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 adieu et à demain.

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MessageSujet: adieu et à demain.   Dim 7 Déc - 15:10

tu sais pas trop ce que tu fais ici. tu traînes un sac derrière-toi, posé sur ton épaule. y a pas grand chose dedans, mais ce que tu ramènes avec toi est bien trop lourd pour ne pas être considéré comme un fardeau. les rues se ressemblent, tes yeux clairs les analyse sans réussir à te repérer. tu lâches un soupir. tu interceptes le premier passant, poses ta main froide sur son bras, rives tes iris de glace aux siens. « excusez-moi, y aurait-il un hôtel, par ici ? » dans ta voix, on entend facilement l'accent. qui ne vient pas d'ici. qui ne viendra jamais d'ici.

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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Dim 7 Déc - 15:22

Ton cerveau est éteins. Esprit complétement vide. Tu sais pas trop ce que tu fais ici, à vrai dire tu ne sais rien du tout. C'est à peine si tu te rappelle ton prénom. Tu marches. T'es en pilote automatique. Cigarette au bec, tu tires dessus comme un forcené, comme si c'était la dernière. Histoire de tuer tes poumons. Y'a personne autour de toi, du moins tu ne les vois pas.
Un contact glacé te stoppe dans ta course. Des yeux clair attrapent ton regard. Tu lui souffles presque la fumé à la figure, t'as juste le temps de tordre ta bouche d'une manière étrange histoire de ne pas l'intoxiquer. Un hôtel ? tu réfléchis quelques secondes. J'en viens justement. Tout droit, là bas.
Tout droit, à droite, puis à gauche. En fait t'en sais rien. Tout ce que tu sais, c'est que sa main te glace le sang.
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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Dim 7 Déc - 15:33

Un peu de fumée de cigarette arrive à tes narines. Ça te rappelle des souvenirs. Longtemps que tu n'as pas pris une clope. Tout droit, là-bas. Déjà, il ne t'envoie pas valser. Déjà, il ne t'ignore pas. Tes iris se détournent un instant de lui pour fixer le " là-bas " que tu devines vaguement. Au moins, tu as la direction. Tes yeux reviennent vers le visage de l'inconnu. Merci beaucoup. Tes doigts se détachent lentement de son avant-bras, rejoignant ceux de l'autre main pour les réchauffer entre eux. Mais ça ne change rien. T'as toujours eu les mains froides. Comme si t'avais pris un peu la température de ta contrée. Pour emmener quelque chose. À défaut de quelque chose qui a de la valeur.
Tes cils papillonnent. Tu sors un peu de tes pensées. Et vous sauriez où... je peux trouver une banque, aussi ? Deuxième question déjà, après même pas deux minutes de rencontre. Mais il va bien falloir que tu t'habitues à cet endroit. À cette ville, étrangère. C'est toi, l'étrangère, ici.

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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Dim 7 Déc - 16:07

Tu as tout l'air d'un fantôme, mais les gens t'arrêtent, te questionnent. Pourquoi ? As-tu l'air sympathique ? Surement pas. Tu erres, tu ne fais que ça. Tu marches tout droit, sans regarder autour, et tu fumes. Comme un pompier. Ton odeur naturelle a du brûler comme le reste, tu sois sentir le vieux cendrier égaré. Elle te remercie, t'as envie de sourire, mais la seule expression qui s'affiche sur ton visage c'est ta fossette qui se dessine. C'est presque un sourire, courage.
La sensation gelée s’évapore petit à petit. Tu fixes ses mains, puis son visage laiteux. Ses cheveux blonds s'accorde à la perfection avec son teint. Tu tires une nouvelle fois sur ta clope, prêt à reprendre ta marche. Mais la nana t'interpelle une nouvelle fois, tu fais volte-face, tout en fumant tu l'observes. Son accent est arrivé à tes oreilles, t'es intrigué.
D'où venez vous ? Retorques-tu sans la moindre gêne. T'observes son sac. Une dernière latte, histoire de tuer la cigarette qui te tue à petit feu.
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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Dim 7 Déc - 17:47

Toi aussi, tu fixes son visage. Son air égaré, de chien errant. T'as toujours eu un faible pour les chiens de rue. Puis tes iris se détournent lentement. Ton visage semble sûrement froid, avec tes traits tirés et les cernes violacées qui soulignent tes yeux d'un maquillage clandestin. Il ne répond pas à ta question. Mais t'en pose une autre. Le premier pays qu'il te vient, c'est la Norvège, sans savoir pourquoi. Bah, après tout, avec ton teint pâle, tes cheveux blonds et tes yeux d'eau, tu sais que n'importe quel pays nordique te va. On t'a appris à mentir, comme tu respires. Constamment. Cacher là d'où tu viens, pour conserver la façade qu'ils t'ont imposé. Façade qui, au départ, était un rôle, une échappatoire. Bien vite devenue une prison dorée. Pourtant, entre tes lèvres carmins qui ont oublié, elles aussi, comment sourire réellement, avec la sincérité du coeur et de l'âme, c'est la véritable réponse qui s'échappe. De Moscou, en Russie. De nouveau, ton regard joue les slaloms. De son visage aux ruelles. De ses mains aux pavés qui jonchent le sol comme les ruines jonchent ton existence. Vous n'êtes pas d'ici non plus, souffles-tu comme une devinette mal formulée, avec un accent écorché. Sinon, il ne dormirait pas à l'hôtel, n'est-ce pas ? Et pourquoi pas, après-tout ? Tu fixes le bout rougi de sa cigarette qui meurt entre ses lèvres. Là, debout en pleine rue, avec un sac à moitié plein, juste de quoi survivre, ton arme de service cachée là, au fond, sous la pile de vêtements accessoires, tu croises de nouveau tes mains. Réchauffez-vous. T'es ici pour ça, finalement. Trouver de quoi les réchauffer – te réchauffer. Trouver toutes les réponses à tes tourments. Trouver l'assassin de tes espoirs.

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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Dim 7 Déc - 18:36

T'es pas trop doué, pour le rapport à l'autre. T'es même lamentable, les bonnes manières tu les as oublié depuis bien longtemps. Depuis quand exactement ? Ses yeux clairs sont rivés sur toi, tu affrontes son regard, sans baisser la garde. Debout, là, au milieu de la rue. C'est comme si le temps c'était arrêté. Son accent plait à tes oreilles. Moscou. La Russie, ça te dit vaguement quelque chose. Un souvenir perturbe ton esprit, l'hiver Russe. Tu frissonnes. Tu soulèves le col de ta veste en jean histoire de protéger comme tu peux ton cou.
Non. Je ne suis pas d'ici. Réponds-tu. Ça n'a pas d’intérêt d'où tu viens. Ça n'en a jamais eu. T'attrapes ton paquet de clope à l'arrière de ton jean, plus qu'une. Tu marmonnes, contrarié. Tu la porte à ta bouche, l'allume en fixant l'inconnue. Première bouchée, salvatrice. Ton oxygène. Elle frotte ses mains l'une contre l'autre. Vous avez froid ? Les hivers sont pourtant rudes en Russie. Tu parles doucement.
Ta bouche se tord en ce qui se veut être un sourire. Encore raté. Tes yeux ne se décroche pas d'elle, ses cernes, tristesse. Ce maquillage, tu fixes la bouche de la jeune femme, son rouge à lèvre assassin. Rouge qui blesse.
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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Lun 8 Déc - 6:06

Il ne précise pas d'où il vient. Alors, tu n'insistes pas. Après-tout, rien ne l'oblige à te répondre. Il fixe tes mains. Si tu as froid ? Oui, j'ai froid. De l'intérieur, là où tout a gelé, là où rien ne repousse depuis la brise glacée. Regarde, ne vois-tu pas dans mes yeux toute la glace de mon intérieur ? Tu baisses un peu les yeux. Délies tes mains. Non. J'ai juste toujours les mains glacées. te justifies-tu avec un prémisse de sourire, qui ne ressemble pas à grand chose non plus. On dirait qu'il essaie, lui aussi, tu trouves ça touchant, ça fait un sourire bancal et de travers, un truc pas net, un truc qui sort de l'ordinaire.
Et puis vous savez, en Russie, c'est rude toute l'année, mais c'est vrai que les hivers sont coriaces. Mais y survivre, c'est s'endurcir, tu ajoutes, d'une voix un tantinet espiègle. Surtout quand on vit dans la rue. Surtout quand on n'a pas d'autres choix que d'y survivre. Tes yeux papillonnent. Tu revois les voyages, les autres pays. L'Est, l'Europe. Le reste du monde. Là, à tes pieds faussement indulgent, là au bout de la crosse de ton flingue. Mais tous les tuer ne le ramènerait pas. Tes yeux se braquent de nouveau sur l'inconnu. Au fond, c'est peut-être lui. T'as qu'une vague description de celui que tu recherches. Vous m'accompagnez jusqu'à l'hôtel ? On dirait une schizophrène. Alternant subtilement entre l'image de la petite fille perdue et celle de la femme sûre d'elle et dirigeante. Dire que tu n'es ni rien ni l'autre de tout ça, Ksenia.

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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Lun 8 Déc - 6:54

Il n'y a plus rien d'où tu viens.
Les souvenirs tanguent dans ton esprit, rebondissent les uns contre les autres. S'effacent, réapparaissent par bribes, incohérents. Il n'y a plus rien de certains. Tu ne peux plus te baser sur ce qui se passe à l'intérieur de ton cerveau. Elle a toujours froid aux mains, alors que les tiennes sont bouillantes en permanence. Ton corps dégages une chaleur, étouffante pour certains, agréable pour d'autre.
Survivre en Russie c'est s'endurcir dit-elle, c'est devenir aussi froid que la glace. Aussi glacé que sa peau, que ses yeux. Seule sa bouche en mouvement semble vivante. Tu ne dis rien, tu l'écoutes en tirant sur ta clope. La fumée s'échappe lentement de tes narines. Elle te scrute encore, comme si elle cherchait à te reconnaitre. Toi tu fixes ses lèvres, rouges, qui contrastent avec son être tout entier. bien sur. réponds-tu, commençant à marcher dans la direction donné plus tôt. Saint-Pétersbourg est une ville magnifique. lances-tu d'un ton monotone. Tu ne t'en rappelles que vaguement, la phrase est presque sortie toute seule.
Et si tu lui avouais maintenant que l'hôtel tu ne sais même plus où il se trouve.
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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Lun 8 Déc - 7:26

Et vous voilà partis vers l'hôtel. T'as soudain envie qu'il soit très loin.
Tes pas sont silencieux sur les pavés de la ville. Ton sac, léger, fait courber ton épaule droite. Il est lourd de souvenirs, lourd de mélancolie, lourd de questions restées sans réponses. Vous y êtes déjà allé ? Bien sûr qu'il y est sûrement déjà allé, sinon il ne dirait pas ça. Mais c'est surtout pour poursuivre la conversation. La vérité, c'est que sa voix t'apaise. Qu'elle calme les démons sourds aux suppliques, au fond de toi. Ses yeux ont du mal à le lâcher – visiblement, les siens ont du mal à se détacher de tes lèvres aussi. Est-ce que ton rouge à lèvre s'est barré ? Est-ce qu'il s'efface, lui aussi ? Est-ce qu'il fait tâche ? Tu fermes les yeux une courte seconde. J'espère que je vais réussir à me retrouver, ici. Te retrouver, Kira ? Te retrouver, partout. Te retrouver dans les ruelles. Te retrouver dans toi-même. Tu t'es perdue, et ça fait trop longtemps qu'aucun passant n'a accepté s'arrêter pour t'indiquer une direction à prendre.

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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Lun 8 Déc - 8:43

La Russie, un vague souvenir.
Elle t'en parlerai surement mieux que toi, les choses se mélangent. Tu y étais, plus jeune, avec ton père. Il t'avait emmené avec lui, pour une fois. le temps d'un week-end oui. il y a des années. Tu tires plus fort sur la cigarette, histoire de te débarrasser au plus vite de ce souvenir ravageur. Tu jettes le mégot au sol et l'écrase parfaitement en continuant ton chemin. Les deux mains dans les poches de ton pantalon, tu avances sans vraiment savoir ce qui te pousse à l'accompagner. Son accent peut-être ? Son exotisme ? Ses souvenirs, qu'elle pourrait te raconter. Tu dévorerais ces mots, pendant des heures. T'essaierais de lire en elle, tu te nourrirai de ses mots. Peut-être sourirais-tu ?
Peut-être que tu réchaufferais son corps glacé, par une simple écoute.
Elle parle encore, tu écoutes, mais ne réponds toujours pas. Pas encore du moins.
Si vous avez un meilleur sens de l'orientation que le mien, je pense que ça ne sera pas compliqué. sur le ton de l'humour, presque raté. Tu sais plus faire.
Il faut que je vous avoue quelque chose : je suis incapable de me rappeler, où est l'hôtel. pourtant tu en viens, tu en es sûr.
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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Lun 8 Déc - 8:55

Il y a des années. Il doit pas être bien vieux, pourtant. Normal qu'il s'en souvienne qu'à moitié. Tu hoches la tête, n'essayant pas de creuser. S'il veut raconter, il racontera. Est-ce que t'as envie de raconter, toi ? Tu n'sais pas. La Russie. Ça t'inspire tellement de choses. Contradictoires, la plupart du temps. La famille, l'abandon. La richesse des sentiments, la rue. Le froid de l'hiver, la chaleur des sourires. Les regards qui pétillent, la neige qui tourbillonne.
L'asile, le foyer. La détresse, les retrouvailles. La mort, qui vient comme une invitée. L'échappée belle.
Non, en fait, pas sûre que t'aies envie de dire tout ça.
Curieusement, tu souris un peu à ses mots. Tu lâches même un rire sec et un peu froid, mais qui ressemble à un rire tout du moins. Je n'ai jamais eu un bon sens de l'orientation, avoues-tu en haussant les épaules. Mais ça s'est amélioré. En même temps, pas trop le choix. Tu t'arrêtes, le regardes curieusement, une lueur d'amusement dans les yeux. Vraiment ? Donc on marche au hasard, là ? Tu te remets à marcher, rattrapes ton retard. Devant lui, tu murmures : J'aime bien le hasard. avant de le dépasser lentement, tournant la tête pour l'inviter à te suivre. N'importe où, pourvu que vous alliez quelque part au final. Tu fermes les yeux, acceptes sur ton visage l'air doux de ce début d'hiver. Chez toi, longtemps que tout serait gelé au dehors, et que le mercure aurait chuté de dizaines de degrés.
Mais tu n'es plus chez toi, Kira. Tu n'y seras plus jamais nulle part, tant que tu n'auras pas retrouvé cette paix intérieure tant recherchée. Dans ton dos, il te semble sentir au fond du sac le métal froid de l'arme que tu traines comme une fugitive. Peut-être que c'est pour ça que tes doigts sont toujours froids. Peut-être ont-ils gelé à force de trop la tenir entre tes mains.

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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Lun 8 Déc - 18:25

La femme t'intrigue.
Depuis combien de temps n'as tu pas regarder une femme comme tu es en train de la regarder. Tu observes, un peu trop. Tu essayes de passer au travers de ses yeux de glaces. Tu pourrais faire peur à la scruter comme ça, mais tu fais pas exprès. C'est une beauté glaciale.
Au hasard. Oui, c'est exact.
T'as envie de rire, mais tu n'y arrives pas. Tu te sens un peu nul tout à coup. Elle est perdue, ici, et tu l'es autant qu'elle. Si ce n'est plus. Tu viens de sortir de ton hôtel, il y a vingt minutes et tu es déjà incapable de te rappeler le chemin.
Elle te depasse, et tu la regarder marcher devant toi. Son dos fin, ses cheveux qui y tombent en cascade. Ses hanches ...
L'envie de fumer te reprends tout d'un coup, tu fouilles tes poches. Paquet vide. Tu lèves les yeux au ciel. Tu rattrapes ton retard, marche de nouveau à côté d'elle. alors laissons une grande place au hasard.
T'as un micro sourire qui se dessine. j'ai tendance à oublier, les choses. rapidement.
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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Lun 8 Déc - 18:44

Son regard ne te déplait pas. Il faut bien l'avouer. T'as pas appris à te mentir.
Lorsque tu tournes la tête vers lui, il fouille encore ses poches. Il faut arrêter de fumer autant. Tu esquisses une petite moue, fronce le nez, comme si tu lui donnais une leçon. Mais qui es-tu pour la lui donner ? Tu hausses les épaules, enfonçant les mains dans les plis de ton écharpe. Elles sont vraiment gelées. Il te rattrape. T'as une esquisse de sourire en coin aussi, quand bien même tu regardes droit devant toi. Tu te tournes vers lui. Finalement, comme une adolescente, tu marches même à l'envers. Juste pour le regarder. Avec le risque de te ramasser sévèrement en arrière ou de foncer dans quelqu'un. Mais tant pis. Tu t'amuses. Ça t'est plus arrivé depuis un moment, faut dire.
Ah bon ? fais-tu, taquine. Tu lèves les yeux au ciel, faussement déçue. Alors il ne me sert à rien de me présenter, j'imagine que vous aurez oublié mon prénom au prochain tournant. Ta voix reste posée, douce, bien qu'on y devine une étincelle malicieuse qui vient se faufiler entre les lettres taillées à la serpe. Tes iris clairs dressent un portrait robot de son visage. S'attardent, un peu trop, sur ses lèvres. Remontent, sur ses cheveux désordonnés. Ce n'est pas grave si on ne trouve pas, conclus-tu en te remettant dans le bon sens, légèrement troublée. Tu inspires à fond l'air presque doux de ce début d'hiver. Il manque la neige sur les toits, le feu aux cheminées, et la buée qui sort des lèvres.
Discrètement, tu glisses un rapide coup d'oeil volage vers son visage. Juste pour vérifier qu'il n'y a pas encore de buée qui s'échappe des siennes, de lèvres. Non. Enfin, tu crois pas. T'as évité de regarder trop longtemps, à vrai dire.

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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Lun 8 Déc - 19:28

Elle se moque de toi ouvertement. Tu devrais moins fumer, elle a raison. Mais il n'y a que ça qui occupe tes moments de vide. Trop de vide en toi, depuis trop longtemps. La fumée s'infiltre et comble les trous de ton âme. Comme un pansement que tu crois efficace.
Elle marche face à toi, pour ne pas te quitter des yeux, les mains dans les poches tu avances vers elle. Vérifiant qu'elle ne heurte rien. Comme une enfant elle te fixe, un fin sourire sur ses lèvres rouges. Enfin. Il ne sert à rien qu'elle se présente dit-elle, et elle n'a pas tord. Tu oublis beaucoup de choses, mais tu es quasiment sur que tu n'oublieras pas le prénom d'une beauté polaire. Éphémère.
Tu la regardes toujours dans les yeux, sans faillir, pourtant ils aimeraient se balader ailleurs, tes yeux. Caresser les courbes de son corps. Tu restes sage, tu restes poli. Elle t'intrigue la fille du Nord.
la cigarette apaise tellement de choses. dis-tu en marchant un peu plus vite pour rester près d'elle. les tensions, le manque tu sors le briquet de ta poche, joue avec nerveusement, le manque de nicotine, déjà. Ses mains sont cachés sous son écharpe. Tes yeux sont rivés dans les siens. les envies. souffles-tu entres tes lèvres. Il faut que tu fumes tout de suite. Un tabac sur votre route. je reviens. Juste quelques minutes à l’intérieur, le temps d'acheter ce qui manque à ton corps. Pourtant tu as peur qu'elle s'échappe. Quand tu sors elle est encore là, ta fossette se dessine à nouveau. Tu sors une clope du putain de paquet qui sera terminé dans deux heures à peine.
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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Mar 9 Déc - 13:41

Il a une façon de te fixer qui te dérange autant que ça te plait. Comme une obsession. Comme une douce entrave. Il fait l'éloge des actions bénéfiques de la cigarette. Une liste convenable si on oublie que l'élément majeur qui contre tout ça est que ça tue. C'est pour ça que t'as arrêté.
C'est pas vrai. T'as arrêté parce que sinon, ils te prenaient pas. T'as arrêté parce que t'avais pas le choix. Tu fixes ses lèvres. Puis remontes à ses yeux. Tes lèvres ne se séparent plus de ce demi-sourire aux allures d'enfant espiègle. Tu te laisses prendre par ses mots, par sa voix, qui rythment tes pas sur les pavés. Il s'en va, s'esquive, disparait à l'intérieur d'un tabac. Tu n'as toujours pas osé rouvrir la bouche et gâcher le moment avec ton accent de travers. T'as peur qu'il disparaisse. Que tu restes là à l'attendre et qu'il ne revienne plus. Comme Dimitri. Il n'est jamais revenu.
Mais lui, il ne pouvait plus revenir. Plus de jambes, plus de bras, plus de lèvres pour te prévenir. Plus rien. Ils ne t'ont rapporté qu'un bocal avec des cendres. Mais il revient, et ça chasse tes pensées macabres. Il ouvre son paquet neuf et tu poses de nouveau ta main sur son avant-bras. C'est comme ça que tu l'as arrêté, au départ. Comme ça que tu l'arrêtes, encore, avec tes doigts en guise de menottes de glace. Tu ne peux pas t'empêcher de remarquer que sa peau est chaude. Je peux en avoir une ? murmures-tu doucement. T'as envie toi aussi de pouvoir mettre quelque chose à la bouche pour que tes lèvres ne s'imaginent pas d'autres choses. Que tes yeux soient occupés à fixer la fumée qui s'en échapperait pour ne pas regarder celle qui s'échapperait de sa bouche à lui.
Tu attends, immobile, tes yeux glacials profondément ancrés dans les siens, bien plus sombres. Des ténèbres aux allures de pays imaginaire. Soudain, t'as quinze ans. Soudain, tu le revois, pour la première fois. Il lui ressemble beaucoup.
Brun ténébreux, les iris sauvages, pas un sourire sur son visage.

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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Mar 9 Déc - 20:05

Si elle était partie, qu'aurais-tu fais ? Tu serai resté un moment à l'attendre, pensant qu'elle serait elle aussi partie acheter quelque chose. Puis ne la voyant pas revenir, tu aurais continué ton chemin. Perdu, comme tu l'es toujours.
Mais la question ne se pose pas, la beauté glacée est toujours là. Sa main se pose sur ton bras une nouvelle fois, un frisson te parcours entièrement. Parce qu'elle a la main gelée, n'est ce pas ? Quoi qu'il en soit, tu restes interdit quelques secondes, comme si tu n'avais pas compris ce qu'elle venait de te demander. Trop absorbé par l'intensité de son regard. T'as la bouche entrouverte. oui, évidemment. tu lui tends une cigarette, lui allume même une fois qu'elle la porte à sa bouche. Tu en fais de même, ça te calme. Ça calme les images qui défilent dans ta tête.
Trop longtemps que tu n'avais pas regarder une femme avec ces yeux.
D'où tu viens, les filles ne lui ressemblent pas. Beaucoup plus ténébreuses, pourtant la blonde et son accent on tout droit l'air sortie des ténèbres les plus noires. Intriguant. je crois que nous arrivons. dis tu en montrant d'un signe de tête l'hôtel devant vous. A une bonne centaine de mètre. Comme sauvé par le gong !
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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Mer 10 Déc - 2:12

Il t'en donne une. Te l'allume, même.
T'allume, tout court.
Tu tires une première bouffée en fronçant les sourcils, retenant une légère toux. Si longtemps que tu n'as plus fumé. Ça te rappelle des souvenirs enfumés. Noyés dans la fumée. Tu la tiens entre tes doigts délicats qui semblent pouvoir se briser d'un courant d'air. Mais ils sont froids comme la pierre, encore plus en demeurant à l'air libre en tenant ta cigarette. Dès que tu le regardes de biais, il te regarde aussi. Vos regards se croisent. Ils s'entrechoquent même, se rencontrent avec brutalité, sans parvenir à s'éviter trop longtemps. Mais sa phrase vient briser tout ce jeu d'yeux.
Vous êtes arrivés. Une frustration particulière s'empare de ta tête, de ton corps, de tes yeux cristallins qui s'allument. Tu tournes ton visage vers lui, ralentissant progressivement jusqu'à t'arrêter à quelques mètres de l'entrée à peine.
De toute façon, il faut que tu finisses ta clope.
Ça veut dire que nous allons nous séparer ? demandes-tu doucement, d'une voix presque douce malgré l'intonation dure. Tu l'observes – le dévores subtilement des yeux, plutôt – comme pour quêter un indice sur son visage. Tu ne connais rien de lui. Pas même son prénom. Mais curieusement, t'as pas envie qu'il te laisse seule.
Seule ici. Seule avec tes démons. Qui eux, n'ont aucune pudeur à te dévorer nue et sans défense.

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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Mer 10 Déc - 7:08

Sauvé.
L'es-tu vraiment ? As-tu envie de partir maintenant. La jeune femme ralentit le pas, et s'arrête non loin de l'entrée de l'hôtel. Elle se tourne vers toi, la fumée de la cigarette s'échappe de sa bouche délicate. Elle te parle, tu n'écoutes pas. Tu tire sur ta clope. Tes yeux sont rivés sur sa bouche, descendent dans ce que tu aperçois de son cou. Le reste est bien trop couvert. Frustration. T'as l'esprit qui tourne à vive allure, t'aimerais bien en découvrir plus. De cette femme. Découvrir un peu plus sa vie. Dénudé son corps. Un sourire te prends à cette pensée, tu relèves les yeux vers elle.
je vous offre un verre. vous êtes gelée. tu dis ça en t'avançant vers elle. Ta cigarette meurt sur le bitume. T'as envie de rester avec elle. Encore. Pouvoir la dévorer des yeux, encore. La toucher avec ton regard, parce que tu ne le feras sans doute que de cette façon.
Alors tu passes devant l'hôtel comme si tu ne l'avais pas vue, tu continues ta route en la regardant. Tu souris, tu attends qu'elle te suive, et t'espère qu'elle le fera.
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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Mer 10 Déc - 7:48

Un sourire allume enfin son visage. Il est petit, il est timide, comme s'il n'ose pas se montrer sur ses lèvres, mais il est là. Tes yeux de rapace le voient, eux. Tu ne sais pas pourquoi est-ce qu'il sourit, soudain. Peut-être parce que tu lui proposes indirectement de ne pas te laisser ? Tu ne sais pas ce qu'il se passe dans sa tête. T'as déjà tu mal à t'en sortir avec ce qu'il y a dans la tienne, alors...
Il t'offre un verre. Pense-t-il que tu n'as pas assez d'argent ? Dans le temps, ça aurait pu être le cas. Mais ton voyage ici est largement payé. Tu ne viens pas ici en vacances, certes, en témoigne le léger sac que tu portes sur l'épaule comme une enclume pourtant. Mais tu le laisses avec son offre. Au fond, ça te réchauffe, un peu. Je n'ai pas froid, affirmes-tu, têtue, avec un air espiègle sur ton minois pâle. Mais tes mains, tes mains sont gelées, elles ont pris froid le jour où elles ont connu l'été sur un visage. L'été pour seul rivage, l'amour pour seul naufrage. Et depuis, elles ont froid, tout le temps. Depuis, l'hiver partout, et comment. Tu frottes tes mains entre elles. Ça contredit ton affirmation, mais tant pis.
T'aimerais savoir. Essayer. Est-ce qu'il a le visage aussi chaud, lui aussi ? Est-ce qu'il y a l'été au fond de ses iris tristes et mélancoliques, qui semblent bloqués sur une demi-saison que tu ne saurais nommée ?
Tu mets quelques secondes avant de le suivre. Lentement, d'un pas dansant malgré le froid. Tu te postes à ses côtés. Où va-t-on ? Ta voix brise le silence de l'hiver. Brise la monotonie des rues désertes. Tu n'as même pas encore envie de lui demander son nom. Être avec un parfait inconnu, c'est encore plus excitant. Encore plus tentant. Tu tires maladroitement sur ta cigarette, de tes doigts qui ont du mal à la tenir et à se plier quand il le faut. Tu fixes ses mains à lui. Puis tes yeux coulent sur son bras, et sur son torse, caché par son pull. Est-ce que son corps est chaud, là-dessous ?
Dis-moi, est-ce que tu me réchaufferais, toi ? Est-ce que tu referais naître le mercure dans ma tête transformée en planète de glace ? Tes yeux pâles suivent chacun de ses mouvements. Comme un film que tu te repasseras, plus tard. Seule dans ta chambre hôtel. Seule face à tes démons. Seule, avec juste un film à repasser en boucle pour les combattre. Et les détruire.

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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Mer 10 Déc - 8:21

Elle n'a pas froid maintient-elle.
Elle te l'a dit plus tôt ses mains sont sans cesse gelée. Ce qui contraste avec ton corps tout entier, qui est incapable de garder du froid. Peut-être est-ce parce que tu viens du Sud. Là bas chez toi, il fait chaud, humide. Quelques fois sec, mais l'hiver n'est rarement le bienvenu. Ton corps a absorbé toute la chaleur nécessaire avant que tu ne quittes le pays.
Tu te retournes, t'arrête pour l'attendre. Ses pas la porte vers toi avec grâce, tu la suis du regard et quand elle est à ton niveau tu continues à marcher. Tu sens ses yeux sur toi, et ça te donne envie de sourire. Ce jeu de regard, tu n'y es plus habitué.
Elle est arrivée, là, avec ses yeux froids, elle t'a perturbé.
Tu serres la mâchoire, te concentrant pour ne pas fumer encore une fois. Alors qu'elle, n'a toujours pas terminé sa clope. Cette cigarette qui goute ses lèvres à intervalle régulier. Jalousie amusante qui te prend. je ne sais pas vraiment. réponds-tu, un sourire malicieux se dessine sur ta bouche. mais puisque vous n'avez pas froid... peut-être que je devrais retirer ma proposition. un léger rire s'échappe. T'avais envie d'aller dans un bar, ou pu importe. Qu'elle enlève ce manteau et cette écharpe. Pour entrainer un brin de proximité. C'est à ton tour de marcher en sens inverse, comme un enfant, pour ne jamais la quitter des yeux.
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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Mer 10 Déc - 8:29

Il y a comme une tension entre vous. Quelque chose entre le non-dit et l'incessant. Qui revient, encore et encore, frapper à ta tête, doper ton corps. Dose d'une adrénaline que t'as plus connu depuis des années. Depuis ton adolescence peut-être.
Le plaisir de plaire à quelqu'un. De jouer des regards, comme deux enfants.
Comme deux amants.
Tu finis par jeter ta clope au sol. Elle s'éteint immédiatement. Mais le feu en toi n'est pas prêt de s'éteindre. Pourtant, tu ne veux pas mettre fin à cette douce tyrannie. Il se met à l'envers. Deviens espiègle, à son tour. Malicieuse, tu hausses les épaules. Toujours le même demi-sourire de lune rieuse. Je joue bien la comédie. Je peux faire semblant, s'il le faut. Si c'est pour qu'on y aille, si c'est pour que tu m'emmènes. Ses lèvres se taisent, mais ses yeux parlent à sa place. Emmène-moi, crient ses iris de ténèbres clairs et de glace. Tu accélères le pas, pour le forcer à aller plus vite, pour te rapprocher de lui, aussi. Sans vraiment vouloir l'avouer, le dire. Puis d'un coup, un pas plus grand que les autres. Tes mains, de nouveau, sur son bras.
Kira, ça commence à être une habitude. Attention, souffles-tu doucement, ton souffle butant sur son visage. Tu désignes, du menton, un lampadaire juste derrière. Avec un sourire d'autant plus malicieux, tu le contournes en le frôlant. Vite, un bar, vite une chaise, vite. Vite tout. Vivons vite, mais vivons bien. Tu t'es arrêtée si près que ça t'a troublée, toi aussi.
Tu l'as lâché. Mais ça t'a brûlée, de le toucher.
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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Mer 10 Déc - 9:26

Faire semblant d'avoir froid juste pour ton plaisir. Pour que tu l'enveloppes de tes bras, pour que plus jamais elle n'ait froid. T'as envie de lui dire "alors vas y, fait semblant. je serai là." Mais les mots ne sortent pas, tu préfères la regarder toujours et encore. Chercher son regard. Elle avance plus vite, t'obliges a faire de même à reculons. Et si tu tombais ? Elle te rattraperait et tu l'entrainerais sûrement dans ta chute pour que son corps cogne le tiens avec violence.
Tension.
Quand elle touche à nouveau ton bras, ses doigts laissent une marque sur ta peau. Elle te marque au fer rouge. Aujourd'hui tu ne vois qu'elle. Son corps se rapproche, et tu manques de peu le lampadaire qui la fait fuir en souriant. Boum boum. C'est ton cœur qui parle. Tu la manges des yeux.
Sans qu'elle ne s'y attende tu attrapes sa main et la tire vers toi pour qu'elle rentre dans le bar. Ton corps trop proche du sien, sa poitrine effleure ton torse. Son écharpe chatouille ta peau. peut être devrions nous nous asseoir. dis tu presque essoufflé.
Tu lâches sa main et te dirige à une table dans un coin du bar. Tu t'installe et ôte ta veste en jean.


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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Mer 10 Déc - 13:22

Boum boum, oui. Tu as un souffle au coeur. Qu'on appelle un docteur.
Oh oui, inconnu, soigne-moi. Soigne-moi, ne t'arrête pas. Tes pensées – contradictoires – s'entrechoquent. Carambolage. Mais quel bel accident tout de même. D'un seul coup, il attrape ta main. Un électrochoc court de tes doigts jusqu'à tes poumons. T'as le souffle coupé. Mais t'en redemandes. Si c'est ça d'être en apnée, alors tu veux bien être sa sirène. Ou qu'il soit la tienne. Peu importe les rôles. Mais pourvu que vous ayez une scène. Ton visage s'amourache du sien, pourtant tu n'oses pas bouger. Ni le rapprocher, ni le fuir. Tes yeux se cognent contre les siens, s'y plongent, s'y noie. L'océan qui ne sait plus nager, soudain. C'est dérisoire, quand on y pense.
Mais tu préfères ne pas y penser. Il suffirait de tendre la main, le bras un peu plié même, pour pouvoir effleurer son torse. Pour soulever ce qui le cache à ta vue, à ton toucher. À quoi penses-tu là, Kira ? Tu hoches vivement la tête. Vite, un peu d'air. Tu fais demi-tour, mais tu n'as pas lâché sa main, et tu le tires, lui imposant la direction, comme pour reprendre le contrôle qu'il t'a fait perdre. Tu l'entraînes dans le bar, le tirant derrière-toi. Au moins, il ne s'enfuira pas. Au moins, il ne te laissera pas. Il n'en a pas le droit. Il s'installe, tu fais de même. Ton souffle renvoie de la buée contre ton visage, en cognant contre ton écharpe. Il retire sa veste. T'as le souffle qui palpite, qui s'accélère. Tu le dévores des yeux, sans vraiment pouvoir te contrôler. T'y peux rien. Tes iris y sont aimantés, douloureusement, avec une tension croissante.
Lentement alors, tu te redresses et déroules ton écharpe, dévoilant ton cou gracile, trop fin, trop pâle sûrement. Puis, tu ôtes ta veste. Un fin pull en velours blanc recouvre le haut de ton corps. Pour faire paraître ta peau moins pâle, sûrement. Lentement, tu relèves l'océan de tes yeux vers lui. Il fait chaud là. Tu joins les mains sur la table, entre vous.
C'est un peu comme une invitation. Il fait chaud, là, oui.
Mais t'as toujours froid aux mains. L'aurait-il oublié ? Vous buvez quoi ? Toujours une tournure pas forcément naturelle. Toujours un accent qui accidente les contours des mots, rend les phrases d'un charme grotesque. Toujours un souffle un peu court, comme s'il te le volait.
Là, si près, et pourtant hors d'accès.

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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Mer 10 Déc - 16:34

Une envie de te rapproche d'elle, soudainement.
T'es assis, et tu la regardes ôter son écharpe, qui dévoile enfin son cou, fin. C'est autour de sa veste, tu regardes son corps moulé à la perfection dans ce pull immaculé. Elle s'assoit en face de toi, ses mains sur la table, comme une barrière entre vous. Comme un pont peut-être aussi. Que tu as juste à franchir pour te retrouver contre elle. Tes pensées s'entrechoquent. Ses yeux océan se plonge dans les tiens une nouvelle fois, tu aimerais t'y noyer. Plonger, et ne plus jamais revenir à la surface. Son accent fait de nouveau écho, tu souris pour de bon. Vous buvez quoi qu'elle te dit. Tu as envie de lui répondre, vous. Je vous bois vous. Je vous déguste.
Mais tu n'en fais rien. un whisky. pour ma part. Tes mains se posent sur la table, tu n'oses pas trop les avancer vers les siennes. De peur de t’électrocuter. et vous ?
Tu attends sa réponse et te lève pour aller commander, tu sors ton portefeuille en cuir de la poche arrière de te pantalon. On ne tarde pas à te servir, tu reviens avec les deux verres. T'as envie de te mettre à côté d'elle, tu te retiens. En face d'elle t'y vois plus clair, si son corps s'approche trop du tiens, tu as peur de ne plus répondre de rien.
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MessageSujet: Re: adieu et à demain.   Mer 10 Déc - 17:15

Vos échanges de regards se font plus appuyés. Plus intimes, presque. Comme s'ils avaient franchi une frontière, à l'intérieur de vos pupilles. T'as peur de tomber dans le fossé de ses yeux noirs. Mais t'aimerai t'y jeter comme on se jette dans la gueule du loup. Et quel beau loup.
Un whisky. Tu grimaces légèrement. Un amaretto pour moi, s'il vous plait. On t'a pas appris grand chose, là d'où tu viens ; mais on t'a enseigné la politesse, avant tout. Tu fixes ses mains, t'as envie de les saisir, d'y réchauffer les tiennes dans ses paumes. Mais déjà, il s'esquive, il s'enfuit, loin. T'as peur qu'il revienne pas, alors tu le suis des yeux, comme pour le surveiller, le traquer. Mais le prédateur n'est pas forcément celui qu'on croit et ce soir-là, tu acceptes volontiers d'endosser le costume de l'agneau.
Il revient. Il est là, Kira. Avec vos deux verres, tu vois. Tu lui souris, un peu. Attrape ton verre en effleurant sa main, ça fait courir des fourmis partout dans tes vaisseaux sanguins. Bon sang. T'as la tête qui tourne, et c'est pas faute à l'alcool, la preuve, t'as encore pas touché à ton verre.
Verre que tu lèves entre vous. Une barrière, un miroir, un kaléidoscope pour voir toutes les couleurs de son âme. Alors que tu ne sais rien de lui. Rien, pas même son nom ni d'où il vient ni l'âge qu'il a. Futiles informations. Rien d'autre ne compte à cet instant que sa présence là, en face de toi. Et pourtant si loin, encore. Aux rencontres improbables, lances-tu doucement d'une voix calme mais tranchante, entrechoquant doucement ton verre au sien. Tu le fixes, t'as du mal à détourner les yeux, t'as du mal à faire comme s'il n'était pas là. Tu portes sans le regarder ton verre à tes lèvres et goûtes tranquillement une légère gorgée du breuvage ambré. L'alcool coule dans ta trachée.
Mais ça te réchauffe pas les mains.
Ni le coeur, à vrai dire. T'as envie de mettre tout ton corps en sa possession pour qu'il refasse brûler le feu enfin, resté braises trop longtemps. Et avant qu'on en arrive à là, je ne sais pas danser, alors ne me proposez pas, même plus tard. Nouveau sourire. Illusion triste et solitaire que tu as encore le contrôle. Tu l'as plus. Plus depuis que tu l'as intercepté, dans cette ruelle, et que ta main s'est posée sur son bras comme l'ancre d'un bateau à la dérive.

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