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 Sommeil voilé.

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▸ CRÉDITS : Petulia

▸ MESSAGES : 17

▸ HERE SINCE : 29/11/2014


MessageSujet: Sommeil voilé.   Lun 1 Déc - 10:57

J’ai le cœur qui palpite et le corps qui cri. Tendu vers le vide, aspiré par le rien. Je voudrais sombrer, me jeter du haut de la falaise, mais la raison me retient de ses griffes sanglantes, me rappelant qu’une fois ayant chue, je ne serai plus qu’une corps sans vie. Je ferme les yeux, écarte les bras, accueil le silence téméraire de la nuit. Mon corps ballote, hésite, l’absence de la vue le laisse tel un pantin hésitant, cherchant à garder un équilibre difficile. Téméraire, je sens la terre humide sous mes pieds nus. Je m’imagine arbre, imposant chêne dont les racines courent sous la terre, dessinant un réseau de connexion fabuleux porteur d’uniques vérités.
Le corps ballote encore, le vent se lève. Il pousse dans mon dos et mes paupières se soulèvent. Mon cœur à un raté alors que mon pied glisse, dans un réflexe de survie j’envoie mon corps en arrière, il tombe, j’atterris sur les fesses.
J’entends le chant du vibrant qui pulse à mes oreilles. Il me rappelle que je ne suis pas morte mais que ma bêtise aurait pu me coûter cher. Je soupire tout en regardant mes pieds nues. Ma vie vaut-elle si cher que ça ?
Je lève les yeux, interroge les étoiles en souriant comme une idiote. La tête en arrière, je savoure ma liberté tout en songeant à ce sommeil qui m’appelle. Je ne veux écouter ni ma fatigue, ni ma faim. Je veux rencontrer mes limites voir jusque où je peux survivre sans le sou. Bataille contre moi-même, fièvre de l’absolu. J’ai choisit cette ville pour m’établir, peut-être même pour périr. Mourir loin de tout entourée de notre mère Nature. Mourir sous le regard des étoiles et l’étreinte du silence.

Un bruissement et je tourne la tête sur ma gauche. Une ombre vient de quitter sa branche et s’envole à présent dans son ciel noir d’encre. Je suis sa course jusqu’à le perdre de vu, me laisse tomber sur le dos, chute délicieuse. J’aimerai à mon tour devenir oiseau pour pouvoir tutoyer les nuages. Mais la gravité me maintient sur terre ne me laissant pour vol que celui de mon imagination débordante.
Je soupire et finie par lâcher prise enfin, j’ai tant besoin de dormir…
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▸ CRÉDITS : thug's mermaid

▸ MESSAGES : 21

▸ HERE SINCE : 30/11/2014


MessageSujet: Re: Sommeil voilé.   Lun 1 Déc - 18:48

La nature humaine est une énigme. Elle désire ce qu'elle déteste, s'indigne de ce qu'elle pense lui manquer et se fâche ensuite de l'obtenir. Un soupir déchire l'habitacle. La ville est là, juste devant, cependant le gamin ne peut se résoudre à appuyer sur la pédale. Des centaines de kilomètres se sont ajoutés au compteur de son pick-up sans âge depuis ces-derniers jours, pourtant il est incapable de franchir les quelques mètres qui le séparent de sa nouvelle vie.

Alors il fait marche arrière. Il agit comme un con, certes, mais il s'en fout. Personne n'est là pour le juger, il n'y a que lui. Il n'obéit à aucune autorité et n'a foie en aucun Dieu; il est le plus libre des prisonniers.

La route l'avale et le recrache au hasard à la lisière d'un parc. L'endroit parait un peu hagard, comme surpris de s'y trouver lui-même. Le blanc-bec descend, ça lui va. Il s'enfonce dans les bosquets sans trop savoir ce qu'il cherche, peut-être un chemin qu'il serait capable de suivre, ou peut-être juste un peu de silence pour réfléchir au grand rien qui l'habite. Il se promène selon un temps qui n'a aucune autre valeur que la rosée qui s'écoule paresseusement sur les feuilles, que le vent qui danse lascivement autour des feuillages, d'humeur taciturne et inutile. Et puis il la voit, la falaise. Un grand plat suivi d'un grand vide, la pierre qui se dérobe d'un seul coup pour se noyer en contrebas. Il n'est pas seul. Une silhouette hésite à son extrémité, jouant avec des courants d'airs impossibles. Il l'observe sans mot dire, spectateur curieux et fasciné. Il s'imagine la façon dont son corps pourrait basculer lentement, s'articuler comme un oiseau éphémère, disparaître derrière la ligne de tangible. Ce n'est pas ce qu'il se produisit. La créature retrouvait son sol, s’affaissait sur la terre qu'elle aimait malgré elle.

Ses pas le guident vers la forme, il s'accroupit à ses côtés. Il ne ressent aucune compassion, aucune empathie.

« Les piafs sont nés avec des ailes, alors ils volent. Ils ne cherchent pas à piétiner, à marcher. Ils font ce qu'ils sont censés faire, c'est ce qui fait qu'ils sont des piafs et non des Hommes. Quand l'Homme se prend pour le piaf, il l'est effectivement pendant quelques secondes - parce qu'est-ce qui définit un volatile sinon qu'il vole alors que nous ne le pouvons pas ? - et puis il crève, et la question de son identité ne se pose plus; parce qu'il est mort. Parfois les choses méritent d'être bougées, parfois elles doivent savoir rester à leur place pour leur propre bien. »



Dernière édition par Icare le Mer 3 Déc - 14:54, édité 2 fois
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▸ CRÉDITS : Petulia

▸ MESSAGES : 17

▸ HERE SINCE : 29/11/2014


MessageSujet: Re: Sommeil voilé.   Mar 2 Déc - 5:39

Je n’entends plus. Perdue dans les abysses du néant, je sombre lentement dans un sommeil tant désirée. Les doigts de Morphée glissent le long de mon corps, m’enferment précieusement dans sa paume, me berce comme si je fus son enfant.
Un sourire inconscient fleurit sur mes lèvres alors que ma respiration ralentit lentement. Mon cœur suit son rythme, ralentit, devient si peu présent que je crains un instant de ne pas me réveiller.
Je suis là… A quelques pas de mon propre corps, au dessus de ma vie. Je flotte, aérienne, débarrassée de la gravité. Mes mains, ne sont plus des mains. Sans consistances elles se traversent l’une l’autre alors que j’aimerai pouvoir me toucher.
Je ne comprends pas réellement ce qui se passe. Je ne sais plus si je rêve où si je vis une véritable expérience de sortie du corps. Je n’ai jamais véritablement crut en ces conneries, bien trop cartésienne, bien trop terre à terre néanmoins, je savais que l’homme était capable de biens des choses. Après tout, Il avait su conquérir les cieux en s’inspirant des oiseaux, conquérir les mers en s’inspirant des poissons. Il ne cessait de repousser les limites de son identité, n’acceptait jamais de se contenter de ses barrières d’être humain. Il s’agit d’inventer, d’avancer, d’essayer, de tenter, de repousser. De montrer aux yeux du monde que la nature humaine et supérieur non pas parce qu’elle possède les caractéristiques nécessaires à sa survie mais parce qu’elle est intelligente. Infiniment intelligente, c’est tout.

L’Homme n’avait ni crocs, ni griffes. C’est à peine si Il garda plus de quelques centaines d’années sa toison qui le gardait du froid. L’Homme était l’évolution aussi, la probabilité que certains développent les capacités de sortir d’eux même demeuraient viables à l’instant où l’on croyait en l’existence de l’âme. Y croyais-je ? N’étais-je vraiment que cet halo blanc prisonnier de ce corps endormit que je vois à présent ? Un corps maigre, aux bras nus remplient de tatouages. Un corps maigre au visage rond, au regard légèrement bridé, visage d’ailleurs.

Un soupire et la sensation s’envole. L’halo rejoint le corps et mon palpitant pulse si violemment à ma poitrine que je m’éveille d’un bon. Reprenant mon souffle, je jette un regard autour de moi remarquant à peine au loin, une silhouette se dessinant dans le noir. Je retourne la tête, darde mon regard sur l’horizon, espère secrètement que l’individu va poursuivre sa route ou alors prendre le pas de sauter dans le vide devant mes yeux. N’importe quoi mais je n’avais aucune envie d’alimenter une conversation. Bien trop fatiguée, bien trop torturée, bien trop instable pour supporter le caractère d’autrui.
Trop tard. L’inconnu est là. Je ne le regarde pas mais je sens son corps s’accroupir à mes côtés. Je retiens un grognement animal, affable mais demeure le regard fixe, sur l’horizon. Entêtement par lequel je souhaitais lui montrer mon désaccord quand à sa présence. D’autant plus que ces mots viennent polluer mon esprit, sans doute a-t-il vu le petit spectacle de tout à l’heure, celui que je ne pensais offrir aux étoiles.

« Quand l’Homme se prend pour un piaf Il invente l’avion, la montgolfière, le deltaplane, n’importe quel objet qui viendra repousser les limites de son identité. Si l’Homme s’astreignait à faire ce que pourquoi il est fait alors il ne ferait rien, il serait mort depuis bien longtemps et nous ne serons pas entrain de parler de cela. »

Répondis-je d’une voix morne, monotone, aussi insensible et glaciale que la sienne.
Je sors une clope, l’allume et tire deux grandes lattes avec délectation avant de tourner la tête vers l’inconnu. Je pause sur lui un regard sombre, lointain, comme si je fus à peine conscience de sa présence.

« Mais merci pour la leçon de morale, j’apprécie. Sers toi si tu veux une clope. »

Tactique de diplomatie pour qu’il abandonne son intérêt et déguerpisse de mon champ de vision.
Je tire une nouvelle latte et me rallonge dans l’herbe tendre, fixant les étoiles.
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▸ CRÉDITS : thug's mermaid

▸ MESSAGES : 21

▸ HERE SINCE : 30/11/2014


MessageSujet: Re: Sommeil voilé.   Mer 3 Déc - 17:48

Le simulacre de femme reprend vie sous ses prunelles et lui fait part de ses propres évidences. Un sourire sardonique s'étire sur son visage. Est-il d'une compagnie si méprisable qu'on ne puisse supporter sa présence quelques minutes de plus que la politesse ne l'exige ? Il n'a même pas pénétré l'enceinte de la ville que la triste réalité a déjà démonté ses chimères comme on remballe les décors chamarrés d'une pièce avant même de l'avoir joué.

Son regard sans couleur s'arrête sur le paquet de cigarettes, remonte sur l'espèce de femme qui comprend trop bien la vie pour se résoudre à s'en détacher. Elle est entre les deux, acculée dans une sorte de purgatoire sans autre choix que celui de se détruire à petit feu. Il la fixe, ailleurs sous son masque impassible, s'imaginant des bribes fugaces de son existence avec la liberté d'un enfant qui dessine. Il ne lui conçoit pas une famille très nombreuse, une enfance terne, un quotidien animé de passions rares  mais sincères. Elle est du genre à aimer son lait tiède, n'est pas superstitieuse et n'espère ne jamais le devenir lorsque son âge rattrapera sa beauté singulière, danse quand personne ne la regarde, rêve peu mais juste. Il invente les fêtes auxquelles elle aurait se rendre, les robes qu'elle aurait choisi, les musiques qui l'auraient agacé et celles qui lui auraient donné l'impression de voler sur ses notes. Parfois le bonheur frappe à sa porte, alors elle attend, dans le noir, cogite de tout et de rien avant de se décider à aller ouvrir parce que, malgré tout, elle espère encore. Seulement il est trop tard, il n'y a plus que des restes sur le paillasson, des perles de souvenirs qu'elle ramasse pour s'en faire des collier. Elle les enfile jours après jours autour de son cou laiteux jusqu'à ce que sa peau enfle. Et puis, quand elle ne convoite pas les récifs depuis son promontoire, elle trouve tout de même un compromis. Celui-ci prend la forme d'un petit bâton pas plus grand qu'une craie d'instituteur, un menu bâtonnet qui dessine des fêlures sur la pâleur de son front, qui lézarde son trop grand cœur dans une fleur de nicotine.

Encore une fois il s'emporte, il est allé trop loin.

« Avec plaisir, j'essaye de commencer »

Un tapis d'herbe légèrement humide enveloppe son interlocutrice, elle a déjà oublié son visage et fixe maintenant celui de la nuit. Comment lui en vouloir. Le garçon déplie lentement ses membres, préférant la mer débordant sur le ciel à la voute constellée de diamants. Leur éclat lui est insupportable. 

« Je sais bien que je dérange, je peux m'en aller si tu veux », il déclare en roulant ses mots comme une vague.« Question débile, évidemment que tu veux que je parte. Pourtant il y a peu de chances que tu le formules clairement alors je vais te faciliter la tâche en faisant semblant de n'avoir rien remarqué. »


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▸ CRÉDITS : javanaise.

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MessageSujet: Re: Sommeil voilé.   Mer 17 Déc - 18:02

pas de réponse depuis plus de dix jours, j'archive. :white:
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