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 Meurtre à la vie.

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▸ CRÉDITS : Petulia

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▸ HERE SINCE : 29/11/2014


MessageSujet: Meurtre à la vie.   Dim 30 Nov - 13:12

Nouveau jour, nouvelle ville, nouvelle vie. Longtemps je m’étais accrochée à l’espoir qu’un ailleurs m’attendait. Que je trouverai la réponse à mes questions et, qu’enfin, je trouverai ma place. Je l’entends encore me murmurer de croire et d’espérer. Je m’entends encore souffrir et hurler devant son départ précipité. Mon cœur se serre à sa pensée. Je l’entends qui cogne dans ma poitrine, il se bat dans mes chairs, cherche un moyen de s’échapper, de s’éteindre, de se reposer. Je demeure immobile, appuyée sur le mur au coin d’une ruelle. Je tire une latte, puis deux tout en fixant les gens fuyant la fine pluie s’abattant sur leur parapluie. Rien ne m’abrite, mes cheveux et mes vêtements sont trempés. Un froid terrible mord ma peau sans que je ne réagisse pour autant à ses tremblements. Je ne sais trop quoi faire ni où aller, je ne crois même pas me souvenir des raisons de mon départ.
Mais, je suis ici. Dans cette ville, au milieu de ces gens. Je ne suis qu’une ombre de plus venue trouver une réponse ou, tout du moins, espérant une question, une bonne question.

Mon regard s’accroche aux talons vertigineux d’une femme frappant le bitume avec assurance. Il glisse le long de ses jambes, détaille le gable de ses hanches, escalade son dos pour se perdre dans les nattes de sa chevelure. Rien ne semble l’atteindre, rien ne semble pouvoir se dresser sur son chemin. Elle pue la réussite et l’accomplissement, chose que je n’ai jamais eu, que je n’aurais sans doute jamais.
Un nouveau soupire s’échappe entre mes lèvres rouges alors que je jette avec négligence mon mégot sur le sol. Je l’écrase rapidement avant de reprendre le pas.
Je traîne ainsi mon énorme sac de voyage depuis 6 heures du matin, heure de mon arrivée. Il est à présent 17 heures, la nuit vient lentement apportant son lot de nostalgie et de crainte. Je marche tout en fumant une énième cigarette. Je ne sais pas où aller, je ne sais pas où dormir, je crois préférer le silence des rues à l’isolement d’une chambre d’hôtel.

Un silence de plomb s’instaure lorsque la cloche située au dessus de la porte d’entrée signale m’a venu. Des regards inquisiteurs se portent sur mon corps frêle, mes bras nues et ma poitrine devenue visible sous mon tee-shirt mouillée. Un homme murmure, des rires gras s’élèvent. L’endroit est remplit de gens sans importance, d’ordures venues cuver leur peine dans la mousse puante de leur bière sans saveur. C’est à peine si je leur accorde un regard. Qu’ils crachent sur mon cul si cela leur chante, je n’ai que peu de considération pour la misère humaine.

« Un scotch s’il vous plait. »

Dis-je au barman dont les rondeurs dominantes m’indique clairement qu’il a abusé de la bière. Il me regarde avec des yeux ronds, sans doute intrigué de servir ce genre d’alcool à une fille. Je lui offre mon regard le plus condescendant possible avant de récupérer ma boisson et de me faufiler à une table au fond de la pièce, à l’abri des regards indiscrets.
Nouveau soupire et j’accueille non sans plaisir la douce chaleur du scotch venant incendier ma gorge. Ce n’est pas le meilleur des alcools mais cela me convient.
Posant mon visage dans le creux de ma main je darde un regard vers l’extérieur. Il pleut de plus en plus fort et j’envisage de rester picoler ici jusqu’à que mon portefeuille soit totalement vide. Je me trouverai ensuite un petit squatte où passer la nuit et j’attendrai que demain vienne. Je n’avais que cela à faire, attendre que demain vienne…
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MessageSujet: Re: Meurtre à la vie.   Dim 30 Nov - 14:46

La cloche. Cette alarme annonçant une venue. Une arrivée. Tu bougeais pas ton visage. Tu t'en foutais un peu. T'étais concentré sur ce magasine. Destiné à t'expliquer le sens de cette ville. La direction des rues. Les endroits intéréssants. Les lieux qui t'attiraient, t'intriguaient. Puis là. Une présence. Un corps non loin du tien. Des murmures. Des crevards. Tu redressais ton visage. Observais les assoifés. Les pervers en manque de chair. Fraîche. Les obsédés qui n'attendaient qu'une bouche pour se vider. Evacuer. T'étouffais un soupire. Estimant qu'il était temps pour toi de quitter cet endroit. Remplis de déséspérés. "Un scotch s’il vous plait." Une voix féminine. Intriguante. T'obversais ton verre. Du whisky. Tu ne pouvais pas t'empêcher de la regarder. Enfin. Et t'étais surpris. Agréablement surpris. Cette femme. Elle dégageait. Tout. Et rien. En même temps. T'étais attiré. Intrigué. Tu voulais la connaître. L'approcher. L'apprivoiser. Parce que tu la sentais fragile. Et forte. Tu la sentais renfermée. Franche. De celles qui ne se laissent pas briser. Marcher sur les pieds. Elle attrapa son verre. S'éloigna. Tu n'avais pas envie de cette distance entre vous. Alors tu te redressais. Convaincu que t'avais beaucoup à apprendre d'elle. De sa personne. Tu te redressais. Et t'allais t'asseoir à ses côtés. Pour regarder dans la même direction qu'elle. Tu déposais tes pieds sur les sièges vous faisant face. Et tu buvais une gorgée. Longue. Piquante. Mais t'avais l'habitude de cette sensation. "J'te paye le prochain." Un souffle. Un murmure. Tu ne savais pas pourquoi. Mais t'avais la sensation que tu devais la convaincre. La convaincre que t'étais pas comme eux. Pas comme ces mecs qui la dévisagaient. En s'imaginant la manière dont ils pourraient tenir ses cheveux pendant qu'ils la prendaient. Toi. Tu ne la regardais même pas. Tu te contentais de respirer son air. Et d'essayer de comprendre pourquoi elle était là. T'étais comme ça. Curieux. Intéréssé par les hommes. Leurs secrets. Sinon. Tu ne serais pas là. Seul. A l'affût d'une rencontre. D'un hasard. Improbable.
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MessageSujet: Re: Meurtre à la vie.   Dim 30 Nov - 15:18

La nuit étend son voile et les lumières de la ville s’éclaire une à une. Je demeure immobile, la tête penchée. Mes cheveux tombent le long de mon visage, me cachant du regard d’autrui. Me voilà à peine arrivée que j’ai déjà envie de fuir, de m’enfuir. Je déteste cette sensation de ne pas être à ma place. Qu’importe ma force, qu’importe mon envie de vivre je ne parviens jamais réellement à me relever. La tête me tourne, mon ventre grogne légèrement, me rappelant vicieusement que je n’ai pas mangé depuis deux jours. J’ignore ces râles et pose mon regard sur le liquide ambré reposant dans mon verre. Je cherche quelque chose à quoi me raccrocher et la seule compagne que je retrouve reste l’alcool. Mon existence peut-elle réellement se résumer à cela ? Je me sens soudain minable, inutile. Quittant mon immobilité, je sors de ma poche mon paquet de cigarette et m’en allume une. Le poison se déverse, glisse sous ma langue, pénètre dans ma gorge. Je soupire et expire la fumée tout en basculant la tête en arrière. Je ferme les yeux et c’est à peine si je sens une ombre se glisser près de moi. Je soupire, mes bras se crispent et mes doigts se serrent autour du verre. Je n’ai aucune envie d’être dérangée maintenant, aucune envie d’être harcelée par un de ces crevards et devoir perdre mon énergie en colère inutile.
Mais je n’aurai pas à me battre. Une voix se lève et je trouve le courage d’ouvrir les yeux. Mon regard rencontre le visage d’un jeune homme. Ce dernier a prit place à mes côtés et me propose naturellement de payer la prochaine tournée. J’avise le propre contenu de son verre et hausse un sourcil, surprise et à la fois légèrement irritée.
« Pourquoi ? »

Je ne trouve pas de questions plus évidente. Il apparait telle une ombre et perce mon espace vitale sans se poser de question. Une telle proximité m’énerve, m’agace. Je m’appuie contre le mur afin de m’éloigner le plus possible de son être. Mes bras se croisent sur ma poitrine, j’opte pour une posture défensive mais l’absence de son regard porté sur moi me calme quelque peu.

« Que veux-tu ? »


Dans mon monde, personne n’accostait personne sans raison valable, sans demande, sans perversion quelconque. Je prends une nouvelle gorgée sans pour autant le quitter du regard, comme si je craignais qu’il profite d’un instant d’inattention pour me ravir les quelques biens que je possédais.
Méfiance est mère de sureté qu’il disait…
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MessageSujet: Re: Meurtre à la vie.   Dim 30 Nov - 15:42

"Pourquoi ?" Tu comprenais sa réaction. Sa question, sèche. Son corps qui s'éloignait du tien. Mais tu restais silencieux. T'ignorais son regard, tu ne prenais même pas le temps de la regarder. Parce que t'étais différent. Tu devais lui prouver. Tu voulais pas son sexe. Tu voulais pas l'atteindre, la toucher. Tu t'en moquais. Tu voulais simplement apprendre, comprendre. Parce qu'elle était belle. Parce qu'elle dégageait énormément de force. De charisme. Et toi. T'aimais les personnes charismatiques. Aux âmes profondes. Parce que c'était les plus intéréssantes. Les plus enrichissantes. "Que veux-tu ?" "Simplement échanger un verre avec une inconnue qui possède les mêmes goûts que les miens." Tu soufflais cette réponse dans un murmure, calme. Dénué de toute forme d'humeur, de perversité. Elle était tel un chat. Recroquevillé sur lui-même. Affrayé. Méfiant. Dos recourbé. Poil érissé. Dents prêtes à morder. Mais tu t'en moquais. Tu ne voyais pas ce que tu pouvais lui faire. De mal. T'attrapais une clope, la glissait à ton tour entre tes lèvres. Tu l'allumais. Et t'intoxiquais les poumons. Avec plaisir. Grand plaisir. "Si tu me le permets, bien sûr." T'étais conscient que tu t'étais déjà inséré dans sa bulle. L'empêchant de rester enfermée. Avec elle-même. T'étais conscient que c'était trop tard. Mais t'espèrais que formulant cette politesse, elle t'accepterai. Malgré ton geste. Celui que t'avais executé quelques secondes auparavant sans posséder son accord.
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MessageSujet: Re: Meurtre à la vie.   Dim 30 Nov - 16:10

Pas un regard, pas une preuve d’attention. Il était là sans vraiment l’être. Cherchant un lien, un contact autre que celui du regard, de ce regard qui m’aurait pourtant offert de plus profondes vérités que ces mots voulaient bien m’offrir. Néanmoins, il parvenait à m’intriguer, à mettre sous silence le monstre hurlant dévorant mes tripes. J’avisais la porte d’un regard puis la nuit, songeait à l’oubli qu’elle m’offrirait, à son oubli, à cet absence de vie qui m’attirait et m’effrayait à la fois. Peut-être représentait-il le signe que j’attendais ? La main tendue, le souffle qui me donnerait envie de croire à nouveau, de quitter ma tendre solitude pour épouser les possibles d’une rencontre.
Perturbée, j’avalais une nouvelle gorgée de scotch tout en écoutant sa réponse. Je reteins un grognement de glisser entre mes lèvres. J’avais envie de l’envoyer paître autant que partager avec lui cet instant sans encombre qu’il me proposait. Cependant, je n’avais rien à lui dire, mes lèvres n’avait pas prononcé de mots depuis si longtemps que ma propre voix me semblait inconnue. Elle m’échappait, inconsistante à l’instar de mes mots qui n’offraient aucune saveur, aucun possible.
« Tu perds ton temps. »
Murmurai-je tout en observant ses doigts d’homme s’emparer d’une cigarette. J’haussai un sourcil, m’apprêtai à lui lancer une atrocité dont j’étais maitresse avant de m’aplatir à nouveau. Je n’avais plus la force, il le savait et attendait simplement que mes défenses veuillent bien s’effriter d’elles-mêmes. Je le haïssais pour cela mais cela aussi, il le savait. Pourquoi diable cet inconnu parvenait à me cerner aussi aisément ?
« Tu ne me laisses pas vraiment le choix. »
Répondis-je, courroucée et abattue à sa phrase précédente. Et maintenant ? Que devais-je faire ? Que devais-je dire ? Quelle attitude adoptée ?
« Je n’ai plus partagé quoi que ce soit avec qui que ce soit depuis longtemps. Tu as une notice ? Que je sache au moins quoi te dire. »

J’ouvrai les portes sans vraiment le vouloir, sans parvenir à le contrôler. Et je ne pouvais le nier, accepter de lâcher prise, de partager un peu de mon espace avec quelqu’un d’autre m’apaisait plus que de raison.
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MessageSujet: Re: Meurtre à la vie.   Dim 30 Nov - 16:24

T'avais besoin de lui parler, de passer ce moment à ses côtés. Parce que malgré ton habituelle solitude. Ton désir constant de pouvoir respirer seul. T'avais besoin de compagnies, t'avais besoin de passer du temps auprès d'inconnus qui ignoraient tout de toi. De ton passé. De ton vécu. De tes cicatrices. Ce pays. Cette ville. Loin de la tienne. Loin de ce que tu connaissais. C'était tout. Tout ce que tu désirais. Tout ce que tu voulais. Cette rencontre compris. Alors non. Tu n'avais pas l'impression de perdre ton temps. C'était tout le contraire. Tu lui volait ce moment. Qu'importe sa durée. Tu l'estimais important. Intéréssant. Tu jouais avec ta cigarette. La fumée. Afin de construire des formes innovantes. Brillantes. Elle semblait abdiquer. Comprendre qu'elle n'avait pas d'autres solutions que de supporter ta présence. T'étais plutôt satisfait. Même si tu avais la désagréable sensation de la forcer à ne pas agir comme elle avait pour habitude de faire.  "Je n’ai plus partagé quoi que ce soit avec qui que ce soit depuis longtemps. Tu as une notice ? Que je sache au moins quoi te dire." T'obtenais la réponse de l'une de tes questions muettes. T'étais presque impressionné. C'était rapide. Elle semblait t'ouvrir ta carapace. Alors tu continuais d'agir de la même manière. Puisque cela semblait fonctionner. Tu buvais une gorgée, courte. Puis t'inspirais, encore. Afin de pouvoir jouer avec tes lèvres. Le temps. "Et comment tu faisais, avant ?" Tu la questionnais. Pour savoir. Pour avoir une idée de la réponse que tu pourrais lui offrir.
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MessageSujet: Re: Meurtre à la vie.   Dim 30 Nov - 16:46

Peut-être n’avait-il besoin que de cela. De ma présence, de mon écoute. Peut-être que ce moment allait lui offrir des réponses, lui permettre de retrouver sa solitude avec plus sérénité. Car il était seul, que ferai un homme perdu dans un bistrot malfamé si il avait quelque chose à attendre de quelqu’un quelque part ? Sans doute pas de famille, quelques connaissances, peut-être aucune. Je secouais la tête, tachant d’éloigner mes questionnements qui n’avaient rien à faire là. Depuis quand m’intéressais-je à la vie des autres ? Je n’avais pas ma place. Et puis, cette soirée tomberait dans l’oubli, je deviendrai peut-être un visage sur lequel il pourrait poser une voix, une intonation mais, rien d’autre. Je soupire à nouveau, termine mon scotch, fait signe au barman de m’en servir un autre. Il n’a pas l’air ravit de devoir me répondre, je lui darde un regard noir, lui rappelant tacitement son rôle sans prêter attention à ces grognements silencieux.
Je reporte mon attention sur l’inconnu. Il joue avec la fumée de sa cigarette. Unique mouvement mais son regard demeure fixe, perdue, inaccessible. Cela m’énerve.

« Je fuyais. »

Répondis-je dans un murmure tout en écrasant ma clope dans le cendrier. J’aurai pu user d’autres mots. Tenter de l’inquiéter, de lui suggérer que je n’étais pas qu’une simple biche égarée. J’ai préféré agir autrement, ne lui offrir que des réponses éparses, anodines, désireuse de garder la main sur mes secrets, sur ce que j’étais réellement si les choses devaient mal finir.

« Et toi ? Tu penses que partager un instant de vie avec une inconnue va t’apporter quelque chose ? »

Je voulais l’entendre, le comprendre moi aussi. Je me détendais à présent et, bien que mes bras demeuraient repliés devant moi, faisant barrage, je ne me tenais plus recroquevillée sur mon siège. Je baissais ma garde.
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MessageSujet: Re: Meurtre à la vie.   Dim 30 Nov - 17:04

Des âmes errantes. Deux. Seuls. La confrontation était inévitable. Attendu. Tu te connaissais. T'étais incapable à passer à côté d'une personne qui t'attirait. Tu fonçais. Tête baisée. T'ignorais les bonnes manières. Les phrases revelant une certaine politesse. Tu fonçais, toujours. Parce que tu n'avais pas peur de l'échec. A vrai dire. T'avais tant perdu déjà. Que tu n'estimais pas pouvoir tomber davantage. Elle s'ouvrait. T'en étais content. Mais un brin gêné. Parce qu'à sa place, tu aurais du mal. A sa place, tu te détesterais. Et c'était probablement ce qu'elle éprouvait à mon égard. Tu la faisais parler, avouer des secrets qu'elle souhaitait probablement garder méconnu par tous. "Tu as réussi à fuir ?" Tu ne pouvais pas t'en empêcher. Dès qu'elle répondait, tu posais une nouvelle question. Ta curiosité ne possédait pas de fin. C'était infini. Parce t'étais parfaitement conscient que ta vie se basait sur du néant. Fallait le combler. Sans cesse. Fallait l'empêcher de t'engloutir, de te dévorer et de te réduire en cendre. "Tu me poses cette question parce que tu as la sensation de perdre ton temps avec moi ?" Tu tournais enfin ton visage vers le sien. T'estimais qu'après ces quelques aveux, t'avais le droit de t'insérer davantage dans sa coquile. Doucement. Et tu cherchais son regard, pour le nouer au tien, et ne faire qu'un. Pour la lire. La décrypter. La contempler, peut-être. Qui sait. T'écrasais à ton tour ton mégot contre le cendrier. T'allumais immédiatement une nouvelle cigarette. T'étais incapable de t'arrêter, surtout lorsque tu étais captivé, intéréssé. Pour ceux qui te connaissait, c'était facile de te comprendre, de lire ta gestuelle et de comprendre tes gestes. "Tu m'intrigues, et chercher à comprendre qui tu es ne me semble pas inutile." Un aveu. Tu préférais être honnête. Ne pas mentir sur ta personne, tes intentions.
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MessageSujet: Re: Meurtre à la vie.   Dim 30 Nov - 17:37

Une réponse appelait une question. Toujours le même schéma, toujours la même curiosité. Il dévorait toute information lâchée, prenait prise sur la moindre branche que je laissais à sa porter. Mes mots venaient remplir un vide, prenaient une consistance, une raison. N’était-ce pas là également un moyen de fuir ? Je le fixais sans pouvoir nier la certaine fascination que j’éprouvais. Les âmes égarées demeuraient si nombreuses. Fantôme rencontrant un autre fantôme, je me sentais comme dans un livre, tout semblait facile et pourtant étrangement irréel, flottant. Je ne parvenais réellement à m’attacher à ça quand bien même mon âme entière réclamait un peu d’attention, un peu de douceur, de paresse. Et lui… Lui attendait que je me livre, lui demeurait maître de la conversation, m’emmenant là où il le souhaitait sans que je n’y oppose une réelle résistance.
T’as réussi à fuir… Comme si j’avais une seule seconde arrêtée de fuir. Cette course ne prenait jamais de fin, c’était perdue d’avance et ça ne fonctionnait jamais. L’esprit s’épuise avant que vous ne parveniez à trouver une porte de sortir. L’esprit s’épuise et puis… Vous baissez les armes. En acceptant, en écoutant, en partageant, en vous attachant. Tout part de là. La débâcle ensuite ne trouve une fin que lorsque vous recommencez à fuir.

Je repose mon regard sur mon verre. Le barman vient de m’en ramener un nouveau que je vide d’une traite à peine consciente de la morsure de l’alcool. J’ai toujours envie de m’enivrer, de m’oublier, d’être suffisamment pitoyable et détestable pour qu’il accepte de partir. Je voulais le mener à la défaite. Lui démontrer par A+B qu’il se trompait sur mon compte, qu’il gagnerait mieux à aller trouver une jolie minette qui lui apporterait un peu plus de grain à moudre.

« J’ai pas envie de rentrer dans ton jeu. »

Je réponds finalement, change de tactique, remonte les barrières, me cache à nouveau. J’allume une nouvelle cigarette et balance la tête en arrière. Je ferme les yeux à l’instant où les siens se pausent sur mon visage. Un mince sourire étire mes lèvres, provocateur plus que de raison. Je change de visage, imperceptible.

« Tu sais qui tu es toi ? »

Je me redresse soudain et plante mon regard d’un noir de jais dans le sien. Je me suis légèrement rapprochée, le regard brillant, je veux savoir moi aussi.

« J’ai toujours pensé que je ne chercherai à comprendre les autres que lorsque je me serai enfin comprise. »
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MessageSujet: Re: Meurtre à la vie.   Dim 30 Nov - 18:06

Elle abandonnait. Tu retenais ton soupire, parce que tu n'avais pas envie d'abandonner pour autant. Tu ne lâcherais pas. Tu n'abandonnerais pas ta quête. Tu ne pouvais pas. A moins qu'elle te repousse, définitivement, et qu'elle te mette KO. Hors sujet. Intelligente, elle retournai la situation. Tentant de te coincer. De retrouver ta démarche contre toi-même. Et tu ne pouvais pas t'empêcher d'en sourire, parce que ça t'amusait. Et que ça en disait beaucoup sur son caractère. Elle était tenace, ta belle inconnue. Tes impressions étaient bonnes. Ce n'était pas une femme qui se laissait abattre. Qui autorisait les inconnus à lui marcher sur les pieds. Tant mieux. Ca te plaisait davantage. T'intriguait davantage. Si elle pensait pouvoir te repousser, elle se trompait. Parce qu'elle ne faisait qu'alimentir ton désir de creuser à l'intérieur de sa coquille. "Si je le savais, je ne serais pas ici." Elle buvait. Vite. Trop vite. Tu terminais ton verre. D'une traite. Et tu fis signe au serveur de t'en ramener deux autres. Ta clope s'écrasa contre le cendrier. T'écoutais sa façon de voir les choses. Tu n'étais pas d'accord. Evidemment. Sinon, tout serait bien trop facile. Evident. "J'ai justement toujours pensé que c'était en apprenant à comprendre les autres que nous pouvions apprendre à nous connaître nous-mêmes." Tu lui souriais. Un brin provoqueur. Toi aussi tu pouvais jouer. Faire l'homme inaccessible. T'attrapais vos verres, lui tendant le sien. D'un simple geste du visage, tu remerçiais le serveur. Mais tu t'en foutais un peu de lui. Tu bus. Une longue gorgée. Même deux. Parce qu'elle te donnaît soif. "Que caches-tu ?" T'es direct. Mais tu t'en foutais. T'avais pas besoin d'emprunter d'inombrables chemins alternatifs pour atteindre ton objectif. Tu préférais prendre directement la quatre voix.
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MessageSujet: Re: Meurtre à la vie.   Lun 1 Déc - 7:53

Il sourit et son visage devient soudain plus doux, plus accueillant. Je l’observe avec plus d’attention. Glisse le long de ses mâchoires, détaille ses lèvres douces, charnues. Inutile de dire qu’il était charmant, presque séduisant et c’était sans compter son regard qu’il m’offrait enfin. L’inconnu semblait tenace, il se plaisait dans le jeu tacite que nous instaurions peu à peu et dont les règles restaient encore à définir. C’était une danse, dans des mots et provocation. Envie d’aller vers l’autre puis de le fuir. Je me sentais aussi instable qu’un nouveau né apprenant à marcher. C’est exactement ce que j’étais. Une petite chose fragile se cachant sous un regard de glace et un air sévère. Mais mon léger sourire trahissait un certain contentement. Le fait qu’il s’intéresse ainsi à moi nourrissait quelque peu mon égo, satisfaisait mon narcisse qui dansait, furieux, souhaitant que le jeu continu, ne prenne jamais fin. Mais pour cela, je devais m’assurer qu’il ne serait pas que de passage. Si je devais accepter l’autre il fallait qu’il prenne une place dans ma vie sinon… A quoi bon ? Je n’étais de celle qui délivre ses secrets à l’oreille d’un inconnu, il l’avait comprit, il ne lâchait pas pour autant l’affaire.

Il répond et un sourire fleurit sur mes lèvres. J’essaye de le cacher mais mon regard ne trompe pas. Alors j’esquive en baissant les yeux et en allumant une nouvelle cigarette. L’inconnu quant à lui semble avoir prit conscience de mon amour pour la boisson. Deux nouveaux verres arrivent, il cherche à me rattraper.
« Je paye les prochains. »
Annonçais-je tout en jetant un œil au barman qui repart en trainant des pieds. Son existence n’a pas l’air plus folichonne que la notre.
Sa voix me trouble à nouveau et je repose mon regard sur lui. J’expire la fumée sur son visage, légère provocation qui me fait doucement sourire.
Il n’a pas réellement tord bien entendu mais je n’allais pas abandonner mon pessimisme débordant aussi facilement, têtue que j’étais : « Dans ce cas. Les autres m’ont apprit qu’il n’y avait rien à apprendre. Que tout ce répète, inlassablement. »

Je soupire et avale deux nouvelles gorgées de scotch. Mon esprit est légèrement embuée, je savoure cette sensation délicate, comme si un voile venait se poser sur mon cœur, apaisant.

« Pourquoi cacherai-je quelque chose ? Je ne suis pas une énigme tu sais. »

Nouveau sourire, je termine ma cigarette, bois une nouvelle gorgée avant de me tourner franchement vers lui de sorte que mes genoux frôlent ses cuisses. J’ai du mal à trouver une posture confortable, je n’ai pas l’habitude de converser aussi longuement.

« En réalité, je me demande ce qu’un gars comme toi fait-ici. Tu n’as pas vraiment le profil adéquat. »

Dis-je, cherchant à le détourner de ses objectifs tout en avisant du regard les quelques poivrots présents ici.
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MessageSujet: Re: Meurtre à la vie.   Lun 1 Déc - 14:12

Ta nouvelle obsession, elle. Tu n'abandonnerais pas. Pas avant d'avoir réussi à capturer une partie d'elle-même, pas avant d'avoir réussi à lui soutirer des informations. Elle était un mystère. Une énigne. Une femme attirante, enivrante, déstabilisante, et tellement charismatique. Il ne t'en fallait pas davantage pour succomber, pour t'accrocher naïvement. T'étais ainsi. Tu fonçais toujours. Tu fonçais toujours afin d'assouvir tes pulsions, tes désirs. Celui de la déchiffrer était à tes yeux bien plus important que tout le reste. Que tout ce qui paraît te satisfaire en dehors. En cet instant. C'était son regard dans le tien. Son souffle mêlé au tien. Et ces verres de whisy. Rien d'autre. Rien de plus d'exaltant. "J'aimerais te prouver que tu n'as pas croisé le chemin des bonnes personnes." T'estimer mieux, plus important que d'autres ? Jamais. Seulement. Tu ne comprenais pas sa vision. Mais tu essayais. Réellement. Parce que c'était la raison de votre rapprochement. Comprendre. Analyser. Décrypter. Tu la détaillais, sans pudeur. T'observais les traits de son visage, t'imaginais la douceur de ses paroles, la délicatesse de ses gestes. Malgré la froideur reignant autour de son coeur. T'avais facilement réussi à y percer un trou. Et la faire fondre. Du coup. T'hésitais. T'ignorais comment interprêter ses réactions, que penser réellement de son caractère. "Nous sommes tous des mystères, par notre unicité." Paroles, paroles. Tu te prenais pour une philosophe. T'ignorais pourquoi. C'était sorti tout seul. Probablement à cause de cette douce chaleur qui commençait à envahir ton sang. L'invasion était bien plus rapide que d'ordinaire. Pourquoi ? Comment ? Tu buvais, rapidement. Tu voulais la rattraper. Observer le monde de sa façon. "Et c'est quoi mon profil ? Ca devrait être quoi mon environnement ?" Savoir ce qu'elle pensait de toi. L'image que tu dégageais. L'image qu'elle décodait. T'espèrais ne pas être à ses yeux, ce que tu n'étais pas. T'étais pas ce mec confiant, intranspercible. T'étais pas ce mec attirant. Juste un mec pommé. Qui se cherchait. Qui essayait de se trouver auprès d'autres âmes perdues. Qui se ressemble, s'assemble. Non ? T'y croyais. Vraiment.
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MessageSujet: Re: Meurtre à la vie.   Mar 2 Déc - 6:00

Je bois deux nouvelles gorgées sans parvenir à la quitter des yeux. Je plonge, me noie dans les profondeurs de ses lueurs. Son regard est à son image, emplit de surprise. Il ne présent ni de vert ou de bleu uni mais une palette de couleurs différentes. Eclat de marron parsemé de pépites d’or. Goutte de vert et étrange voile grisé. Je souris malgré moi, me laissant porter par la douceur glissant paresseusement en mon sang. L’alcool agit, enfin et, sans attendre, je bois une nouvelle gorgée soudain anxieuse, tremblante de peur à l’idée de perdre cette tranquillité que le scotch m’avait offert. Je ne fuis pas, j’ai envie de me perdre, de lui offrir ce que je suis, de demeurer proche de lui comme si son regard pouvait parvenir à me protéger de l’enfer de mon existence.
Petit garçon aux cheveux ébouriffés. Petit garçon attiré par le mystère, par l’énigme, pas l’insoluble. Petit garçon animé par des flammes brûlantes le poussant en avant, le poussant vers moi, eau paisible dont les remous peuvent briser des vies.
Je ne sais comment l’accueillir. Je vacille, ouvre une porte pour refermer l’autre. Cela l’intrigue, je le vois dans ses yeux et j’ose me demander quel intérêt il aurait à demeurer ici si je lui racontais véritablement qui j’étais. Aucun. La facilité ne l’attire pas, c’est l’extase de la découverte qui l’enivre, qui le fait vivre.
Et après ça ? Après ça vient la certitude que l’autre est dans votre vie, qu’il n’en bougera pas et puis… Il devient vase de votre existence, vous le maltraitez parce que vous le connaissez, vous, vous permettez mille horreur sous prétexte qu’il accepte.

Non. Je ne voulais pas de ça. Plus jamais. Il ne m’en faut pas plus pour me reculer soudain. D’un geste de la main je fais signe au barman de nous rapporter la même chose. Je l’entraîne dans ma débauche, peut-être n’en a-t-il pas l’habitude ? Tant pis, c’est un grand garçon capable d’assumer ses actes.
« Je sais. Ou peut-être suis-je une mauvaise personne ayant croisée de trop bonne personne. »
Répondis-je tout en sentant un sourire porteur de tristesse se glisser sur mes lèvres. Je le laisse venir, ne lutte pas et porte sur l’inconnu un regard plein de mystère. Je veux le mettre en garde. Certes, j’avais croisé bien des ordures mais j’avais ma part d’atrocité et de culpabilité à me trainer dans la poche. J’avais détruit plus que construit, raison de mes fuites à répétition. Parce que je ne savais pas faire autrement, parce que j’étais une merde qui c’était planté d’époque ou de race à qui la peau d’être humain ne convenait pas.

Il parle à nouveau et j’hausse un sourcil avant de sourire. Je m’approche à nouveau, penche la tête sur la gauche et cale mon visage dans le creux de ma main. Je le regarde sous un nouvel angle, dévore sans pudeur son visage dont j’aimerai capturer l’essence. Je voudrais m’en souvenir parfaitement. Mon inconnu de Ber Harbor, le premier.
« Nous serons à jamais des mystères les uns pour les autres… Heureusement. Nous n’aurions définitivement plus aucune raison de vivre sinon. »
Répondis-je d’une voix faible, murmurante, presque endormit.

Il reprend la parole et je sens la curiosité pointer son nez. Il semble s’inquiéter de ce que je pense de lui. Je souris, le rassure d’un regard presque tendre.
« Si je devais te rencontrer dans un bar j’aimerai que ça soit dans un petit café parisien. Tu serai assis exactement comme à présent. Débonnaire à souhait. Tu tiendrais dans ta main gauche une livre de Sartre et, entre tes doigts, une cigarette se consumerait lentement sans que tu ne t’en rende compte. Sur la table, un verre de whisky trônerait, paresseux, attendant que tes lèvres veuillent bien embrasser sa saveur. »

Je m’arrête et souris un peu plus. Je ne savais plus que j’aimais conter des histoires et cette simple petite mise en scène sans grande saveur à mettre en place m’avait fait le plus grand bien.

« Mais au final. T’es ptêtre bien qu’un fantôme toi aussi… »
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MessageSujet: Re: Meurtre à la vie.   Mer 17 Déc - 15:01

pas de réponse depuis plus de dix jours, j'archive. :white:
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Meurtre à la vie.

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