout ça. T'es pas prêt. T'inspires à fond, lâches un truc que t'aurais pas dû – reste avec moi, Brume, ça veut dire – mais t'arrives même pas à le regretter, en fait. Parce que c'est vrai. Parce que tu n'veux pas qu'elle te laisse, pas déjà. Jamais. Ses doigts frôlent les tiens. T'es pas prêt. Non, tu ne l'es pas et ne le seras sans doute jamais. Y a l'image de Raphaëlle qui se superpose une seconde à la sienne, puis qui s'efface. Il est temps de laisser les fantômes avec les fantômes, Mae. T'es pas prêt. Mais tu l'esquives pas. T'as pas envie de l'éviter. Alors, tu entremêles tes doigts aux siens. Tu les serres. Qu'est-ce que tu fous ? Tu vas les lui briser, un par un. Parce que ça finit toujours comme ça avec toi, Mae. Tu sais pas faire autre chose que casser, que détruire. Tu baisses les yeux au sol pendant le trajet, te laisses guider par elle – encore une fois, comme à un moment, comme à vos ébats. La table, c'est tout un pays entre vous. Tu la regardes comme si tu la voyais pour la première fois. Elle est trop belle pour être là, trop belle pour être si près de toi. Appartement ? « oui, tu as raison. » Non, elle n'a pas raison, et toi tu fonces dans le mur, putain. Tu fous quoi, là ? T'as oublié ? Que t'étais pas là définitivement, que t'étais là de passage, que t'avais pas le droit de poser des chaines autour des gens ici ? T'as oublié, hein Mae, mais ton alliance elle, cachée, n'a pas oublié que quelqu'un t'attend à la maison. Tu chasses ça. Encore. « je suis pas très exigeant, j'demande pas un cinq pièces. une chambre et assez d'espace pour kira et tes chats, et ça me va. pourquoi pas un petit rez de jardin du coup, pour les bêtes. » Tu réfléchis, mais en vrai t'es à plein d'endroits à la fois. T'es à Paris avec Raphaëlle, t'es à Los Angeles avec Nora, et surtout putain, t'es là. T'es là avec Brume. Tu passes une main dans tes cheveux. Ça t'aide à réfléchir. C'est pas vrai, en fait. « j'ai des contacts avec une agence... » C'est pas vrai non plus, ça. « ... peut-être que je pourrais les appeler, qu'on peut commencer à faire quelques visites genre... demain ? » C'est pour la revoir le plus vite possible, alors c'est un mensonge pour un bien, non ? Mais demain, c'est encore trop loin. Tu te penches. Comme elle tout à l'heure, et t'as encore envie de l'embrasser. De la toucher, de l'avoir près de toi. Mais tu te penches juste, et c'est tellement indécent que t'as le coeur qui s'effrite. « tu fais quelque chose ce soir ? » Ce soir, c'est déjà plus près que demain.
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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyVen 16 Mai - 6:45

tu sais plus vraiment où t'en es, brume, t'es perdue dans les limbes embuées de tes pensées. tu humes les effluves qui te passent par les narines, essayant de te raccrocher à la réalité. mais tes souvenirs s'amoncèlent à la surface, t'aveuglant. ils viennent au premier plan. ils effacent tout le reste : tout ce qui est important. tu vois ta famille, leur pitié, leur amour aussi. mais le pire, c'est la déception qui prend place et qui s'incruste dans leurs prunelles. comme la mort qui les prendrait un par un, elle s'insinue en eux, créant des querelles. tu peux pas supporter, toi, d'être dévisagée aussi. tu demandes pas grand chose : juste du soutien parmi les tiens. mais non, ils sont désolés, ils veulent tout faire à ta place. et les vertes prairies perdent de leur belle couleur, passant de l'émeraude au vert d'eau puis tout doucement aux cendres. tu tournes la tête de droite à gauche : c'est passé, tu ne veux plus y penser. il n'y a que mae. ses yeux qui te scrutent, ses doigts qui se mêlent aux tiens, ses lèvres que t'aimerais sentir sur ta bouche vermeille. sa paluche recouvre la tienne, la serre. ça te fait crisser un peu des dents lorsqu'une salve de douleur s’immisce jusqu'à ton crâne. ça fait mal. mais tu dis rien, t'as l'impression qu'il en a besoin. et puis tu repenses à ses baisers, ceux qu'il t'a donné. a leur violence, leur sauvagerie. et combien t'étais bien avec lui dans ce lit. alors tu lui pardonnes : t'oublies. t'as un poids sur le coeur, quand même, de le voir la tête baissée. t'as peur qu'à cause de toi, ses souvenirs soient ressassés. t'as pas envie de le blesser. mais ici, avec lui, t'envisages une vie à deux. t'envisages de rester. et tu sais pas si c'est une bonne idée, parmi eux. puis tu sens que mae, il n'a pas l'esprit libéré. et ça te bouffe, ça te ronge, comme de l'acide dans lequel tu plonges. mais quand il prend la parole, tu tiltes. et tes joues deviennent plus rouges qu'un poivron, qu'une pivoine, qu'un piment. c'est dément. « une... tu veux dire... une seule chambre ? pour toi et moi ? » tu te sens idiote. ça se trouve, il veut dire une seule chambre pour lui. tout seul. tu te reprends. « oui, un jardin ! enfin, je ne serais pas contre un cinq pièces. mais le prix me déplairait sans doute. » tu fais la moue, plisse les lèvres en imaginant le nombre de chiffres alignés. et t'entends sa voix, dans les tréfonds de tes pensées, comme une mélodie. un hymne. et là encore, tu t'arrêtes sur un mot. demain. t'essaies de te concentrer pour te souvenir de ce qu'il a dit avant. « demain ? oui, demain. c'est parfait, demain. demain, c'est bien. » tu murmures alors que ton coeur s'emballe. demain. c'est un mot magique en cet instant. il veut te revoir ; encore. t'avais peur d'avoir dit le mot de trop, mais c'est apparemment pas le cas. t'es libérée d'un poids. il se penche, et tu défailles : ton coeur quitte ses rails. tu crois qu'il va t'embrasser, te toucher. tu t'avances aussi, machinalement, sans réfléchir outre mesure. il te tenait la main il y a encore quelques minutes, mais pour toi, c'est déjà loin. tu hoches la tête simplement, tes iris passant de ses prunelles irisées et mouchetées d'or à ses lèvres. ta main bat la mesure de ta nervosité, mais tu refuses de faire le premier pas : tu lui as déjà montré bien trop ton intérêt. toutes les femmes savent qu'il faut savoir se faire désirer. « j'ai un secret à t'avouer. » un sourire mutin vient habiller tes lippes carmins. « même si j'avais quelque chose de prévu ce soir, ce qui n'est pas le cas, je me libérerais pour toi. » tu déclares avec un clin d'oeil de confidence. il est encore trop loin, mae, inatteignable alors même qu'il n'est qu'à quelques maigres mètres. tu veux instaurer de la légèreté, être sa bouée.
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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptySam 17 Mai - 4:35

Un jour, tu lui demanderas. Pourquoi. Et ces jambes, qu'est-ce qu'il y a. Mais là, t'oses pas. De peur de la blesser. De peur de te blesser, aussi. Ton souffle est difficile à extirper, même tes poumons sont tombés sous le charme de la rouquine. Elle relève l'histoire de la chambre. Toi, t'avais même pas fait attention. Comme si c'était normal. Comme si c'était banal. Comme si ça faisait longtemps, elle et toi. Ça t'arrache un sourire légèrement amusé, et tes yeux se mettent à briller d'une malice taquine. « enfin, si tu veux plus d'intimité, on peut chercher là où il y en a deux. » fais-tu avec un léger clin d'oeil. Mais rien que l'idée d'être séparée d'elle par un mur fait dresser les poils de ton avant-bras. Quelle torture ça serait pour toi. Un cinq pièces ? Tu la considères un instant, les yeux écarquillés. Elle est encore jeune. Une enfant, au fond. Sans doute n'a-t-elle jamais encore vraiment cherché de logement pour elle. Sans doute ne connait-elle pas vraiment comment ça marche. Sans moquerie, tu te penches vers elle avec un froncement de nez amusé. « cinq pièces ? donc tu nous vois déjà avec deux enfants et tout ? » Tu hausses un sourcil, avant de lâcher un léger rire. Pourtant, y a quelque chose dans ta voix qui témoigne d'une douleur ancienne. Absorbée, absorbante. Tu te cales dans ta chaise. « en immobilier, le nombre de pièces c'est : le nombre de chambres plus le salon. donc dans notre cas, un trois pièces suffira, s'il nous faut deux chambres. et le prix sera rudement moins élevé qu'un cinq pièces ! » souffles-tu doucement. Un enfant. Deux enfants. Tu tressailles. Qu'est-ce qu'il t'a pris de parler de ça ? On dirait presque une proposition. Bonjour, on s'connait à peine, mais on fait un enfant ? N'importe quoi, Mae. Sur le ton de la rigolade, t'espère que c'est comme ça qu'elle l'a pris, oui. Tu observes son visage, le détailles, comme si tu voulais le dessiner de mémoire ce soir. Non, ce soir t'as plutôt envie de le toucher vraiment, et pas sur une feuille ni dans ta mémoire. Elle te rend fou. À l'intérieur, c'est Bagdad. Elle semble partante pour demain. C'est parfait. Tu hoches la tête. Toujours cette apparence si neutre. Pourtant à l'intérieur, Bagdad a cédé la place à un feu d'artifice digne de celui du 14 juillet aux pieds de la Tour Eiffel. Elle veut te revoir, elle aussi. Ça te semble tellement invraisemblable. Tu veux écouter son secret. Avec attention. Mais là, t'as surtout envie de l'embrasser. C'est horrible comme tentation. Alors pour l'instant, t'attrape juste sa main sur la table, et t'y entrelaces vos doigts, en la fixant toujours. Comme pour lui dire, vas-y Brume, vas-y je t'écoute. Raconte-moi tes secrets les plus profonds, vas-y, parle-moi. Et toi tes secrets, Mae, hein ? Enfouis. Enterrés. Ses mots, malgré-toi, t'arrachent un sourire spontané. Un de ces sourires qu'on contrôle pas. Qui sortent comme le flash d'un appareil photo ou d'un éclair. Un sourire tellement sincère qu'il en est rare, éphémère, surtout sur tes lèvres à toi. Mais il est bien là. C'est sans doute le plus beau sourire que t'as pu lui offrir dans toutes vos rencontres. Parce qu'il est vrai. Pas préparé. Il disparait un peu, mais il a existé, n'est-ce pas le principal ? Tu te penches encore plus. La table fait office de barrage – une vraie muraille de Chine – mais tu parviens à laisser tes lèvres effleurer les siennes dans une caresse plus qu'interdite. « tu m'en vois ravi.. alors peut-être qu'on pourrait sortir tous les deux, ce soir. » Ce n'est pas une question. Elle a dit oui. Implicitement, elle a dit qu'elle était d'accord, qu'elle serait là. Tes lèvres franchissent enfin la barrière invisible pour se déposer sur les siennes avec une douceur amenée par la distance. Tu serres ses doigts en même temps que ton coeur s'emballe. Explose. Et si elle te demande ? Et si elle te dit : écoute Mae, ça veut dire quoi alors ? On est ensemble ? Toi, qu'est-ce que tu vas lui dire, Mae ? Qu'en fait, t'es trop bousillé pour elle, que t'es pas assez bien, que t'en as envie pourtant, que t'es torturé, que t'es marié ? T'essaies de repousser la vague de culpabilité loin, très loin, au fond de toi, pour savourer votre baiser, que tu fais durer encore et encore. Comme celui de deux adolescents en manque d'amour, tout simplement. Sauf que mec, t'es plus un adolescent. Marié, un chien, vingt-huit ans. Et là, à des milliers de kilomètres de chez toi, avec le coeur d'un enfant qui bat dans ta poitrine, pour un être qui ne peut que se révéler être un ange.
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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyMar 20 Mai - 10:16

le café, il existe pas vraiment à tes yeux émerveillés par sa beauté, par son charisme, par sa présence. sa puissance. vous êtes partout et nulle part à la fois : tant qu'il est là, le monde est beau, le monde est ensoleillé. il repousse la grisaille au loin, et tu repenses aux messages échangés sur ton mur. paris, à deux. paris, en amoureux. ça te fait rougir. puis il te fait rire. et ça te met un peu mal à l'aise alors tu bafouilles, confuse : « et toi, maevan, qu'est-ce que tu veux ? » tu trouves même assez de courage pour ajouter, d'une voix traînante et provocante : « il ne vaudrait mieux pas pour toi que l'on dorme dans la même pièce. me résister ? t'en as été incapable deux fois de suite. » tu souris. t'as l'air arrogante mais t'en es rien et t'espères qu'il le sait. en réalité, t'es surtout persuadée que c'est toi qui ne parviendrais pas à te tenir si vous partagiez, chaque soir, le même lit. enfin, ce qui est sûr, c'est que tu ne connais rien au fonctionnement des appartements. au nombre de pièces nécessaires. t'as toujours vécu seulement chez papa et maman, et ici à banff, tu flânes et passe la nuit au petit bonheur la chance. tu te crispes légèrement lorsqu'il mentionne les enfants. mais tu vois bien dans sa façon de te regarder, dans sa façon de parler, qu'il plaisante et même qu'une partie de lui souffre de cette blague. tu hoches la tête, sans répondre à sa proposition. « alors le nombre de pièces - deux ou trois - dépendra de ta capacité à dormir à mes côtés sans me déshabiller. » tu rétorques, taquine, voulant chasser la douleur que tu as perçu dans sa voix. tu le vois. sa main se mêle à la tienne, ne faisant plus qu'une. c'est grisant comme sensation. t'aimes toujours d'avoir un contact, un pont qui vous relie. c'est comme un besoin. le toucher, c'est ta drogue. le sentir aussi. le sourire dont il te gratifie fait manquer un battement à ton coeur malmené. à ton coeur qui découvre ce que c'est d'aimer. et heureusement qu'il se penche pour t'embrasser aussi doucement que le feraient des ailes de papillons, parce que tu l'aurais fait sinon. son sourire, il t'a touché jusqu'au plus profond de ton âme. il t'a bouleversé, dévastée. alors tu prolonges un peu le baiser, l'intensifie légèrement. puis tu te laisses retomber mollement sur ta chaise, vidée de toute énergie, vidée à cause de ce bonheur dans tes veines qui t’aliène. tu hoches vivement la tête comme pour lui dire, oui maevan, oui je te suivrai. partout s'il le faut, ce soir, demain et après-demain aussi. aussi longtemps que tu voudras de moi, je serai là. même si ça doit me faire mal, même si un jour tu m'abandonneras, avant ça, je serai ta poupée. je serai qui tu voudras. et il t'embrasse encore, vraiment. ses doigts se resserrent autour des tiens, et tu soupires de contentement. t'as pas envie d'en être séparé. peu importe toutes les conneries que t'as pu faire, peu importe que t'es pas censée rester. t'es malade, tes jours sont sans doute comptés alors autant en profiter. de ce que la vie, aujourd'hui, te donne de bien. parce qu'elle t'aime pas trop d'habitude, elle te préfère aussi brisée qu'un miroir sur le sol, fracassé, aussi fanée qu'une rose qui manquerait de lumière et d'eau et qui se flétrit. mae, c'est la colle pour ce miroir que t'es. c'est tout ce qu'il manque à la rose pour se raviver. il est celui dont t'as besoin. même si tu l'oublies pas, lui aussi. ton coeur se contracte sous la douleur. un choix devra être fait un jour ou l'autre. tu peux pas rester aussi inconsciente. mais là, tu peux juste pas. alors tu te recules un peu et avec un sourire tu demandes : « alors, on va ailleurs ? manger, peut-être ? je ne sais même pas quelle heure il est. » tu glousses. t'as l'impression qu'à chaque fois que tu le vois, maevan, une nouvelle page se tourne. peut-être qu'à force de rencontres, vous y arriverez, à écrire un bouquin. mais ça signifiera que tu l'auras fait, ton choix. t'ignores tout de lui. t'ignores tout du soleil aussi. côme et maevan, deux faces d'une même pièce. le soleil et la lune. deux inconnus pour qui t'es déjà perdue. tu repousses tes pensées au loin, te concentrant sur le beau brun.
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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyMar 20 Mai - 13:41

« philomène, t'en dis quoi ? » - « c'est un peu trop compliqué, y a pas un autre prénom que t'aimes bien ? » elle a réfléchit pendant quelques secondes. ce qu'elle était belle dans ces moments-là. perdue quelque part entre le tout et le rien. « thalie ? » j'ai posé les mains sur son ventre. on sentait déjà, un peu. quoi, je ne sais pas, mais on sentait. « j'ai hâte de te rencontrer, thalie. » (...) « non, vous ne pouvez pas, vous n'avez pas le droit ! » ils m'ont retenu comme si je n'étais qu'une brindille. en même temps, ils étaient cinq. mais cinq contre moi et toute ma peine colérique, c'était presque pas assez. « monsieur, il faut qu'on essaie de sauver le bébé, d'accord ? il n'y a plus rien à faire pour elle, mais peut-être que pour le foetus on peut... » j'ai arrêté de me débattre. tout court. tout le restant de mon existence. c'est à ce moment-là que j'ai choisi d'arrêter de me battre.

Sa question te fait presque sauter. Qu'est-ce que je veux ? T'en sais rien. Foutrement rien. Tu veux la retrouver, elle. Mais c'est pas possible. A moins de ne retourner ton arme de service contre toi. T'y as déjà songé. Mettre le canon dans ta bouche. Ou contre ta tempe. Ou directement au milieu des deux yeux. Mais t'as jamais eu le cran d'appuyer. Même pour ça, t'es trop lâche. T'es qu'un raté. Mais elle reprend la conversation sur un ton provocateur. La provocation. Le déguisement idéal. Tu te penches, lui lances un regard sulfureux. « et comme on dit, jamais deux sans trois. j'ai jamais dit que je te résisterai. » affirmes-tu très calmement. À l'entendre, tu ne penses qu'à ça. Tu n'peux pas vraiment t'empêcher d'en rire, et lances alors, d'un ton taquin et bon enfant : « brume, je n'suis pas un animal quand même ! » Mais si, Mae. Un loup. Ou même pas, en fait. Un sale bâtard. Trop sauvage pour t'intégrer parmi les chiens. Trop lâche pour trouver une place dans une vraie meute. Un espèce d'hybride, une créature entre le « mal » et le « inexistant ». Quelque chose d'unique. D'unique et d'à part. Vos baisers réveillent pourtant un animal que tu ne connaissais pas. Un truc qui bat – encore ! – au fond de toi. Qui fait s'agiter une plaine de papillons dans le paysage de ton estomac. Bordel, ça faisait longtemps. T'as l'impression d'être un adolescent. « on s'en fiche de l'heure qu'il est. » Toi non plus tu ne sais pas. Rien à faire, pour être honnête. T'es encore un peu essoufflé. Par ses lèvres, par ton coeur. « tu m'as dit oui, alors t'es à moi toute la soirée. » Toute la nuit ? Toute la vie ? Mais c'est faux, et tu le sais. Elle aussi, elle s'en ira. Avec un autre, ou alors elle tombera en morceaux, en cendres, en brindilles. « on peut aller dans un bon restaurant, si tu veux. le seul problème, c'est que je n'en connais encore aucun de vraiment bon, ici. alors choisis. » que tu lui proposes, en te levant, avant de lui tendre la main. T'as déjà hâte de serrer ses doigts entre les tiens. Tu sais même pas si elle voudra bien. Elle semble si fragile à tes côtés, si jeune. Elle a forcément quelqu'un d'autre en vue. Quelqu'un de plus posé, quelqu'un de plus beau, quelqu'un de plus gentil. Quelqu'un de jeune, qui a encore toute la vie devant lui. Quelqu'un qui saura la rassurer quand elle aura peur. Quelqu'un de poétique, qui parle avec des chansons à la place des mots. Toi, tu sais pas faire ça. T'as jamais su le faire. Tes iris de lune s'attardent sur elle. Comme trop souvent dès qu'elle est là. Mais qui pourrait t'en blâmer ? Dehors, l'air te ramène un peu sur terre. Pourtant, t'as toujours les prunelles sur elle. La ville n'existe plus. Y a plus personne, là, y a que Brume et toi. Toi, vraiment toi, pas le fantôme que tu traines depuis des mois. Toi, le Maevan que Raphaëlle a croisé, un soir dans Paris où elle était en danger. Le soir où t'es devenu son tout. Son héros. Et en parallèle, son plus séduisant assassin.
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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyVen 23 Mai - 12:17

il y a toujours un moment où tu es dedans et dehors. dans la pièce, et à l'extérieur. où tu penses être dans la tête de maevan, le comprendre à merveille, et où tu te rends compte ensuite que tu ne partages rien de sa vie encore. tu vois bien dans ses yeux le voile des souvenirs, le voile d'un passé à abolir mais malheureusement encore trop présent. toi tu peux juste voir ça, pas ce que lui crée devant ses rétines plongées dans le vide. pas ces filaments d'antan qui se tissent et se délient pour faire apparaître ou avaler des évènements remémorés. toi aussi t'as des souvenirs, brume. toi aussi y'a des moments où ils s'insufflent, s'imposent. t'imploses. ils s'affairent tous autour de toi. un accident. "ça ne devrait pas se passer comme ça ! mon bébé !" hurle ta mère. des médecins te touchent, t'examinent. des scanners, des irm. "atteinte d'une sclérose en plaques". ça tombe comme une guillotine sur ton cou gracile. "c'est-à-dire ?" tu demandes. une paralysie qui prendra peut-être plusieurs jours, peut-être plusieurs années à devenir plus générale et à s'étendre. un traitement. mais la condamnation d'un fauteuil ou de béquilles à vie au final. tu te mords la lèvre inférieure, presque jusqu'au sang. ton coeur se tape un sprint, les larmes te montent aux yeux. tu inspires une grosse goulée d'air afin de te calmer. jamais plus tu n'auras de liberté. courir sur la plage, les orteils dans le sable ; courir sur l'herbe fraîche du matin. courir tout court. heureusement, le ton de la conversation est plutôt joyeux et enjoué, et tu arrives à repousser la dépression sous-jacente à ta maladie dans un recoin de ton cerveau. « je sais, je te taquine ! » tu souris faiblement, le coeur encore au bord des lèvres, encore sans dessus-dessous. « cela dit, tu me fais penser à un loup. comme je te l'avais dit par texto, d'ailleurs. » un sourire plus large. tu te souviens des messages échangés, et ton coeur de palpiter. tu rougis quasiment instantanément, les poils de tes bras se hérissant de plaisir sous sa déclaration. toute la soirée... ça sonne bien, t'as envie de murmurer. mais tu dis rien, t’acquiesces simplement. un bon restaurant il te propose ensuite... et ça te rempli de joie. un café, ce n'est pas vraiment un rencard. par contre, un resto... ça fait tout de suite plus officiel. comme si vous alliez un jour partager quelque chose de plus profond. comme si dans l'assiette, un jour, les crevettes allaient se coucher sur un lit d'amour. il te tend la main et tu l'acceptes avec un sourire pur et franc, un de ceux que tu ne réserves qu'aux personnes d'exception. un sourire vrai, un sourire frais. un sourire de bonheur. sauf que tu sais pas pourquoi, tu le sens le brouillard qui s'insinue au dessus de vous et qui tente de percer entre vous. t'as du mal à imaginer que maevan puisse se contenter de toi, l'empoisonnée, l'infirme à venir, la malade. celle dont le sang n'est plus rouge mais aussi noir que la mort qui serpente déjà dans tes veines. maevan, il est tellement parfait ; tellement séduisant. tu lui proposerais tout ; lui donnerais tout. toi, ton coeur, ton âme. mais t'as peur : peur que ça ne dure pas à cause de la Faucheuse. ou à cause de ton charme inexistant ; de ton inexpérience. il pourrait avoir tellement mieux... les demandes ne doivent pas manquer qui plus est. voilà que les doutes t'assaillent à nouveau. tu te mordilles la lèvre inférieure et le guide à travers les ruelles à la recherche du restaurant idéal. toi non plus tu ne connais rien alors tu laisses vos pas vous guider. tu demandes cependant : « je ne me souviens plus si tu me l'as déjà dit : ça fait longtemps que tu es ici ? » tu le regardes, admire son profil. t'as envie de lui embrasser les joues, le menton, le nez, le front. d'embrasser chaque parcelle de peau qui est visible... et toute celle qui se cache aussi. il te rend dingue, dingue de désir et dingue d'amour. alors tu t'arrêtes, tu noues tes bras autour de sa nuque et tu te colles à lui pour l'embrasser. comme pour t'excuser d'être là, comme pour t'excuser d'être née. à la recherche du pardon pour les crimes que t'as pas encore commis et ceux dont t'es l'auteure - des crimes mineurs mais qui n'en sont pas moins des crimes. envers toi, surtout. tu repenses aux cicatrices qui zèbrent le haut de tes bras. foutue sclérose, foutue coup de blues qui t'envoie sur les roses. désolée maevan de ne pouvoir faire disparaître ta douleur. désolée de ne pas être à la hauteur.
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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyVen 23 Mai - 14:06

Mais toi, tu n'te doutes pas. Ben non, voyons, pourquoi hein ? Te douter qu'elle a peut-être vécu des choses qu'elle aurait préféré éviter. Bien sûr que t'es conscient qu'on a tous nos petits malheurs. Mais tu n'sais pas que le sien n'est pas simplement petit. Qu'il bouffe sa vie. Un loup, qu'elle te dit. Tu esquisses un léger sourire. Ça t'a toujours collé à la peau, l'image du loup. Le Grand Méchant Loup. Tu ne la contredis pas. C'est pas la première fois que t'entends ça. Tu te penches vers elle, mimant un air grave, avec une voix forte et basse pourtant : « tu es mon petit chaperon, alors ? » fais-tu avec un clin d'oeil. Dieu sait que l'histoire n'est pas respectée. Dans le conte, c'est pas vraiment comme si le loup s'amourachait de sa proie, n'est-ce pas ? Le souvenir de vos sms te fait sourire de plus belle, intérieurement surtout. Puis les messages échangés sur banff.com. Toutes ces prévisions, ces promesses, ces paroles que tu penses vraiment. Aller à Paris, avec elle. Revisiter la ville de tes cauchemars, quand elle était encore celle d'un rêve abandonné et unique. Oui, t'aimerais vraiment. Les rues vous engloutissent, mais tu ne t'en occupes même pas, t'es absorbé par elle. Tu serres ses doigts entre les tiens, comme pour lui dire : j'te protègerai, Brume, personne n'aura le droit de te faire du mal, j'te le promets. J'laisserai personne se mettre en travers de ton chemin. Ni entre toi et moi. Sa question te ramène doucement à la réalité, si paisible pourtant. Ça te change, cette quiétude intérieure, qui tient à l'écart loin les démons et les cauchemars. T'as envie de l'arrêter toutes les dix secondes pour l'embrasser, mais t'oses pas. « bientôt un mois. et toi ? » Ton regard cherche le sien, mais elle s'arrête quelques secondes après. Pour venir se coller contre toi, les bras passés en collier autour de ta nuque. Immédiatement, tes mains viennent dans son dos, pour la garder contre toi. Elle te donne un baiser, et t'oublies tout. La rue, les gens, l'accident. Y a deux ans, hier, même maintenant. Y a plus rien qui compte. T'oublies même de respirer, et t'es obligé de terminer l'étreinte de vos lèvres avec un sourire amusé. Un sourire heureux. Tu la regardes simplement, tu dévores ses traits, puis jettes l'ancre de tes yeux dans les siens. « comment tu fais..? » chuchotes-tu doucement. Sans même préciser plus encore, tu viens embrasser sa joue droite. Lentement. Puis la gauche. Puis son front. Une de tes mains est remontée dans ses cheveux de feu, et tu t'y accroches. Ne pars pas. Tes lèvres poursuivent leur découverte. Le nez. La commissure des lèvres. Le menton. La mâchoire. Ne me laisse pas. Tu fais durer. Tu prends ton temps. Au diable les gens, t'en n'as plus rien à foutre. T'entends même plus les bruits autour, juste ton coeur qui fait comme une caisse de résonance. Et un autre tambour, le sien peut-être ? Ton autre main se plaque dans son dos. La colle encore plus contre toi. L'emprisonne. Tes lèvres finissent l'exploration de son visage, et tu te recules juste un peu pour pouvoir la regarder. Ton front vient s'accoler au sien. Putain, qu'est-ce qu'elle est belle. Elle est trop belle. « parce que.. j'ai plus ressenti un truc pareil depuis... longtemps. » T'as pas peur. Sur le coup là, t'as pas peur de lui balancer ça. Tu veux juste qu'elle le sache. Qu'elle arrête d'avoir des flambeaux de doutes au fond des cavernes de ses iris. Tu veux pas qu'elle ait peur. Et pourtant c'que tu lui dis, c'est vrai. La dernière fois – la seule – que ça t'ait arrivé, un truc pareil, c'était pour Raphaëlle. Mais à part l'accent, elles n'ont rien à voir les deux, physiquement. Psychologiquement, y a comme un lien, pourtant. Cet éclat dans les yeux, qu'on appelle du charme ou de la malice. Tu inspires à fond. Tu respires son parfum. T'as envie de la dévorer. Pourtant, tu plantes de nouveau tes yeux dans les siens. Sans parler. Mais les mots résonnent ailleurs. Me laisse pas. « je pense que celui-ci fera l'affaire. » Le temps file, faut avancer Mae, faut continuer à vivre, faut se tuer à la tâche. Se tuer à vivre. S'il faut mourir, autant vivre à en crever. T'as repris sa main. Mais tu la lâches au bout de quelques rapides secondes. Pour passer, finalement, ton bras par-dessus ses épaules, et l'emmener contre toi de nouveau le temps de faire les pas qui vous séparent d'un établissement qui semble correct. « attends. » fais-tu, juste devant la porte. Ta main attrape doucement le bout de son menton, et tu te penches pour déposer une avalanche de baisers sur ses lèvres, les uns après les autres, comme une pluie de confettis, comme une nuée d'étoiles filantes. « voilà, maintenant on peut y aller. » T'as un sourire malicieux sur les lèvres, et lui ouvres la porte. Le coeur léger, le coeur fou. Ouais, elle te rend vraiment fou. Mais le pire, c'est que t'adores ça.
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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyMer 28 Mai - 15:02

t'as qu'une envie, brume : que tu le humes, en te perdant dans les draps ; dans ses bras. tu sais pas tout sur sa vie ; sur les personnes qu'il a connu ou qu'il continue de connaître. derrière toi... devant. avant... pendant. tu sais rien et tu demeures dans ton univers d'onirisme, d'irréalisme. tu te baignes dedans, t'en imprègne. tu l'estimes acquis, comme une reine lors de son règne. chaque phrase murmurée, chaque tonalité te fait frissonner. de plaisir, de félicité. t'aimes la manière dont il a l'air de te dévorer à chaque regard : comme si t'étais la seule, l'unique. avec lui, tu passes de l'antarctique - ta vie morne, insipide - à l'afrique - exotique, sauvage. ton myocarde s'emballe de manière inégale. « avec ma chevelure de feu, il serait illogique que je ne le sois pas. » tu souris. certes votre histoire ne suit-elle pas le conte, mais l'on peut le voir d'un autre jour : après tout, maevan t'a déjà dévorée, consommée. heureusement, il n'a pas tenté de toucher à ta grand-mère. tu manques de t'étouffer de rire à cette simple évocation mentale. l'image de ta vieille bique chevauchant ton beau brun te dégoûte et est à la fois hilarante, déconnante. et puis, maevan préfère les petites jeunes, comme le témoigne son intérêt pour ta personne. vous échangez des banalités sur le trajet, et franchement ça te soulage. elles s'éloignent, tes inquiétudes, laissant place à de la quiétude. vous apprenez à briser la glace, à vous découvrir sous la surface. « quelques jours à peine. » tu murmures. mais t'as l'impression que tant de choses se sont déjà produites... ta découverte de mae, d'abord. cette nuit que vous avez passé ensemble, cette matinée que vous avez égratigné aussi. d'autres rencontres, un ange rose que jamais plus tu n'as croisé. banff, c'est magique, c'est merveilleux. et t'es heureuse d'avoir prit ton courage à deux mains pour quitter ton cocon familial.

tu l'embrasses comme si c'était la première fois et la dernière. tu l'embrasses comme s'il n'y avait que lui ; comme si il était la lune et les étoiles, la terre que tu foules. comme s'il était tout et qu'il allait disparaître. ou toi, peut-être. sa question te laisse pantoise : tu ne comprends pas ce qu'il veut dire par là. mais la douce caresse de ses baisers te fait hésiter à demander. tu le laisses faire ce qu'il veut de toi, comme un homme avec sa poupée de cire ou la poupée du marionnettiste. lorsqu'une parcelle de sa peau passe à la hauteur de tes lèvres, tu les déposes aussi délicatement que les ailes d'un papillon la frôlerait. on ressent néanmoins ta passion dans chacun de tes gestes, et tout autant dans les siens. tu te laisses bercer par ses mains dans ton dos, par ses baisers partout sur ton minois. tu te sens bien, là, avec lui. mais ta conscience ne cesse de te rappeler que c'est éphémère : vous avez beau faire des projets, toi t'es la brume. t'es brume. c'est ironique que tes parents t'aient appelée comme ça et que t'aies chopé cette connerie. intangible ; éphémère. la phrase de maevan te touche au plus profond des tréfonds de ton âme. tu rougis jusqu'aux oreilles et affiche un sourire de pur bonheur. « eh bien... moi, je n'avais jamais ressenti quelque chose comme ça. c'est la première fois que des papillons viennent envahir mon estomac, que mon coeur fait des bonds comme ça. » tu avoues à voix basse. comme un secret, un peu comme une honte aussi de n'avoir jamais eu d'expérience dans les joies de l'amour sentimental plutôt que physique. t'as aimé, brume. mais jamais comme ça. jamais avec une telle intensité.

mais le pire dans la déclaration du don juan, c'est la manière dont il te dit ça. sans gêne, sans peur : tu le sens dans sa voix. ça officialise tout ; ça te fait peur un peu, mais ça te rassure surtout. sur le fait qu'il n'est peut-être pas si inatteignable. que peut-être, il reste une petite place pour toi au fond de son coeur gelé. t'espères le raviver, enlever les engelures qui ont été causées mais c'est pas si aisé. tu hoches la tête : tu lui fais confiance pour choisir le restaurant. après tout, il n'y a rien qui ne te conviendrait pas tant qu'il est là. son bras entoure tes épaules et tu t'arrêtes pour qu'il t'offre une nuée de baisers aussi légers mais aussi passionnés qu'un essaim d'abeilles venant butiner une jolie rose, une belle plante. mais quand il te propose d'y aller, tu bouges pas et tu le retiens par le bras. « j'irais jusqu'au bout du monde avec toi. » tu chuchotes dans le creux de son oreille. c'est ta manière à toi de lui dire : t'inquiètes pas mae. même si t'es blessé, je serai toujours là pour te panser. t'aider à y voir clair, annihiler les éclairs. c'est aussi ta manière de lui dire eh mae, je crois que j'ai des sentiments pour toi. même si c'est tôt, même si c'est dangereux, t'es dans ma vie et dans mon coeur maintenant. tu souris timidement et tu déclares avec une pointe de malice : « maintenant, on peut y aller. » tu pénètres alors dans le restaurant, le bellâtre à ta suite. c'est chic, c'est beau. curieusement t'aurais pas cru voir un tel endroit dans ce petit coin paumé du canada. un serveur arrive et tu demandes, d'une voix fluette : « une table pour deux s'il vous plaît. » puis tu t'approches de lui pour lui murmurer deux mots. il te sourit et vous conduit vers une table, au fond du restaurant, dans un petit coin. t'as pas vraiment faim parce que la vérité, c'est qu'il te suffit mae.

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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. EmptyJeu 29 Mai - 10:26

( suite -> http://runaway.forum-canada.net/t919-tournent-les-violons#39690 :heart:  désolée j'ai pas réussi à faire plus court.. :meurs:)
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MessageSujet: Re: you're white skin, swirling fireflies.   you're white skin, swirling fireflies. Empty

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